« Alors, ça vient ce volontariat ? »
Le grand n’importe quoi, c’est maintenant. Les remontées se multiplient de salariés nous expliquant les difficultés qu’ils ont à affronter, les pressions insensées et les tripotages douteux dont ils se disent victimes.
Au premier rang de ceux-ci, un grand classique, le déclassement de P1 en P2. Au tout début du processus, on vous annonce que vous être P1, ce qui incite fortement à se poser quelques questions parmi lesquelles l’opportunité de rester ou non dans l’entreprise. Un cheminement naturel incite ainsi un grand nombre à se positionner sur une « mobilité externe », comme on dit. Bref, direction la porte. Et là, patatras, on vous annonce que par la magie de la chaise musicale vous êtes devenu(e) P2… Adieu, veau, vache, cochon… et chèque de départ. Mais la direction vous propose alors un plan B : vous quittez l’entreprise sur un congé sans solde, une main devant une main derrière mais avec l’espoir ténu qu’un gentil collègue convoitera et surtout occupera votre poste, ce qui vous rendrait à nouveau éligible aux conditions sonnantes et trébuchante du PDV. Le pari n’est pas exactement de l’ordre de l’impossible mais reconnaissons qu’il est risqué. Vous quittez donc l’entreprise sans la moindre garantie de percevoir le moindre fifrelin alors que, rappelons-le, vous étiez P1 à l’origine. Et bien le bonjour chez vous M’sieur-dame.
Mais ce cas de figure n’est malheureusement pas le seul. Pensons à tous ceux , classés P1, qui se sont positionnés sur des postes en interne et n’ont pas été retenus. Que leur reste-t-il à faire s’ils n’ont pas le fameux « plan B » dont on parle tant ? Ils se rendent chaque jour au travail sur un poste qui n’existe plus, dépossédés de leurs missions et boudés par la hiérarchie. Premier symptôme de ce qui pourrait évoluer vers des formes de harcèlement moral, l’arrêt des courriels. Un grand classique dans les stratégies de mise à l’écart : on ne vous écrit plus. Or, nombreux sont les salariés qui ont besoin de leur dose quotidienne de courriels sous peine de se sentir dévalorisés ou sous-employés. Sans parler des aficionados de la messagerie qui vous pondent du courriel comme ils respirent. Pour parodier une célèbre publicité, « Il n’y a que mail qui m’aille » semble représenter leur devise préférée. Mis à l’écart brutalement et dépouillés de leur fonction que leur reste-t-il comme horizon ? Si ce ne sont pas des licenciements déguisés, qu’est-ce alors ? Rappelons quand même au passage que la première obligation juridique de l’employeur, avant même d’accorder une rémunération consiste à fournir du travail au salarié. C’est le b-a-ba du Code du travail, même si au cours de périodes troublées certains en viendraient presque à l’oublier.
Alors, à la question qui nous est souvent posée : « en qualité de P1, quels sont mes droits ? », nous répondons très simplement que la direction a le devoir de vous fournir, sans délai, un travail en rapport avec votre contrat et vos compétences. Cette situation ne vous oblige nullement à accepter n’importe quel poste assorti ou non d’une mobilité et encore moins à accepter une baisse de rémunération. D’ailleurs aucune mobilité ne peut être imposée jusqu’en fin d’année. La mobilisation, c’est maintenant et nous apportons une aide et des conseils à tous ceux qui nous sollicitent.
Finissons enfin sur le cas de ce cadre, présent depuis quinze ans dans l’entreprise et dont la suppression du poste l’a incité à postuler sur cinq postes en interne avant d’être refusé cinq fois. Un rien fataliste et respectueux des règles du « jeu », le salarié éconduit se décide à sortir de l’entreprise pour suivre un formation longue et diplômante avant qu’on ne lui refuse son projet au titre d’un dépassement budgétaire du montant de la formation. Impensable mais vrai. En gros : « On ne veut plus de vous à aucun poste dans l’entreprise mais, de plus, disparaissez à petit prix ».
Il y a aussi le cas de ce cadre « P1 », lui aussi, positionné sur un poste en interne mais auquel il n’a jamais été mentionné les éléments de rémunération du poste qu’il briguait. Mauvaise pioche, puisque la rémunération s’avérait nettement inférieure à celle dont il bénéficiait jusqu’alors. Question : est-il normal que les rémunérations ne soient pas mentionnées dans la base, ni même évoquées au cours du processus de recrutement ? La rémunération devient-elle un sujet tabou ?
Il y aurait encore tant de cas à citer ! Chacun commence à comprendre qu’il n’y a vraiment aucune issue possible hors une mobilisation et un engagement collectif car, malheureusement et c’est une certitude, les choses se passent de la même manière ailleurs.

Demain sur ce blogue :
Les salariés de Valenciennes se mobilisent 
Certains de vos collègues ignorent encore l’existence de ce blogue, pourtant chacun a droit à l’information, une information libre et indépendante. Merci pour eux et pour nous de leur en faire suivre les coordonnées.

