L’inquiétude monte dans le réseau à l’approche de la date fatidique à laquelle prendra fin « l’accompagnement » sur les rémunérations. Que restera-t-il en 2015 de la part variable pour nombre de collègues lorsque cet accompagnement cessera de jouer son rôle de modérateur à la baisse de la rémunération consécutive au mode de calcul que nous avons toujours surnommé la « confiscation totale » ? Rien ou si peu pour de très nombreuses équipes qui ne maintenaient un semblant de rémunération que grâce à cette perfusion appliquée de façon dégressive sur 2012 et 2013. Que dire d’un système de calcul de rémunération nécessitant en permanence des mesures dérogatoires, le fameux « accompagnement », sous peine de ramener la quasi-totalité des salaires au fixe ? Qu’il n’est pas viable ? La contribution totale n’aura en effet pas vécu une seule année sans l’aide de ces indispensables béquilles.
A priori, aucune mesure particulière d’accompagnement n’est programmée pour 2015 et il s’agirait plutôt de conditionner la part variable des salaires à des budgets, c’est-à-dire à des objectifs. Ce qui signifie que le système de rémunération sera une fois de plus modifié. Rien de nouveau sous le soleil puisque, cycliquement, les primes conditionnées à un objectif sont tantôt remises à l’honneur, tantôt reléguées en second plan selon un rythme qui semble s’accélérer avec les années.
Le problème de l’objectif ou du budget, si l’on préfère, c’est sa difficile évaluation et la forte part de subjectivité qui préside à sa fixation. Bien souvent, celui qui crie le plus fort s’épargne un budget irréalisable tandis que le salarié un peu plus timoré prendra le tarif plein. Par ailleurs, chaque périmètre d’activité s’avère tellement spécifique qu’il semble utopique d’appliquer uniformément un taux de progression identique pour tous. Enfin, la rémunération sur objectif se justifiait quand même davantage lorsque nous vivions une période de croissance forte de notre activité. Elle devient nettement mois excitante lorsqu’il s’agira d’appliquer des progression de 1, 2 ou 3%, voire des évolutions négatives, ce qui est déjà le cas à de nombreux endroits. Objectiver un collaborateur à réaliser -10%, dur, dur… Travailler plus pour réaliser moins (et gagner moins) ne peut constituer un levier efficace de motivation.
Certains nous feront remarquer que peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse et que seule compte la dernière ligne de la fiche de paie. Oui, certes, mais bien présomptueux celui qui affirmera que le nouveau système de rémunération produira un effet bénéfique sur le montant des rémunérations… Aujourd’hui, le ras-le-bol au sujet des rémunérations dépasse en ampleur tout ce que nous avons pu avoir à connaître depuis de nombreuses années. De nombreux collègues nous poussent, comme nous l’avons récemment écrit, à impulser un mouvement de gréve et l’idée fait son chemin malgré nos réserves exprimées ces derniers temps.

5 Commentaires

  1. Pourquoi émettez vous des réserves par rapport à une future grève, il est fort dommageable que ce soit les salariés qui vous "poussent" vers ce mouvement non ?

  2. Les réserves que nous émettons nous remontent du réseau, tout simplement.
    Par ailleurs, il n'est jamais "dommageable" de s'interroger, d'évaluer, de soupeser, bref de réfléchir avant d'agir.
    Des salariés nous poussent fortement à déclencher un mouvement de grève mais il faut aussi dire que d'autres nous affirment le contraire et n'estiment pas ce mode d'action efficace et pertinent.
    En qualité de représentants du personnel nous avons le devoir d'entendre tout le monde et tous les avis.
    L'idée fait son chemin et nous prendrons position dans les semaines qui viennent.

  3. en ce qui me concerne je suis sur la CDHI et ça reste la misère au vue de nos volumes, de la pdm pour des clopinettes, et ce n'est pas en allant sur les budgets que cela va changer….

  4. Arrêtons d’être timoré. Une gréve en précisant bien les revendications et les conséquences sur le salaire des grévistes. Les agences fermées un, deux ,trois jours. La direction appellera les syndicats très vite autour de la table des négociations. Il faut informer les futurs grévistes du plan d'attaque.

  5. Il serait temps en effet de se reveiller, la greve est l'outil pour se faire entendre quand le canal normal n'existe plus, le simple fait de se taire sous pretexte de rester professionel nous conduit a etre d'accord avec notre remunération actuelle….
    Nos DZ, DO eet le reste auraient bien tort de ne pas continuer selon l'adage: ce qui est pris est pris pour l'actionnaire.

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