Quelle n’a pas été la surprise de vos élus se rendant au Comité central d’entreprise extraordinaire d’entendre sur les ondes l’annonce du groupe Adecco de supprimer 530 postes. Transformation, réorganisation, restructuration, peu importe les mots, 530 postes seront supprimés à l’occasion de l’absorption d’Adia par Adecco. Il n’y aura pas de Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) mais simplement un Plan de Départ Volontaire (PDV). On sait ce que « volontaire » signifie dans nombre de cas… Nous reviendrons sur le sujet.
Cette annonce de presse court-circuitant les instances représentatives est constitutive du délit pénal d’entrave à leur fonctionnement. Visiblement la direction a pris ce risque plutôt que d’éviter le risque de délit boursier. Elle a choisi son délit et manifesté ainsi son véritable centre d’intérêt.
Vos élus et représentants syndicaux CFE-CGC ont élaboré avec l’UNSA, la CFDT et FO un communiqué commun destiné à la presse locale et plus particulièrement au Progrès de Lyon et à FR3. La CGT n’avait pas jugé utile d’assister à la réunion.
Cette décision stratégique du groupe est doublement scandaleuse puisque, d’une part, elle fait suite à des années d’efforts et de sacrifices, conséquences d’un affaiblissement des structures et moyens d’une entreprise privilégiant la logique économique jusqu’à l’absurde. Aux salariés qui ont tout donné et souvent tout accepté le remerciement arrive sous forme de suppression massive de postes. C’est véritablement scandaleux.
Pourtant, aujourd’hui même, les résultats du groupe affichaient une hausse de 10% du chiffre d’affaires et de… 23% du bénéfice en 2011. Année faste donc comme nous l’annoncions à longueur de réunions sous les démentis virulents de la direction. Aujourd’hui, pour la CFE CGC, cette réorganisation est purement boursière et, par conséquent, les licenciements qui en découlent sont eux-aussi boursiers. Fort de ces bonnes nouvelles, le conseil d’administration a annoncé un dividende de 1,80 CHF par action, en hausse de 64% par rapport à 2010. Mieux vaut être actionnaire que salarié.
Enfin, aujourd’hui même, les investisseurs tout émoustillés par cette excitante nouvelle (530 suppressions de postes, vous pensez !) ont vu le titre s’envoler et gagner 8,47% à 49,18 CHF, « la plus forte hausse de l’indice SMI », supérieure même aux attentes des milieux financiers. Adecco leur offrait sur un plateau un résultat net de 519 millions d’euros au lieu des 509 attendus et un Ebita à 814 M€ (pour une attente à 807), affichant une croissance organique de 14%.
Ces données sont brutes et un peu fastidieuse et l’auteur de ces lignes un peu fatigué (et très écœuré), aussi nous vous proposons de revenir dès demain sur le sujet et sur les suites à apporter à ces évènements.
P.S. : aujourd’hui les connexions se sont envolées et notre record de fréquentation d’hier à un peu plus de 1 100 visiteurs se trouve pulvérisé : à l’heure actuelle, ce sont plus de 2 700 visiteurs comptabilisés pour la journée…

2 Commentaires

  1. Tout est dit : la bourse plutôt que les collaborateurs… et le tout sans vergogne. C'est tout simplement honteux.

    Le fait qu'il n'y a pas eu de mobilisation forte des salariés en 2008/2009 a rendu possible cette nouvelle vague de suppressions.

    Elle ne trompe personne : ce matin sur RTL, Christian Ménentau adressait un 6/20 à Adecco "qui annonce la suppression de postes pour améliorer sa rentabilité" !

  2. Voilà donc toute la considération qu'ADECCO a pour ses salariés ???

    Ces salariés qui ont participé à la augmenter la réussite financière dans cette période pourtant troublée.

    et bien : Félicitation ADECCO !

    Quand je lis sur ce blog que le syndicat a été surpris d'entendre sur les ondes l'annonce du groupe Adecco de supprimer 530 postes et que je vois sur le communiqué qu'ADECCO assure :

    “Le groupe prend l’engagement de conduire cette transformation en recherchant les meilleures solutions par un véritable dialogue social”

    ça me fais sourire !!!

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