Du 6 au 29 août, rediffusion des articles les plus lus depuis septembre dernier

Publié le 17 octobre 2017

Le Comité central d’entreprise du 18 octobre s’est bien tenu en présence du patron de Middle Office et le moins qu’on puisse dire c’est que l’ambiance était électrique, du genre haute tension. Nos deux articles mais aussi les commentaires qui s’en suivaient ont fait l’objet d’une charge contre leurs auteurs, ce qui rappelle les paroles d’une vieille chanson affirmant en substance : »Il a dit la vérité, il doit être exécuté ». J’ai quand même rappelé qu’il était plus aisé et même un peu facile de tirer sur le lanceur d’alerte que de traiter les anomalies qu’il dénonce. Mais terriblement moins efficace…

Rappelons qu’éthiquement, moralement et même juridiquement, nous avons le devoir de dénoncer les situations estimées à risques, les souffrances et les comportements pathogènes. S’en abstenir relèverait d’une grande lâcheté, bien entendu, mais aussi, juridiquement, de non assistance à personne en danger.

Le patron de Middle Office, visiblement perturbé par notre prose tenta de nous expliquer que les choses avaient été certes difficiles mais que jour après jour des améliorations se faisaient sentir et qu’aujourd’hui sent nettement meilleur qu’hier et bien moins bon que demain.

Le hic c’est qu’à aucun moment nous n’avons entendu évoquer la moindre proposition concrète, la plus maigre ressource allouée, la plus infime attribution de moyens supplémentaires. Pas même un maigre aveu ou le moindre zeste de contrition. Les pistes d’amélioration ne manquent cependant pas, sous réserve que l’oncle Picsou accepte de desserrer un tantinet les cordons de la bourse (et de la Bourse). Nous avons d’ailleurs conservé précieusement les conclusions d’une analyse d’expert concernant les Centres de services dont AUCUNE des préconisations n’a jamais été retenue.

Rien de nouveau sous le soleil et d’ailleurs, la veille de cette réunion, j’écrivais à une élue d’une autre organisation syndicale : « Que X vienne au CCE, c’est sans doute une bonne chose mais il risque fort de se limiter à expliquer aux élus que nous sommes qu’il y a eu des difficultés mais que le plus dur est passé et que tout ira de mieux en mieux et tralalalalère… ». Eh bien voyez-vous, don de voyance ou prémonition, c’est exactement ce qui s’est passé.

Mais la réunion n’aura pas été vaine puisque les organisations syndicales ont décidé d’agir de manière plus organisée et visible. Preuve qu’il est parfois salutaire de jeter un pavé dans la mare.

Mais attention, rappelons ici qu’il est impossible de tout attendre des syndicats : ceux-ci ne peuvent s’avérer efficaces que dans la mesure où les salariés les approchent, les informent, les sollicitent et surtout s’efforcent, dans leur pratique professionnelle, de respecter à minima la législation en vigueur. Par exemple, comment voulez-vous que nous défendions avec efficacité certains salariés acceptant de travailler gratuitement jusqu’à minuit ou plus tard encore, pour un salaire des plus modestes ? Selon nos informations, de nombreux salariés Middle Office travailleraient en effet sans rémunération jusqu’à entre 10 et 20 heures par semaine au-delà de la durée légale et cela, sans aucune majoration, c’est-à-dire gratuitement… Comment voudriez-vous dans ces conditions réclamer une augmentation de salaire ? Une salariée aurait même subi un accident de la circulation en rentrant chez elle à… une heure du matin ! Mais chut ! il ne faut pas le dire ! Eh bien si : il va falloir le dire, l’écrire, le crier si nécessaire, sans quoi rien ne changera.

Il revient urgemment à la direction d’accorder des moyens, des moyens humains essentiellement. Des solutions existent, notamment d’anticipation, d’accompagnement, de formation, qu’interdit aujourd’hui une gestion purement financière, court-termiste, au jour le jour. Nous reviendrons sur le sujet aussi souvent qu’il sera nécessaire.

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