Nous publions ici le témoignage exclusif qu’un ex-salarié Adecco a obtenu de son nouvel employeur. Ce collègue, parti dans le cadre du Plan de départ volontaire travaille aujourd’hui chez l’un de nos concurrents que nous qualifierions de « petit » par la taille mais chez lequel il semble faire plutôt bon vivre. A l’en croire « small » serait plutôt « beautiful » comme on dirait dans les entreprises du CAC 40. Bien sûr, on nous rétorquera que l’herbe est toujours plus verte ailleurs et qu’il faut sans doute relativiser, pondérer, et comparer des choses comparables. Peut-être, mais à quoi bon nier qu’il existe des entreprises dans lesquelles une majorité de salariés se disent tout à fait heureux de travailler ? De récents sondages le démontrent amplement. 
Nous vous livrons ce témoignage tel quel, tel que nous l’avons reçu, sans rien en retrancher, ni modifier sur le fond comme sur la forme :

« Un de mes salariés et ex-Adecco m’a fait découvrir votre Blog et m’a encouragé à vous envoyer ce petit mot…

Dans le TT depuis 25 ans (ancien DS dans une grande enseigne), j’ai créé mon ETT depuis une quinzaine d’années et je suis gérant d’une dizaine d’agences maintenant.

J’ouvre à peu près une agence par an et uniquement quand je trouve LES bonnes personnes avec qui le courant passe et qui envisagent le métier comme moi.

J’implante en général quand Adecco (ou autres) ferme ou regroupe les siennes ; car les clients et intérimaires sont souvent délaissés et mécontents et puis j’ai bien compris que cela n’avait rien à voir avec un rétrécissement du marché mais surtout à des considérations de gestion interne. Ça doit être une bonne solution, car on a une croissance à 2 chiffres depuis toujours.

On travaille « à l’ancienne » et une agence est rentable à 35 ETP et je verse un intéressement de 5% de la MB à tous les gens du réseau (hors primes diverses).

Je ne recrute que des gens formés et chevronnés dans le métier car ça va évidemment beaucoup plus vite pour la suite et ça me sécurise et me permet de dormir plus sereinement.

Mais c’est quand je suis à la recherche de permanents pour créer mes équipes (on démarre obligatoirement à 3 dans mes agences) que j’ai eu les plus grandes et belles surprises.

J’ai donc depuis quatre à cinq ans, beaucoup embauché de personnes qui étaient parties d’Adecco plus ou moins volontairement ; mais j’en ai aussi rencontré qui étaient toujours en place (en général cooptées par des gens de chez moi). Et sur mes 38 salariés 22 proviennent d’Adecco.

Et bien j’ai essentiellement vu des gens très bien formés et super-motivés avec un amour de leur métier confondant d’admiration et une puissance de travail incroyable (et sûrement répréhensible légalement si on prend en compte le nombre d’heures supplémentaires non payées réalisées). J’ai toujours été effaré qu’une entreprise envisage de se séparer de personnes de telle valeur ; quel gâchis humain et financier !

A titre d’exemple, j’ai recruté en début d’année une jeune femme de 35 ans, Bac+4 et 15 ans d’ancienneté ; Chargé d’affaire à l’époque, elle était vraiment passée par tous les postes imaginables et aspirait à devenir la responsable de l’agence où elle était toute seule à présent depuis 6 mois suite au départ précipité de son ancien DA. Et bien non ; son DZ qui la connaissait à peine et après un simili entretien d’évaluation, a préféré en promouvoir une autre sous un prétexte évidemment fumeux.

Et bien je peux vous dire que depuis que je l’ai embauché comme DA, cette femme m’explose littéralement les compteurs et pille allégrement les comptes de son ancien employeur. Il faut dire qu’elle passe maintenant son temps à travailler et non plus à remplir des rapports et/ou à répondre aux mails comme auparavant.

Une autre, Assistante de Recrutement elle ; après 23 ans d’ancienneté chez Adecco, elle touchait 1600 euros et était obligée de faire des ménages en CESU pour boucler ses fins de mois. Dévouée jusqu’à l’extrême, elle revenait (gracieusement) pendant ses CP pour aider ses collègues en sous-effectif dans l’agence… et bien quand elle a osé demander une augmentation, on l’a fait poireauter 3 ans pour lui octroyer royalement 15 euros ! Autant vous dire que c’est une perle et qu’elle s’épanouit aujourd’hui dans une de mes équipes avec un salaire revalorisé et correspondant à son expertise.

Bref, « il n’est de richesse que d’hommes » a t’on coutume de dire et je pense qu’Adecco l’a oublié au vu des nombreux témoignages que j’ai pu recueillir lors des mes différentes entretiens ; mais tant mieux pour nous, donc.

Pour ma part, mon opinion est que le système de distribution centralisateur et jacobin d’Adecco est moribond et on l’a très bien vu récemment avec la liquidation judiciaire des librairies Chapitre qui n’étaient pas profitables avec les charges de structure qui leur incombaient et qui ont redémarrées aussi sec en entreprises affranchies avec le soutien de leurs clients et fournisseurs. Pour moi donc, et pour la part du marché qui nous intéresse, l’avenir est aux petites entités de proximité, souples, responsables et autonomes.

On était vraiment hilares quand on a découvert la politique PME d’Adecco ; c’est vraiment un produit marketing pondu dans je ne sais quelle officine de consultants qui n’ont sans doute jamais vu un client, ni vendu une heure de leur vie ; vouloir attaquer un marché de la sorte, c’est avoir une méconnaissance totale (et criminelle à ce stade puisque destructrice d’emploi et de richesse) de la réalité du terrain et des besoins réels des entreprises. Le pompon ça va être la « restructuration » du BTP dont j’ai entendu parler ; tout ça nous augure encore de belles années de progression.

La (ma) réussite est simplissime ; on fait confiance au gens, on part du principe qu’on n’a pas la science infuse et on les laisse s’exprimer pour prendre en compte leurs idées, on les aime et on les rémunère à la hauteur de leur engagement. Et tout ça réuni, ça fait des gens performants et (car) heureux de travailler. CQFD »

9 Commentaires

  1. Pour ma part, j'ai pas mal d'ex-collègues qui sont dans différentes ETT et si tout n'est pas idyllique, le constat général est que la considération envers les salariés ne peut pas être pire que chez Adecco.
    Ce qui ressort quand même c'est la fluidité des circuits de décisions et la simplicité du dialogue avec l'encadrement.
    Et surtout un seuil de rentabilité raisonable qui permet aux équipes de faire des résultats et donc des salaires décents voire très bons.

  2. Je crois (re)connaître la Chaff dont il est question ; si c'est bien elle, Adecco s'est quand même bien foutu d'elle !
    Elle a tenu l'agence seule pendant des mois et à l'arrivée ils l'ont entubée grave ; aujourd'hui, elle à une haine stimulante et dévastatrice envers son ancien employeur.
    Cerise sur le gâteau, quelques mois plus tard sa remplaçante est partie en congé maternité (avec congé parental à suivre) et aujourd'hui l'agence est à l'abandon.
    Son DZ par contre est toujours là, lui.
    Numéro Un de quoi au fait…?

  3. 5% c'est pas le maxi, j'ai discuté avec le PdG d'un (petite) ETT qui filait 8% de la MB + 3000 euros de fixe à un DA !!!
    Et il ouvre une agence par trimestre en ce moment.
    Faut dire qu'avec les charges de siège en moins, tu te dore la pilule.

  4. Il a l'air bien agréable ce boss ! son discours respire la sérénité et il a un recul par rapport à son environnement qui laisse à penser que sa petite entreprise qui ne connaît pas la crise à de beaux jours devant elle !

    Je vous souhaite des vents favorables Monsieur ! vous les méritez amplement.

  5. Bah, il y en a toujours pour couper les cheuveux en 4 hein ?
    Si tu as 35 ans et 11 mois, t'es plus proche de 36 et ça te fait le bac à 17 piges (comme moi) et si tu es du mois de juillet tu peux avoir le bac à 16 ans et 11 mois, et si tu fais de l'alternance tu peux commencer à travailler en poursuivant ton cursus (comme une de mes RR) et valider ton diplôme après 1, 2 ou 3 ans de boite ; etc, etc…
    Y'a des relous j'te jure !

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