Les médias emploient régulièrement l’expression « travailleurs pauvres » pour désigner des salariés qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts alors qu’ils tiennent pourtant régulièrement un emploi. La pauvreté, réservée il y a peu aux inactifs volontaires ou involontaires, n’épargne malheureusement plus les salariés aux revenus les plus modestes.
En France, un individu peut être considéré comme « pauvre » quand ses revenus mensuels sont inférieurs à 950 euros (données 2011). Le revenu pris en compte est le revenu dit « disponible », c’est-à-dire après impôts et prestations sociales.
Combien de salariés, même à temps plein, ne se trouvent aujourd’hui qu’à quelques dizaines d’euros au-dessus de ce seuil fatidique ?

L’anecdote qui suit en dit long sur les épreuves et humiliations que certains doivent endurer pour maintenir un niveau de vie tout juste décent dans la patrie incontestée de la tonte fiscale.

Il était une fois dans l’Ouest une responsable de recrutement – appelons-la Laurie -, particulièrement mal payée et contrainte de prendre un emploi d’appoint afin de « faire bouillir la marmite » et d’essayer de vivre convenablement. Voici donc Laurie, responsable de recrutement la journée et serveuse dans un bistrot le soir. Courageuse donc et bien décidée à s’en sortir. Soulignons au passage que nous avons pu constater lors de nos visites d’agences combien le nombre de collaborateurs contraints de prendre un second emploi s’est considérablement accru ces dernières années au point que la situation naguère exceptionnelle devient presque banale aujourd’hui.

Impliquée dans son métier « principal », Laurie s’est récemment trouvée contrainte, en respect des procédures Adecco, de déselectionner un salarié intérimaire dont le principal client de l’agence s’était dit fort insatisfait. Moment inévitable mais toujours délicat et pas forcément bien compris par l’intéressé qui le vit le plus souvent comme une remise en cause de sa personne et de ses compétences.

Ironie de l’histoire, quelle ne fut pas la surprise de Laurie de retrouver le soir, dans le bar où elle officiait, un client narquois, goguenard et exigeant : l’intérimaire désélectionné le jour même. Je laisse imaginer au lecteur l’embarras de Laurie confrontée à une situation aussi équivoque.

Élections professionnelles, un problème, une question ? Ecrivez à l’adresse suivante ou appelez l’un des délégués syndicaux CFE CGC :

cfe.cgc.adecco@gmail.com

Demain sur ce blog, ne manquez pas : 

Paris brûle-t-il ?

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici