Du 3 au 27 août rediffusion du meilleur de l’année


Des élus CFE-CGC ont participé à la négociation concernant la
classification des emplois. Inutile de dire, notamment au vu de ce qui
suit, que nous n’avons pas pas signé le projet d’accord totalement
inacceptable. En effet, l’accord imposé et appliqué par Adecco se trouve
nettement inférieur à celui de l’accord de branche, or l’on sait qu’un
accord de branche ne constitue en général qu’un socle moyen laissant
toute latitude aux entreprises d’améliorer l’ordinaire.





De quoi parle-t-on et à quoi peut bien servir cette classification ? Il
s’agit, ni plus ni moins, d’un changement technique de classification
destiné à faire disparaître les notions de niveau et de coefficient, en
étoffant le nombre de niveaux et en établissement une cartographie des
emplois commune à la branche, c’est-à-dire à la profession. Dorénavant,
la grille de classification des emplois prévoit un classement s’étendant
de la lettre A à la lettre M, sachant les lettres de A à E sont
réservées aux emplois non cadres et les lettres G à M aux cadres.
Jusque-là, pas de quoi fouetter un chat, nous direz-vous. De simples
numéros nous sommes passés à une lettre et l’évolution ne semble pas
flagrante…





La nouvelle classification prévoit deux filières (« Opérations » et
« Support ») divisées en cinq sous-filières (4 pour les Opérations et 1
pour Support). Des filières découlent des emplois-type, eux-mêmes
déclinés en emplois-repères. Vous suivez ?



La « pesée » préalable de chaque emploi se fait selon 5 critères classant :
formation/expérience, autonomie, complexité, impact des décisions et
dimension relationnelle.





Là où les choses se gâtent, c’est le niveau de catégorie dans lequel
chaque salarié va se trouver casé. La grille imposée par Adecco ne
comportant que deux cases, la direction prend le parti pris de placer
les juniors, seniors ou sans expertise dans la 1ère lettre de l’emploi
et les « confirmés » dans la seconde lettre. Clairement, si vous avez 10
ou 15 ans d’ancienneté mais que nous n’êtes pas « confirmé(e)s » dans
votre poste, vous vous retrouvez à la première lettre, tout en bas de
l’échelle. Pour corser un peu les choses, les conditions de changement
de niveau ne sont même pas connues à ce jour et ne devraient être
diffusées, si tout va bien, que dans le courant du premier trimestre.
Encore une fois se trouve dévoyé le principe initial de classifier les
emplois de la profession tout en identifiant des passerelles d’évolution
communes aux différentes entreprises du secteur. Dans sa mise en œuvre,
cette classification procède pour de nombreux salariés d’une régression
dans leur positionnement. L’article 36, c’est à dire la cotisation à
une retraite cadre et par conséquent la garantie d’une retraite
nettement améliorée n’est pas remis en cause pour les salariés présents
dans l’entreprise mais son nombre de bénéficiaires ira décroissant au
fur et à mesure des nouvelles embauches de salariés au statut d’employé.





Comme la législation l’impose, le déploiement de cette nouvelle
classification se fera dès la paie de février. Seul point rassurant,
chaque salarié a la possibilité de contester son positionnement dans les
trois mois suivant la réception du courrier recommandé le lui
stipulant. Petit bégaiement symptomatique, chaque salarié a reçu deux
fois son courrier recommandé, comme si la direction, peu sûre de son
affaire, avait voulu manifester une lourde insistance. Lapsus scriptural
révélateur…

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