L’entreprise ce n’est pas cela…
L’entreprise n’est pas est ne peut être une succursale du royaume des Bisounours. Elle a vocation à gagner de l’argent en vendant au mieux un produit, une prestation ou un conseil, pour faire simple. Ceci dans le respect d’un certain nombre d’obligations sociales, juridiques, fiscales et autres.
Relatons, avec toutes les précautions d’usage, l’appel que nous avons récemment reçu d’un Directeur d’agence qui, après 17 années de bons et loyaux services, décide de s’en aller exercer ailleurs ses talents. Ayant annoncé, ce qui n’est pas forcément souhaitable, à son supérieur hiérarchique sa promesse d’embauche dans une entreprise de la région, il en vient à lui demander le bénéfice d’une rupture conventionnelle aux fins d’obtenir un petit pécule. Rappelons que pour la conclusion d’une rupture conventionnelle, il faut être deux… et qu’en l’occurrence le hiérarchique en question ne voyait aucunement l’intérêt de verser le moindre fifrelin à un collaborateur annonçant son départ et la signature d’un bon CDI dans une entreprise…. Cela s’apparenterait à un cadeau mais au non de quoi ?

Offusqué, notre Directeur d’agence rappela avec émoi son engagement sans faille au service d’Adecco, ses résultats enviables et durables obtenus tout au long de son parcours dans l’entreprise et l’excellent état d’esprit dont il avait, affirma-t-il, toujours su faire montre. Sans parler d’innombrables autres vertus personnelles qu’il avait su prodiguer sans compter à l’entreprise. En bref, le message sous-jacent semblait limpide : « avec tout ce que j’ai fait pour vous, vous allez bien me faire un petit chèque ? S’il vous plait… » Sourire attendri et bienveillant du hiérarchique devant tant de candeur mais qui n’en maintint pas moins fermement sa position, celle de l’entreprise, une position regrettable mais somme toute parfaitement logique. A quoi bon faire un chèque-cadeau à un salarié désireux de quitter l’entreprise ? Il a travaillé ? Fort bien, mais a perçu pour cela une rémunération vous rétorquera la direction. Une entreprise ne paie que lorsqu’elle escompte un quelconque intérêt ou à l’issue d’une procédure prudhommale défavorable pour elle. Elle sait parfois se montrer généreuse pour des salariés représentant une menace, réelle ou supposée, un pouvoir de nuisance ou porteurs d’informations sensibles qu’il serait fâcheux de divulguer. Le prix du silence. Un responsable financier, par exemple, mais pas seulement. Mais sinon, pourquoi payer ? En général, lorsque l’on paie, c’est bien pour acheter quelque chose, non ?

De telles situations nous laissent toujours un peu perplexes. Dans notre situation de représentants de personnel, que faire et dire face à tant de naïveté sans risquer de blesser des salariés intègres et de bonne foi, souvent professionnellement efficaces mais peu au fait des réalités de l’entreprise (et parfois de la vie…) ? Écoute, conseil et un petit cours accéléré de démystification suffisent en général à solutionner ces petites incompréhensions. Nous sommes aussi là pour cela.

2 Commentaires

  1. Je suis désolé, mais quand tu démissionnes, tu parts de l'entreprise car l'herbe est plus verte ailleurs.
    Il s'attendait à quoi???? Une médaille???
    Certains sont vraiment naïfs, car pour le coup; je trouve la réaction du groupe pragmatique. Ils payent quand ça les arrangent. Et oui!!! C'est comme cela dans toutes les entreprises. J'ai rarement vu une entreprise payer lors d'une démission. Dans tous les cas, moi simple charge d'affaires, je ne payerai pas un salarié qui démissionne. C'est la loi. Il fallait être un peu moins naïf face à un groupe dirigé par des actionnaires et qui à aucun moment a démontré sa générosité vis à vis de ses salariés, alors encore moins vis à vis de ses futurs anciens collaborateurs.

  2. Effectivement, j'en ai connu des plus futés qui ont pris le chèque alors qu'ils avaient trouvé ailleurs voire à la concurrence !
    A mon avis, si ce type est aussi benêt ; son patron a dû même être assez soulagé de le voir partir…

    Remarquez, des ânes ; Adecco en est rempli à raz bord par les temps qui courent.

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