Du 6 au 24 août, rediffusion du meilleur de l’année

Article publié le 15 février 2012 :

Inutile de faire durer le suspens,
la réponse est non. La direction souhaitait un mini-CCE à 6 élus
titulaires (et bien entendu le même nombre de suppléants), ce qui semble
évidemment grotesque pour une entreprise d’environ 3 300 salariés
permanents et 100 000 salariés intérimaires. Les deux seuls syndicats
chauds partisans d’un CCE symbolique à 6 élus se trouvaient être, lors
de la dernière réunion, la CFDT et la CGT. Pour leurs motivations, je
vous ferais volontiers un dessin si je savais dessiner mais, hélas, ce
n’est pas le cas. Tous les autres syndicats insistaient pour mettre en
place un véritable Comité Central d’Entreprise doté d’une vraie
représentativité et d’un nombre suffisant d’élus pour travailler.

Depuis
la réunion de la semaine dernière, deux autres syndicats, la CFTC et FO
ont été frappés par la grâce (les voies de la direction sont
impénétrables) et découvert les vertus d’un CCE riquiqui. La
double-majorité (plus de la moitié des syndicats et plus de la moitié du
poids des voix) a donc ainsi été atteinte et le Comité Confidentiel
d’Élus (CCE) sera donc constitué de 6 élus titulaires.
Seuls l’UNSA et la CFE CGC ont refusé
cet escamotage en règle, entendant fermement continuer à défendre les salariés,
indépendamment de toute considération politicienne et personnelle.

Ce
déni de l’instance CCE est-il bien grave ? Oui, si l’on considère qu’il
s’agit de l’instance consultative majeure pour ce qui touche aux sujets
économiques et sociaux. L’instance peut, par exemple, émettre un droit
d’alerte. Mais il faut savoir que chez Adecco, le CCE n’a jamais
vraiment rempli ce rôle de vigie et d’implication dans la vie économique
de l’entreprise, ce qui n’avait pas manqué d’intriguer certains experts
ayant eu à nous conseiller. A ce sujet et pour ceux qui n’étaient pas
lecteurs de notre blogue à cette période, on relira nos articles du 24 septembre 2009 et surtout ceux du 9 novembre 2009 et du 18 août 2010.
Pour
mémoire et pour comparaison, dans l’entreprise la plus semblable à
Adecco, tant du point de vue de l’activité, de la dimension et du nombre
de sites que de l’effectif salarié permanent, chez Manpower, le Comité
Central d’Entreprise est constitué de 27 élus titulaires auxquels
s’ajoutent, bien entendu, le même nombre de suppléants et les
représentants syndicaux.
Donc,
27 élus titulaires chez Manpower et… 6 chez Adecco. Cherchez l’erreur
et si vous ne trouvez pas la solution, n’hésitez pas à nous demander.

L’important
pour nous demeure l’action locale, près du terrain, celle des Délégués
du personnel et des délégués syndicaux, loin des calculs politiciens,
des petites ambitions rassies et des « fluidifiants » divers et variés. Le
« microcosme villeurbannais » a, en quatre années, laissé filer plus de 2
200 emplois de salariés permanents en CDI et la fermeture de plus de
300 agences et sites divers. Avec une discrétion tout à fait
remarquable. Vous défendra-t-il mieux dans les épreuves à venir ?

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