Certains connaissent sans doute ce livre, « Brèves de comptoir », qui recensait des centaines de petites histoires, jeux de mots, bien souvent vannes à deux balles mais aussi véritables perles d’humour entendues et patiemment collectées pendant des années dans les bistrots de quartier, un peu partout en France, avec toute la convivialité qui s’exprime autour du zinc, pour aboutir à un truculent recueil que je vous recommande. A lire pour les amateurs d’humour.
Nos brèves d’agences sont beaucoup moins drôles, souvent pas drôles du tout d’ailleurs, parfois désolantes mais reflètent sans doute mieux que de coûteuse enquêtes, le climat tangible régnant aujourd’hui dans le réseau. Voici donc, à la volée et sans chercher à les ordonner, un certain nombre de faits, de remarques et de coups de gueule dont nous sommes témoins lors de nos rencontres avec des salariés.
  •  C’est cette directrice d’agence en quatre-cinquième, à temps plein depuis un mois pour cause de manque d’effectifs à qui on refuse un JRS alors qu’elle n’est plus à temps partiel sur cette période de 30 jours.
  •  Ou le maintien de la clause de non-concurrence d’un attaché commercial dont on impute le coût de l’indemnité, 11 500 €, excusez du peu, entièrement à l’agence alors que la clause comprend plusieurs départements – périmètre sur trois directions régionales – ce qui laisse à l’équipe la désagréable impression de payer pour la région.
  • Retour des CPS dans le giron d’Adecco France avec une inquiétude sur la reprise d’ancienneté.
  • Les caméras de surveillance reçues dans les agences… Pas de commentaires pour l’instant… juste quelques rires tonitruants.
  • Les résultats de l’enquête GTPW déclinés en réunions de secteur. Pour la directrice d’agence qui nous livre sa réaction : « C’est un grand moment de manipulation. La Direction essaie de positiver ce qui est franchement mauvais et se gargarise de quelques points moyens ». Si elle le dit.
  • « Quand tu arrives chez Adecco, on ne te dit rien. Taux AT, possibilité d’avoir une indemnité véhicule, possibilité de faire des achats. On te laisse payer de ta poche puis tu apprends que tu pouvais acheter par Adecco (fournitures, café…). »

  • « On te promet toujours et on ne tient aucune promesse. Changement d’expertise, augmentation, prime… C’est une grande machine à gagner du temps ».

  • Obligation de payer son repas lors d’une réunion de secteur. « C’est scandaleux ! ».
  • « Il n’y a pas d’équité entre les agences à faible rotation de TT et les agences à forte rotation de TT : la surcharge de travail devrait être compensée par une autre organisation du travail, des primes (comme dans le BTP, où elle est souvent pas versée pour toutes sortes de motifs fallacieux)« .

  • « Je suis directeur d’agence et j’ai invité mes collaboratrice à déjeuner. Ca m’a coûté 80 € de ma poche. On ne me donne même pas les moyens de les remercier« . 
  • « Adecco c’est une cash-machine : les frais financiers imputés sur des règlements obtenus et débités chez le client depuis trois semaines et non lettrés par le service encaissement. Les frais financiers ne sont jamais remboursés. Je suspecte l’entreprise de faire exprès pour augmenter la contribution des agences sous formes de frais financiers indus.  On se fait arnaquer ».
  • « Le loyer de mon « bouclard » est trop élevé, hors marché, et on ne veut pas me communiquer le bail. On se fait entuber« .
  • « ISS ( Société de nettoyage ) nous est imputée tous les mois. La femme de ménage ne vient qu’une fois sur deux. Où passe l’argent payé indûment et sûrement récupéré par l’entreprise ? On se fait arnaquer ».
  • « On nous a promis une gâche électrique suite à agression mais elle n’a jamais installée« .
  • « Les prix des fournitures disponibles sur la base sont surévalués. Ils se prennent sûrement leur gratte là-dessus aussi« .
  • « Le véhicule de société est obligatoire sur Paris. C’est plus un boulet qu’autre chose : PV, place de parking etc.. et partir en vacance à 4 dans une C3 c’est même pas la peine. Mais je n’ai pas le choix ».
  • L’absence de JRS pour les temps partiels est très mal vécue, surtout en comparaison avec l’accord RTT ADIA qui maintient les JRS pour les temps partiels.
Arrêtons nous ici pour le moment mais nous en avons encore quelques dizaines du même tonneau et nous reviendrons sur ces « brèves d’agences », avec pourquoi pas, un recueil complet. Le lecteur ne peut imaginer la fréquence avec laquelle nous entendons les termes « arnaque », « baise », « entuber », « on se fait enc… », « arnaquer », etc. Désolé pour le côté un peu brutal de ces observations, mais nous les livrons telles que nous les entendons, sans en rajouter, afin d’aider à une véritable prise de conscience.
Puissent ces éléments alimenter d’urgence une réflexion sur les conditions de travail, la transparence et la communication. Vite.

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,
    je cite : "On te laisse payer de ta poche puis tu apprends que tu pouvais acheter par Adecco (fournitures, café…)."

    Je suis surprise que le café soit payé par Adecco ! car chez Adia les membres de l'agence se cotisent pour payer le café !
    Ce qui n'empêche pas la Direction de se servir de ce même café pour les clients invités en agence !!!
    (Depuis le café est caché, faut pas déconner quand même !!!)

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