La tirelire helvète aurait une fâcheuse tendance à l’embonpoint…
Le 21 janvier dernier, nous annoncions en bas d’article une information sur les négociations salariales à paraitre le lendemain. Et, dès le lendemain, la direction prenait la main en publiant le résultat des NAO 2015 pour la rémunération 2016. Ce rôle moteur et d’aiguillon nous convient parfaitement et, modestement, nous contribuons depuis plus de huit ans à l’amélioration de la communication dans l’entreprise. Nos plus fidèles lecteurs en témoignent régulièrement.
Côté négociations salariales, le moins qu’on puisse dire c’est que la direction n’a pas mis en péril la rentabilité de l’entreprise. Dès le 11 décembre dernier, nous déflorions un peu le sujet dans un article au titre évocateur : « Un projet d’accord NAO inacceptable » dans lequel nous laissions clairement entendre qu’il était exclus pour la CFE-CGC d’apposer sa signature à pareille proposition. Et pour cause, voyons un peu plus en détail cet accord. 
Premier point bloquant, définitivement bloquant, l’absence de toute augmentation générale des fixes depuis…. 2006. Nous écrivions en effet :  » nous sommes probablement la seule ou l’une des seules entreprises en
France à n’avoir pas augmenté les fixes d’un centime depuis près de dix années.
Quels que soient les secteurs d’activité, les entreprises, publiques ou
privées, leur dimension, les régions ou quelque autre critère, il
n’existe sans doute pas dans le pays un seul cas de gel des fixes dix
années durant. Si l’un de nos lecteurs et collègues venait à nous
apporter la preuve contraire, nous la publierions bien volontiers. » Le pari reste ouvert, avis aux amateurs mais aucun retour pour le moment…
La direction évoque une augmentation de la masse salariale qui se serait élevée en 2015 à 1,2%, en précisant fièrement qu’elle se trouve ainsi supérieure à l’inflation. Mais aucun rapport avec une quelconque augmentation des salaires, l’augmentation de la masse salariale peut receler quantité de causes différentes : promotion de certains salariés, embauches, augmentation des charges sociales, etc… Une masse salarial peut augmenter mécaniquement alors même qu’aucune augmentation ne bénéficie aux salariés.
Quant aux augmentation individuelles c’est un peu la bouteille à encre. Combien sont concernés ? Quelles augmentations ? On ne le saura pas. On sait seulement que le système de contribution budgétée a contraint l’entreprise à revoir un certain nombre de salaires fixes à la hausse mais rien n’est bien formalisé, ni systématisé.
On note avec émotion qu’une attention particulière sera portée à ceux qui sont au niveau plancher de leur emploi, fort bien, mais pour les autres ?  Par ailleurs la formulation concernant les augmentations individuelles ne pouvant être inférieures à 40 euros bruts mensuels en a induit certains en erreur qui imaginaient, un peu naïvement, il faut le reconnaître, que tous les salariés allaient bénéficier d’au moins ce montant. Nous en sommes, hélas, bien loin.
Deux points de relative satisfaction subsistent néanmoins. Tout d’abord celui concernant les tickets-restaurant dont le montant augmente de 0,50 euro, assortis d’une légère modification de la prise en charge par l’employeur qui passe de 56% à 60%. La part salarié diminuant de 3,32 € à 3,20 €, auxquels il convient d’ajouter le demi-euro d’augmentation.
Second point, mais la chose était connue, la prime Fidélité remplaçant la prime « Jubilé », permettra aux salariés ayant au moins trois ans de présence dans l’entreprise, de bénéficier chaque année d’une prime versée au mois de juin. Rappelons que sans la CFE-CGC, la prime Jubilé avait tout simplement failli passer à la trappe. Les sceptiques trouveront toutes les informations utiles sur ce blogue.
Bref, pas de quoi s’étouffer et l’entreprise poursuit sa politique d’austérité salariale alors que  vient d’être finalisé le rachat de 3,9 millions d’actions pour un montant global de 250 M€, deux-cent-cinquante millions d’euros, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs. Pensez un peu, qu’une prime exceptionnelle de 1 000 euros, par exemple, versée à chacun des 3 500 permanents ne représenterait jamais que 3,5 M€ et là, l’on vous parle de 250 M€ qui eux-mêmes ne représentent jamais qu’environ 2% du capital de l’entreprise. Inutile d’épiloguer, n’est-ce-pas ?

4 Commentaires

  1. Eh oui !!!' C'est bien compliqué tout cela !!!! J'ai passé mon entretien annuel aujourd'hui. Mais objectifs étant atteind voir dépassés, nous verrons bien ce que cela donne sur mon BS !!!!

  2. petite news de la rem au budget ? A notre niveau, cela s'accélère, la pression est clairement mise sur les agences… On nous avance des calculs de moyenne, point de vigilance refaites vos calculs en prenant compte du tx réel de votre TX DE CT (ct/ca) et de la tranche dans laquelle vous vous trouvez au final à fin novembre, on peut se retrouver avec une simulation siège à 10% alors que nous sommes à 12% …

  3. Bonjour,

    Etant une des seules agences générant de la CT, la Direction nous mets la pression pour passer au budget. Pensez-vous qu'en contre-partie nous puissions demander un document stipulant la levée de notre clause de non-concurrence? Pourquoi serions-nous les seuls à prendre des risques?
    Merci d'avance de votre retour avant le 29/02

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