Hier matin, nous avons été parmi les premiers à répercuter cette information-choc qui n’avait fait l’objet que d’une modeste insertion dans la gazette numérique Romandie.com mercredi en fin de journée. La grande presse a repris l’information dans la journée de jeudi, confirmant sans aucun doute possible la nouvelle : Jacobs Group a donc vendu 16% des actions du groupe en une opération éclair qui lui a rapporté la bagatelle de 2,16 milliards de francs CHF soit à peu près quatre fois le résultat annuel mondial du groupe sur la base de 2013 (557 millions). Résultat qui était lui-même en hausse de 48%, rappelons-le (voir notre article de mercredi).
Un analyste financier nous explique doctement que, passé l’effet de surprise, « si l’on considère que le titre avait atteint son plus haut niveau depuis six ans, il est
compréhensible que Jacobs saisisse l’opportunité pour vendre sa
participation
». Le genre d’expert qui ne voit rien venir mais vous explique après coup, avec une assurance enviable, que la chose était inéluctable. Un métier. Le groupe Jacobs souhaite, nous est-il affirmé par ailleurs, concentrer ses efforts et moyens sur le groupe cacaotier Barry Callebaut dont il détient 51% du capital. Comme je l’écrivais récemment, pour fêter cette fabuleuse manne, la famille pourra toujours entonner en karaoké « chaud cacao » au coin du feu tandis que les salariés, eux, risquent bien de se retrouver chocolat.
Ah oui, avant d’oublier : les Jacobs nous ont chargé de vous remercier chaleureusement pour vos efforts, votre investissement personnel, votre talent et tout ce que vous avez donné à l’entreprise et qui leur aura permis de ramasser 2,16 milliards de francs CHF. Ils vous souhaitent bien le bonjour chez vous et bonne chance pour la suite.
Chacun comprend mieux maintenant l’essorage du réseau ces dernières années et les divers tripatouillages financiers que nous n’avons cessé de dénoncer. Désolé de toujours vous répéter qu’on l’avait dit et prévu, cela peut parfois paraître bien immodeste mais nous vous proposons de relire quand même l’article « Casino royal et tripatouillages financiers » paru sur ce blogue le 24 septembre 2O13. Nous écrivions notamment : « Autre point inquiétant, toujours selon nos experts, ce rachat d’actions
suivi d’une réduction de capital démontre à l’évidence que le groupe n’a
pas ou plus de stratégie d’investissement ou de développement, ni de
projet de reprise d’entreprise à moyen, ni long terme. Bien sûr, à
performance identique et à court terme, le rendement de l’action
augmente ainsi que le cours de la Bourse mais, paradoxalement, le groupe
démontre à l’investisseur qu’il n’a pas de stratégie à plus ou moins
long terme. Signal négatif et même extrêmement dangereux envoyé aux
milieux financiers ; signal de déclin aussi. Nous sommes encore une fois
sur du très court terme et une navigation à vue. La stratégie et les
ambitions semblent se résumer à « faire de l’argent », un maximum d’argent
et le plus rapidement possible sans souci de la pérennité du groupe ».
Faut-il aujourd’hui en retirer un mot ou une virgule ?
Nous avons tout dit, tout écrit mais maintenant l’heure est à la mobilisation. De nombreux salariés nous ont demandé quelles étaient à notre avis les conséquences de cette vente. La réponse est simple ; dans l’immédiat pas grand chose de nouveau. Le capital va être émietté et d’autres investisseurs, sans doute en partie des fonds de pension américains vont venir tenter leur chance au Casino Adecco. Il faudra bosser plus encore, avec toujours moins d’effectifs, pour gagner la même chose ou un peu moins, mais tout cela nous le savons et vous le savez. L’effroyable logique financière exige de faire toujours plus de profits dans une activité et un marché du travail qui ont perdu 100 000 intérimaires. Le profit de ces dernières années, en France tout au moins, s’est réalisé à coups de suppression de postes par milliers, de fermetures de sites par centaines, d’incessantes modifications des systèmes de rémunération, de grappillages et grignotages divers et variés (suppression de la carte Total, complications incessantes dans le remboursement des frais, etc…).

Si vous le voulez, si vous être suffisamment nombreux à le vouloir, ensemble nous allons nous mobiliser pour mettre un sérieux coup de frein au laminage salarial en cours. Il n’y a aucune fatalité mais il faut une volonté. Un mouvement social de type gréve n’est peut-être pas forcément, dans l’immédiat, le plus adapté et il nous faudra inventer ensemble de nouvelles formes d’action. Nous avons commencé à aborder le sujet il y a quelques jours mais y reviendrons très bientôt. Il y a urgence maintenant et vous savez pouvoir compter sur nous.

cfe.cgc.adecco@gmail.com

la semaine prochaine :
La discrimination syndicale au quotidien
Le grand retour de Maître Yakafokon
Des salaires qui continuent à baisser 
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

3 Commentaires

  1. EN PREMIER LIEU
    VOUS! REPRESENTANTS DU PERSONNEL
    SOYEZ MOINS COMPLAISANTS AVEC LA DIRECTION
    PRENEZ EXEMPLE SUR VOS NOUVEAUX COLLEGUES DE ADIA QUI ONT GAGNE EN CASSATION POUR LEUR MANDAT DE DELEGUE SYNDICAL

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