C’est sans aucun doute la nouvelle la plus importante depuis des années concernant le groupe Adecco. Une information lourde de conséquences, parue hier en fin de journée sur Romandie.com vient en effet de parcourir les milieux financiers : selon l’agence Blomberg, la famille Jacobs se désengage presque totalement d’Adecco pour ne conserver qu’une participation ultra-minoritaire. L’opération menée par la tristement célèbre Goldman Sachs consistera à revendre, pour le compte de la famille, 30,2 millions d’actions.
Pour parler plus simplement, Jacobs Group revend Adecco, ce qui confirme un certain nombre de rumeurs et d’analyses que nous partagions depuis au moins deux ans et explique en grande partie l’acharnement de la direction sur la réduction des coûts et le siphonnage insensé des agences que subissent les salariés.
Aujourd’hui, la holding Jacobs possède 18,5% du capital, ce qui en fait l’actionnaire principal du groupe. Rappelons quand même, comme nous l’écrivions le 18 avril 2011 dans l’article « Demain, méga teuf à Lausanne« , que sa part de capital s’élevait alors à 33,37%, soit un bon tiers du capital du groupe ce qui prouve déjà, sans qu’il soit besoin de grande démonstration, l’ampleur d’un désengagement déjà réalisé de près de moitié.
Mais, depuis hier, l’information résonne comme un séisme dans les milieux financiers : la holding Jacobs revend ses parts pour ne plus conserver que 2,5% du capital et passer ainsi d’actionnaire majoritaire et dirigeant de fait à « petit » actionnaire. Rappelons au passage que dans l’article cité plus haut, nous évoquions la participation de la Deutsche Bank Group à hauteur de 22,19%, or ce très important investisseur a purement et simplement disparu du capital. Quant à notre fondateur, Philippe Foriel-Destezet, il ne possède plus qu’environ 5% du capital. C’est un grand sauve-qui-peut des principaux actionnaires qui, les poches pleines de plus-values réalisées au meilleur moment, prennent la poudre d’escampette pour d’autres horizons plus prometteurs. Cette information révèle la synthèse, la quintessence même, de ce que nous écrivons sur ce blogue depuis six ans déjà.
Les rumeurs sur une éventuelle vente de l’entreprise Adecco étaient au final fondées, démontrant une fois de plus qu’il n’y a pas de fumée sans au moins un peu de feu. Pour une fois, nous aurions préféré nous tromper car on ne peut imaginer que pareil bouleversement puisse s’accomplir sans de lourdes conséquences à venir.
Merci de faire circuler le lien menant à cet article à l’ensemble de vos collègues.

Dès demain sur ce blogue :
Les conséquences du retrait de la holding Jacobs 

la semaine prochaine :
La discrimination syndicale au quotidien
Le retour de Maître Yakafokon
Des salaires qui continuent à baisser

cfe.cgc.adecco@gmail.com

8 Commentaires

  1. Ça ne me fait pas vraiment plaisir d'avoir eu raison, mais je l'avais prévu depuis l'annonce de l'objectif "5% d'EBITA", le PSE puis le PDV et la mort de KJ…
    Maintenant que l'on a refait une virginité à la future mariée (voir dernier résultats) et que la dot est conséquente, on peut lui rechercher un époux.
    Et je présume que la vente par lots va arriver dans les prochaines années (mois ?).
    Chers ex-collègues, arrachez-vous dés que vous le pouvez, car ça pue de plus en plus cette histoire.

  2. Le groupe a été démantelé en 5 ans.
    Finement joué par le famille Jacobs qui a réalisé une superbe OPA en brisant des milliers de collaborateurs.
    Vive le capitalisme !!!!!

  3. Notons par ailleurs que le 14 janvier dernier, Adecco avait indiqué qu'un fonds d'investissement basé à Chicago et filiale de Natixis, Harris Associates, avait ramené sa participation à 4,86%. Il pourrait ainsi devenir le principal actionnaire d'Adecco, selon les informations actuellement disponibles. Source Le Figaro aujourdhui

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