15 Commentaires

  1. Vous écrivez :

    "D'ailleurs aucune mobilité ne peut être imposée jusqu'en fin d'année."

    Et après que peut-il se passer ?

    Merci

  2. quitter au plus vite cette entreprise.
    il n'y a aucun avenir, pire encore quand j'entends "New Adecco". On prend les mêmes pseudos cadres et on recommence encore et encore.
    ou sont les valeurs du groupe : tête froide, cœur chaud et esprit entreprenarial ?
    aujourd'hui seul le régime de Vichy à sa place.

  3. Merci pour votre article car il correspond tout à fait à la réalité des choses !
    La pression "pour dégager" les indésirables et les phrases du style "Il n'y a pas de poste disponible, occupe toi de toi" (qui veut dire : Cherche du boulot ailleurs et dépêche toi !) deviennent courantes !
    Messieurs-dames les dirigeants, ce PDV vous l'avez voulu, vous avez supprimé des postes, et si vous ne voulez plus de vos collaborateurs et les jeter comme des merdes malgré le fait qu'il aient tant donné pour l'entreprise, vous devez désormais accepter de leur laisser du temps pour qu'ils retrouvent du boulot ailleurs et étant donné la conjoncture économique actuelle, cela peut prendre de 6 mois à 1,5 an minimum !
    Ce PDV nous ne l'avons pas demandé et si vous souhaitez utiliser des méthodes plus "expéditives" pour nous virer sachez que plusieurs d'entre nous sont prêts à se battre ! Les syndicats et prud'hommes et même la presse ne sont pas là pour rien ! Alors réfléchissez, assumez et faites les choses dans les règles ! A bon entendeur !…

  4. Mais, honnêtement, ça vous donne envie de continuer à bosser un boîte pareille ??? vous n'avez pas peur ?

    Rassurez-vous : il n'y a pas que les meilleurs et les bons qui partent, il en a un des plus nul, un mauvais : un vrai, un de ceux à qui on ne peut souhaiter que de mâcher des ronces, et pire, qui se retrouve sur le marché de l'emploi, bon courage à ceux qui vont devoir se le farcir celui là !

    Gardez le moral ! enfin le peu qui vous reste …

  5. adecco est fini, et attention le pdg remercie tout le monde pour les volontaires qui ont travaillé pour mettre en place et lui va s'en mettre plein les poches pour les smicars qu'ils emploient, réveillez vous il n'y a pas que cet employeur voleur,,,,,,,,,,,,,,,

  6. Le plus dramatique dans cette histoire c'est qu'aujourd'hui et demain ceux qui font ou feront partie du nouvel Adecco vont avoir pour mission de virer de gré ou de force les collaborateurs (et même collègues) que la direction ne veut plus voir dans l'entreprise. Après le PDG qui a appliqué les consignes des financiers, ce sont désormais les petits soldats récemment nommés (qui ont sauvé leur peau) qui à leur tour vont se charger de la basse besogne et obéir à la soumission de leur supérieur. Cela fait penser à l'expérience de Milgram bien connue. Sauf que ce ne sont pas des chocs électriques qu'ils sont sommés de donner mais des chocs psychologiques (bien plus rudes) et la destruction entière de carrières et de familles !
    Je renvoie tous ces gens à leur conscience et les invite à voir ceci : http://www.dailymotion.com/video/x58czd_soumission-a-l-autorite-experience_news
    ou ça http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram

    Aujourd'hui c'est vous qui appuyez sur le bouton mais demain ce sera surement vous qui serez sur la chaise…

  7. pouvez vous m'expliquer pourquoi un P2 est retenue sur un poste de DUO, alors que les P1 n'y ont pas accés ?
    Pourquoi la cellule RH a initialement refusé la candidature de ce P2 et au final lui fait passer des entretiens en toute confidentialité ?
    Foutage de gueule ou juste normal ?
    Merci pour vos reponses

  8. bravo pour vos articles, c'est du vécu pour nous tous. L'encadrement est fait et les postes transverses vivent le désert et l'enfer. Maintenant au réseau de s'organiser . Si on sait ou on veut aller…

  9. à voir aussi sur YouTube, taper : etre un manager exemplaire et sélectionner la vidéo "le studioflash"
    discours éloquant plus particulièrement le moment ou sont évoqués les valeurs de l'entreprise, à mourir de rire, surtout venant de l'interviewé.

  10. Anonyme de 15H28 : Je ne trouve pas la vidéo sur youTube ? Peux-tu mettre un lien ? STP

    Je suis curieuse de voir de quelles valeurs il s'agit !

    Merci d'avance

  11. Mouhahahahah !

    "tête froide, coeur chaud et esprit entrepreneurial !"

    en ce moment il faut surtout avoir la tête bouillante et le coeur froid et bien accroché !

    les "valeurs" ADECCO hummm clair que – nous n'avons pas les mêmes valeurs!en ce moment

  12. Et sans prompteur, il est balèze le pékin !
    Fantastique exercice de langue de bois ; j'espère qu'il est resté le caniche savant…

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici