Un certain nombre de salariés parmi ceux qui avaient répondu « présent » au mouvement de grève du 12 mai dernier nous ont exprimé leur déception et surtout leur mécontentement. La fameuse prime de 300 euros pour les salaires inférieurs à 1 600 € brut se voit en effet amputée de près de 80 €, déduction faite de la journée de grève. Cette prime « exceptionnelle », « ponctuelle » et donc sans doute non reconductible se trouve ainsi ramenée à un peu plus de 200 € pour leurs rares bénéficiaires (il faut en plus avoir 12 mois d’ancienneté et ne pas être en instance de départ). Pour les autres, les collaborateurs qui ont un salaire fixe brut mensuel supérieur à 1 600 €, cette journée sera une perte sèche. D’où, une fois de plus, l’importance de ne mener de mouvement de grève que de façon concertée, unitaire et après une préparation rigoureuse.
Par ailleurs, la direction s’était, clairement et par écrit, engagée à recevoir très vite les organisations syndicales : « Nous allons rencontrer dans les prochains jours l’ensemble des organisations syndicales représentatives, afin de les écouter et de les associer à nos travaux ». Or, à ce jour, il n’y a pas l’ombre d’une velléité de prise de rendez-vous. Seulement un silence radio sans faille. Nous sommes les seuls à rappeler cet engagement alors que grandit le mécontentement dans le réseau et ceci à tous les niveaux de responsabilité, pour les cadres comme les non-cadres. Nous filons allègrement vers la période des vacances estivales sans que ne s’installe le moindre début de dialogue social.
Pour ce qui est des réflexions que la direction affirme mener jusqu’au mois d’octobre pour aboutir à des propositions en octobre prochain, avec application au 1er janvier 2012, cela porte un nom : ce sont des NAO (Négociations Annuelles Obligatoires). Comme leur nom l’indique, ces négociations se déroulent obligatoirement chaque année, en fin d’année, pour anticiper les mesures salariales applicables l’année suivante. Donc, il n’y a pour nous aucune mesure exceptionnelle, à ce jour, mais une attitude dilatoire qui vise à laisser passer la période estivale dont chacun sait qu’elle marque une importante pause dans l’ensemble des activités professionnelles ou non.
Nous comprenons le mécontentement des salariés qui ont suivi la consigne de grève d’un seul syndicat et qui ont aujourd’hui le sentiment d’avoir été floués. Finis les spam-fax, terminés les communiqués triomphalistes, oubliés les cocoricos d’autant plus tonitruants qu’ils avaient à couvrir un échec cuisant. Ce n’est pas bien difficile d’imaginer le sentiment d’abandon que ressentent de nombreux salariés mais il faut qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls. Nous sommes là.
Aujourd’hui, face au gel des salaires depuis des années, à la dégradation continue des conditions de travail et aux suppressions d’emplois massives (à ce sujet, nous reviendrons la semaine prochaine sur le projet « One roof« ), nous les appelons  à se mobiliser, à nous rejoindre et à diffuser massivement l’adresse de ce blog, vecteur incontournable d’une information quotidienne libre.

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