Du 6 au 29 août, rediffusion des articles les plus lus depuis septembre dernier 
 
Publié le 21 juin 2018
 
Réunion d’intégration 2020 ?
C’est
un usage qui peut paraitre bien insolite au quidam venant de
l’extérieur : l’entreprise a toujours eu la fâcheuse habitude de
pratiquer l’hébergement en duo lors des réunions d’intégration, de zone,
de lancement et autres… Pour couper court à toute interprétation
malveillante, précisons quand même qu’il s’agit de former des paires de
salariés du même sexe et que la cohabitation est censée se pratiquer « en
tout bien tout honneur ». Ce point délicat écarté, il reste à comprendre
la motivation de la direction à vouloir contraindre systématiquement
les salariés à loger à deux par chambre alors que, mis devant un
véritable choix, l’immense majorité, quasi la totalité des collègues
concernés, nous confient qu’ils opteraient pour la chambre individuelle.

 


Côté
jardin l’on vous explique qu’un tel concubinage d’un jour œuvre en
faveur de la cohésion des équipes et facilite les échanges et
rapprochements. Côté cour, il s’agit bien entendu d’une économie non
négligeable puisque l’on divise par deux le nombre de chambres
réservées. Quels que soient les arguments avancés, il n’empêche que pas
un des salariés évoquant le sujet n’apprécie ce qu’ils estiment
représenter une atteinte à leur intimité et à leur bien-être. Est-il
normal d’imposer pareille familiarité (douche, ronflements et autres
nuisances) à un salarié qui n’en a pas clairement exprimé le choix ?
A-t-on pensé à ceux qui souffrent de problèmes de santé ? Est-il normal
d’imposer de faire chambre commune avec de puissants ronfleurs, des
insomniaques voire des somnambules ou, à l’inverse, des marmottes,
sangsues d’oreiller, des aficionados de télé, pire encore, des fouteux,
des lecteurs invétérés, etc..? Et quid de la légitime tranquillité à
laquelle on peut prétendre pour passer des appels téléphoniques d’ordre
privé à son conjoint, un ami, un proche ?
 


De
plus, aujourd’hui c’est, dans certaines zones, à trois et même pourquoi
pas à quatre qu’il faut maintenant cohabiter. Et en mobile-home s’il
vous plait ! Mais quelle est la finalité d’une telle cohabitation ? Qui
nous dit qu’à ce train nous n’en serons pas aux dortoirs dans quelques
années ? Devenir « leader par les coûts » engendre, certes, quelques
contraintes mais il conviendrait quand même de ne pas dépasser les
bornes.




Sans
doute, la mixité des cohabitations permettrait-elle peut-être, à terme,
de résoudre en partie les problèmes de pénurie de candidats tout en
relançant la démographie mais, plus sérieusement, est-il normal et
souhaitable qu’en 2018, en plein débat sur le bien-être et les
conditions de travail, les salariés soient, à contrecœur, hébergés à
deux, trois ou quatre sous le même toit ?

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici