Il y en a qui vraiment n’en loupent jamais une. Leur faire copier des centaines de lignes « je ne dois pas regarder le cahier de mon voisin », un bonnet d’âne sur la tête, ne suffirait sans doute pas à les amender… Adecco, tout comme Ranstad, fait à nouveau l’objet d’une enquête par « le gendarme français de la concurrence » comme l’écrivent les journalistes, une enquête pour violation de la législation sur la concurrence. Des perquisitions ont été menées au siège d’Adecco et de Ranstad, mercredi, et par le plus grand des hasards, en sortant d’une réunion de négociation à Villeurbanne, mercredi précisément, je suis tombé nez à nez sur une importante délégation (plus d’une quinzaine de personnes) de magistrats et policiers en civil qui, l’œil torve et la mine sombre des mauvais jours, venaient procéder à une perquisition. Encore un jour de gloire pour l’entreprise et je pense même avoir, peu après, entendu hurler « Hands up » dans les bureaux de la direction, mais peut-être ai-je rêvé ce dernier détail.
Rappelons qu’en 2009, Adecco, Manpower et Vediorbis s’étaient déjà vus épingler pour entente illicite, écopant d’une amende supérieure à 50 millions d’euros pour Adecco, 42 pour Manpower et 18 pour Ranstad. Cette fois, selon un expert, la plaisanterie pourrait nous coûter 29 millions d’euros, soit le fruit du travail d’un nombre certain d’agences.
La procédure menée pour « présomptions de pratiques anticoncurrentielles » pourrait durer plusieurs années si l’on considère le pas de sénateur de la justice en France.
Signalons au passage, sans rien justifier pour autant, que le chantage tarifaire permanent de certains grands groupes industriels ou de distribution contribue d’une certaine manière à inciter des fournisseurs à adopter des stratégies, répréhensibles sans doute, mais de survie. Ces groupes portent, à leur niveau, une certaine responsabilité dans le développement des pratiques d’entente illicite, même si cela ne peut être retenu sur le plan judiciaire.
Quoiqu’il en soit, cela commence à faire beaucoup. Entre les procédures pour entraves, la récupération du lourd passif financier d’Adia, les emprunts à répétition et maintenant l’enquête pour entente illicite, c’est l’ensemble des indicateurs qui se mettent aujourd’hui au rouge. Nos élus, adhérents, sympathisants et lecteurs conviendront que nous actionnons depuis longtemps déjà la sonnette d’alarme. Va-t-on devoir en venir au tocsin ?

La semaine prochaine sur ce blogue :
Où va le « Middle Office » ?
L’accord CDI intérimaires

1 COMMENTAIRE

  1. Des amateurs, des putains d'amateurs…
    Et quand on voit la thune qu'ils empochent, c'est écoeurant.

    Phlippe, revient ; il sont devenus fous !!!

    ;o)

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