Le BTP, de façon générale, ne se porte pas vraiment bien, c’est le moins qu’on puisse dire. Le baromètre Prismemploi annonçait en septembre une effondrement à – 18,60% de l’emploi intérimaire dans ce secteur d’activité. Il est très frustrant de ne pouvoir révéler des informations précises sur les chiffres de l’entreprise sur un blogue public, accessible à tous et nous savons que la concurrence y est particulièrement assidue mais cela ne doit pas nous empêcher de donner quelques tendances.
Ce secteur d’activité représente quand même environ 108 000 intérimaires en ETP (équivalent temps plein), soit nettement plus que le planning total et national d’Adecco France. Le BTP demeure le premier marché de l’intérim en France. Ce volume considérable de main-d’œuvre ne recule néanmoins que de 4,5% là où Adecco perd… nettement plus… (quelle frustration ! Heureusement, notre lettre confidentielle arrive bientôt, avec retard, mais elle arrive…). Avec des plannings dépassant parfois les -40% (année/année-1) certaines semaines, il y a un blême comme dirait l’autre.
Quant à la part de marché, elle suit sa pente naturelle, victime des tergiversations et de la valse-hésitation permanente de nos dirigeants, des incohérences, des systèmes de rémunération tirés en rafales et de l’absence de grand projet pour ce secteur-clef de l’activité économique. 
Disons-le tout net, Adecco n’a jamais occupé sa légitime place sur ce
marché mais aujourd’hui nous ne sommes plus loin du point de rupture. Un décrochage de près de cinq points en quelques années justifierait que l’on sonnât le tocsin et que l’on prit rapidement des décisions courageuses et adaptées. Au contraire, au rythme nonchalant d’un train de sénateur, la direction s’efforce à un lent repli en rase campagne sur la segmentation du BTP. La lecture assidue de notre blogue aurait sans doute permis de gagner un précieux temps, de conserver un certains nombre de marchés volatilisés et d’éviter des départs de salariés expérimentés qui pèseront lourd dans la reprise en main. Mieux vaut tard que jamais me rétorquerez-vous ? Sans doute, mais cette fois la situation urge. Vraiment.

Mercredi sur ce blogue : 
« La Contribution totale, c’est de la daube » nous avoue un Directeur de zone

9 Commentaires

  1. Publication exactissime !
    C'est quand même pas faute de l'avoir clamé haut et fort : le BTP c'est une activité à part entière qui ne vit que par son potentiel d'intérimaires et non par la taille de ses clients !
    Mais non, on n'avait rien compris…
    Et bien de mon ancien "réseau BTP" créé par FD et PF (hé oui souvenez-vous du handballeur fou), la moitié des DA sont partis (avec armes et bagages), et l'autre se demande quand elle va le faire.
    Et dans ma ville, plus d'agences BTP dédiée mais une PME et une ML qui se contrefoute du BTP et donc PdM = zéro.
    Aujourd'hui, il se créé des postes de Chef de ventes BTP, pour essayer de recoller les morceaux… on croit rêver, non on cauchemarde !

  2. La situation urge ?
    Mais non, c'est déjà foutu.
    Un travail de 20 ans d'efforts a été dilapidé de PSE en PdV, de segmentation en fermetures et de transactions en démissions.
    Pour ma part, quand je suis partie avec mon chèque j'ai laissé 160 TT au planning de mon agence BTP et 4 mois plus tard, ils la fermait en "segmentant" le bazar.
    Et bien maintenant, s'il y a 20 TT sur toute la ville, c'est le bout du monde.
    Et les "Champions du Monde" qui ont pondu cette bouse infâme qu'est la segmentation dan le BTP, ils sont toujours là à vouloir nous apprendre la vie, je présume ?

  3. Il semble que le BTP n'intéresse pas Adecco qui aimerait bien avoir le fric du marché BTP sans avoir les inconvénients (AT,risque client,provisions…).Mais ça n'est pas possible d'où ce double langage permanent sur le BTP : on n'y va mais pas trop mais faut y aller quand même.

  4. 100% d'accord avec commentaire précédent: le NES de la construction (dont fait partie le BTP) est le + porteur en terme de marché TT donc nous ne pouvons pas passer à côté. Le problème de "faire du BTP" dans nos agences c'est que ça coute cher : EPI obligatoires, risque et coût AT importants, visites médicales obligatoires. Je passe sur les risques client et les provisions car je ne pense pas que ce soit spécifique au BTP. Ceci dit ce sont autant de charges supplémentaires (par rapport à une agence tertiaire par exemple) qui font que les agences spécialisées BTP sont difficilement rentables et que ceux qui y travaillent le font par amour de ce secteur. Le HIC c'est qu'à un moment, vous avez beau aimer votre métier et apprécier les personnes avec qui vous travaillez : il faut bien gagner sa croute quand même!!! Alors oui on nous dira YAKA FOKON mais moi je réponds PEUPU.

  5. L'entreprise s'est et continue de se tromper dans l'approche de ce marché en effet particulier, parlons tout de même de la politique de prix qui fait qu'aujourd'hui nous sommes en complet décalage avec les prix du marché actuellement pratiqués,4 ou 5 années d'augmentation annuelle on fini par dégouter nos clients y compris les plus fidèles et font fuir à grande enjambées nos prospects.
    Mais bon à ce sujet pas de problème, le pricing dynamique va nous arranger tout ça!!!!!

  6. C'est bien ça.. Le faire à l'arrache quoi. J'ai eu droit à la segmentation pme dans ma ville comme nombre de salariés qui n'osent pas s'exprimer sur le sujet et souffrent en silence. Ce qui se passe est absolument dramatique tant pour nos clients et intérimaires que pour nos collaborateurs. Le réseau pme n'existe et ne survit que grâce à l'activité btp issue du dépouillement du réseau btp et idem avec d'autres activites ML. Nos dirigeants et actionnaires n'ont pas l'air de mesurer les conséquences à plus ou moins long terme mais déjà effectives: fin de l'expertise, perte de crédibilité, professionnalisme, image de marque et notoriété dégradés et surtout perte des piliers d'Adecco, ces collaborateurs expérimentés et compétents qui ont fait la culture de l'entreprise et qui tendent tous à quitter le groupe écoeurés, dégoûtés, blasés .. remplacés par du sang neuf.. c'est bien triste.. mais le retour en arrière ne sera pas possible… et au fait où en est le gptw dans tout ça ? allez, continuez à souffrir en silence jusqu'à votre départ de l'entreprise, d'autres n'attendent que ça…

  7. A mon DG,
    L'activité BTP nécessite une approche différente. si vous connaissiez ce secteur d'activité peut être en aurais tu conscience, evidemment les tableurs excel, les ratios, ne donnent pas la pleine mesure de ce qu'est un chantier, avez vous déjà chaussé des chaussures de sécu 1 fois dans votre vie?
    Que diriez vous de nous redonner un peu la main à nous qui sommes en agence, qui sommes sur le terrain, à nous qui faisons votre salaire en sommes.
    Je pense, si ce n'est pas trop tard qu'il ne suffit que de peu de choses pour virer de bord et arrêter l'hémorragie. Juste un exemple : un petit budget agence pour que chaque DA et équipes agence ai la main pour faire acquisition de qques "goodies", les chefs de chantier, les conducteurs de travaux, nos intérimaires en sont généralement très friants!!!
    Mais est ce que cela vaut encore la peine de donner du mal pour une entreprise qui ne nous le rend pas?
    Cordialement

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