Jamais en plus de dix années de mandats d’élu et de délégué syndical nous n’aurons reçu autant d’appels de salariés en colère ou profondément désabusés, souvent en plein désarroi, nous suppliant d’agir de n’importe quelle façon mais d’agir, et vite si possible. La détresse est grande devant une situation qui devient intolérable et beaucoup commencent à entrevoir ce que nous nous éreintons à dire et à écrire depuis des années : cela ne s’arrêtera jamais sans une réaction massive et durable des salariés.
Après le PSE, nombreux étaient les salariés imaginant que la situation deviendrait plus sereine et que, l’entreprise s’étant allégée de plusieurs centaines de salariés, les conditions de rémunération ne pourraient aller qu’en s’améliorant. On sait ce qu’il en a été. 
Puis, après le PDV, certains, souvent les mêmes, posèrent, consciemment ou inconsciemment, la même hypothèse. Nous n’avons jamais cessé d’affirmer à longueur de colonne de ce blogue qu’il n’en serait rien et que la logique du toujours plus ne leur laisserait jamais de répit. Le système financier à broyer les entreprises, jamais rassasié, ne connait que la loi du toujours plus-toujours moins.
Baisse constante des effectifs, rémunérations en berne, voire franchement en baisse, systèmes de rémunération à répétition grignotant jour après jour le pouvoir d’achat et donc le niveau de vie, la chute semble ne devoir jamais s’interrompre. Un collègue me lançait récemment qu’étant au taquet nous ne pourrions plus rien perdre. Erreur grossière ! C’est ne rien connaître à la logique financière. Il y a encore et encore à grappiller, sur les frais et les salaires, les charges agence et les frais financiers, les effectifs et le reste. Il y a peu, un manager expliquait d’ailleurs tranquillement à ses ouailles qu’il allait falloir s’habituer à travailler au fixe. Il confirmait, ni plus ni moins, sans doute maladroitement, ce que nous n’avons jamais cessé d’annoncer, notamment au moment de la diffusion des avenants « confiscation totale ».
L’entreprise a englouti des dizaines et des centaines de millions d’euros d’allègements divers et variés comme elle s’apprête à digérer en silence la formidable manne du CICE tandis que les effectifs n’en finissent plus de fondre et les rémunérations de s’effilocher. Pendant ce temps, la famille Chocolat met la clef sous le paillasson et empoche 2,2 milliards de francs CHF. C’est cela la réalité.
Dans tout cela le pire écueil c’est la passivité de nombreux salariés, l’acceptation craintive de tout ce qu’il advient, dans le secret espoir de conserver son emploi. Pauvre mais quand même au travail, voilà le calcul. Là encore, erreur fatale… à toujours subir, on perd jour après jour du salaire, sa fierté, ce qui est plus grave, et on ne sauve pas même son emploi. C’est au final perdant-perdant-perdant.
Une concertation est actuellement en cours entre organisations syndicales et une ultime tentative de dialogue avec la direction devrait être impulsée dans les semaines qui viennent. Pour rester informé(e)s, consultez régulièrement ce blogue.

6 Commentaires

  1. "Une concertation est actuellement en cours entre organisations syndicales et une ultime tentative de dialogue avec la direction devrait être impulsée dans les semaines qui viennent"

    En même temps, les gars : vous n'avez un peu que ça à faire, non ?
    Et c'est pas votre présence sur le terrain qui vous surbooke !
    Allez, un peu de sens des priorités.

  2. La direction ne sait pas manager. Si un mouvement d'ampleur se produisait, elle serait très vite dépassée.
    Mais ce n'est pas en boycottant l'administratif pendant une semaine que vous aurez la moindre influence.

    Il n'y a qu'un indicateur qui compte et c'est celui de la dividende votée en AG. Et il y a bien des moyens d'atteindre l'image boursière d'une entreprise et donc sa valeur.

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