Dans une entreprise dont l’essentiel de la richesse et surtout de l’activité repose sur les hommes, la main d’œuvre représente forcément la principale variable d’ajustement, celle dont la direction usera et abusera dès les premières alertes sur la rentabilité ou la nécessité d’améliorer le cours du titre. Nous savons depuis plusieurs mois l’acharnement mis à stopper les contrats à déterminés, même lorsque les Directeur d’agence argumentent de leur mieux afin de justifier leur maintien en raison de l’activité de leur agence.

Dès septembre dernier, dans notre article « L’hystérie anti-CDD« , nous écrivions  » Aujourd’hui
c’est au tour du CDD de se trouver dans le collimateur. Les Directeurs
d’agence(s) sont instamment priés – c’est un euphémisme – de ne recruter
aucun CDD en renfort et de ne renouveler aucun contrat à échéance, quel
que soit le niveau d’activité de son agence. C’est un véritable dictat
qui ne souffre aucune discussion et encore moins contestation.
« Débrouillez-vous », « organisez-vous » est-il répondu au Directeur
d’agence(s) qui n’aurait pas bien saisi le message »
.
Loin de s’adoucir, le message se renforce encore et l’on parle du 15 décembre comme date butoir d’arrêt des CDD, de presque tous les CDD encore présents dans l’entreprise. Parmi ces contrats maintenus malgré tout, un certain nombre ont d’ailleurs été contraints d’accepter un temps partiel. A la précarité s’ajoute donc une amputation significative du salaire. C’est cela ou rien se sont vu dire certains.  Cette situation crée et entretien un sous-effectif chronique, facteur de non-qualité et de dysfonctionnements, sans parler des commandes non fournies, des candidats que l’on n’a pas recrutés et des clients que l’on n’a pas pris, faute de temps disponible.

L’entreprise, pour des raisons évidentes, semble tout miser sur l’alternance, les chiffres à ce sujet sont éloquents, au détriment des contrats de droit commun, CDI et CDD. Question : peut-on pérenniser qualitativement une entreprise et une activité par une gestion « low-cost » s’appuyant sur une main-d’œuvre de plus en plus précaire et paupérisée ? Notre décrochage par rapport à l’un de nos principaux concurrents, ne constitue-t-il pas un sévère avertissement dont il convient d’identifier au mieux les causes ?

5 Commentaires

  1. Et ce triste refrain qui revient… je me permets d'ajouter à celui-ci: «Recrutez, recrutez des Stagaires, la main d'oeuvre à pas chère».
    Nouveau pansement de l'hémorragie ambiante.
    Sauvons les €uros du bas du compte d'exploitation pour montrer à la caste du haut (sourde et aveugle) que les Managers d'en haut savent trouver des solutions et peut-être auront-ils, eux une récompense pour avoir démontrer qu'ils auront su tenir la barre d'un navire que beaucoup commencent à fuire.

  2. Après le leader numéro 1 des ressources humaines, il va falloir se préparer à passer au looser number one de la gestion humaine. On retire les moyens alors que c'est la période d'activité ou de préparation de reprise.
    Plus rien à dire sur cette aberration permanente qui dresse le tapis rouge à des Proman, Crit, Synergie, Abalone… et j'en passe car il va y en avoir d'autres.

  3. Intérim, CDD, CDI, contrat pro, stage….
    Adecco c'est bel et bien l'emploi précaire à tous les étages. Pendant ce temps là le cours de la bourse flambe, les analystes ont même revu leur opinion à la hausse : il y a du fric à se faire !!!!
    Mais qui va payer, je vous laisse deviner.
    Bienvenue à la World Company, Monsieur Sylvestre vous remercie de tous vos efforts.

  4. A quand l'arrêt du foutage de g… Ca coupe les robinets pour la fin de l'année et en Janvier, nouvelle année, nouveau départ! Un kick off pour les cadres qui va coûter un max pour faire passer la pilule aux Managers… Espérons que la majorité retrouvent la vue avant de se faire manger tout cru par le Vautour Suisse!

  5. On entendait parler d'un nouveau plan… peut-être qu'avec toutes ces restrictions sur l'année 2016, c'est pour faire des économies pour payer les nombreuses RC pour lesquelles l'entreprise est coutumière du fait. On peut remarquer en ce moment un étrange soulagement d'une hiérarchie quand c'est une démission et que le collaborateur indique où il part: la clause est levée.
    Provision sur 2016 pour cracher en 2017??? Quelle stratégie adoptée? La vigilance c'est évident! ��

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