Le syndrome d’épuisement professionnel, appelé pour on ne sait quelle raison, sinon par soumission à l’idéologie dominante, « burn-out », s’avère loin de n’être que le énième thème à la mode dans les milieux des ressources humaine et du dialogue social. Il s’agit aujourd’hui d’un véritable fléau social, enfant naturel de la course à la productivité et de la concurrence sans frontières. Cet article du Figaro résume parfaitement l’urgence qu’il y a à ranger le syndrome d’épuisement professionnel au rang des maladies professionnelles. Ce serait bien la moindre des choses, à la condition de border définitions et concept.
Un groupe de
médecins du travail de Touraine a lancé un appel au gouvernement, afin
que cette forme d’épuisement soit reconnue comme maladie
professionnelle.

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Quelque 3,2 millions de travailleurs, soit plus de 12% de la population active française, serait sous la menace d’un «burn-out». Un constat dressé récemment par Technologia,
un cabinet spécialisé dans l’évaluation et la prévention des risques
liés à l’activité professionnelle, et qui inquiète au plus haut point
les médecins du travail. Une centaine d’entre eux, travaillant en
Touraine, viennent de lancer un appel au gouvernement,
qui a recueilli 336 signatures. «Nous enregistrons l’augmentation
constante de ces cas d’effondrements soudains de personnes arrivées au
bout de leurs ressources et de leur capacité de résistance», peut-on
lire dans leur plaidoyer.
Les conséquences de cette pathologie
ont un fort impact économique. «Beaucoup de ces salariés sont traités
contre l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil. Ils
rencontrent de gros problèmes pour leur retour dans le monde
professionnel; nombreux sont ceux qui ne veulent plus réintégrer leur
entreprise», avertissent ces médecins. Le risque serait particulièrement
élevé chez les agriculteurs (24 %), devant les artisans,
commerçants et chefs d’entreprise (20 %) et les cadres (19 %). D’après
une évaluation de l’Institut national de recherche et de sécurité
(INRS), reprise par Technologia, «l’estimation du coût social du stress
professionnel est de 2 à 3 milliards d’euros, soit 10 à 20 % des
dépenses de la branche accidents du travail et maladies professionnelles
de la Sécurité sociale».

Sanctions financières

La crise est-elle seule responsable de l’explosion de cette pathologie? «Avec les 35 heures, on a augmenté la productivité des gens, au lieu d’embaucher», dénonce Bernard Morat, médecin du travail en Indre-et-Loire, à l’origine de l’appel, interrogé par le quotidien régional La Nouvelle République. La peur du chômage
aggrave la situation. «Avant, face à une situation tendue, les gens
changeaient de travail. Maintenant, ils ont l’impression de ne plus
pouvoir», ajoute le docteur Gilles Levery. «Combien de ces ‘burn-out’ se
terminent par un acte suicidaire? Combien par un accident de voiture
inexplicable? Combien par une maladie générale ou des troubles
musculo-tendineux?», interrogent les auteurs de l’appel.
Rejoignant le mouvement initié par Technologia fin janvier, dont une pétition a recueilli plus de 8500 signatures,
ils réclament la reconnaissance du «burn-out» comme maladie
professionnelle par la Sécurité sociale, afin d’en faciliter la prise en
charge. Aujourd’hui, les salariés victimes de «burn-out» ont pour seul
recours de devoir justifier d’un taux d’incapacité provisoire de 25 %,
au moment des faits, en passant par le Comité Régional de Reconnaissance
des Maladies Professionnelles (CRRMP). Une procédure bien compliquée,
selon les professionnels, pour qui la reconnaissance serait une «mesure
de justice à l’égard des salariés touchés».
Elle permettrait par
ailleurs, selon les experts de Technologia, d’améliorer la prévention
dans les entreprises. «Les politiques de qualité de vie au travail sont
en effet encore trop aujourd’hui des bonnes intentions imaginées a
posteriori plutôt qu’un processus pensé et planifié a priori.» Quitte à,
pour motiver les dirigeants, créer un système de sanctions financières
vis-à-vis des entreprises qui déploreraient le plus de cas de
«burn-out».

Source : Le Figaro

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