« Si quand j’avance tu recules… »
Aujourd’hui même se déroulera la troisième réunion des Négociations annuelles obligatoires (NAO) pour discuter des rémunérations 2019. Nous posons cette question essentielle : cette année, les salariés bénéficieront-ils enfin d’une augmentation générale des fixes ou ceux-ci resteront-ils gelés et même congelés pour la douzième année consécutive ?

Certains nous affirment « bien sûr que cette année il y aura une augmentation. Ils n’oseraient quand même pas… ! ». Ils semblent ignorer que certains osent tout ! D’autres, nettement plus pessimistes et désabusés se disent que si la direction a pu bloquer les fixes pendant onze années, elle devrait bien oser y ajouter une douzième année, puis une treizième, sans doute une quatorzième…. Il faut quand même mentionner le geste unitaire de 30 euros généreusement alloué par la direction lors des négociations NAO 2016 pour les rémunérations de 2017. Cette exception mise à part, comme nous l’avons déjà écrit sur ce blogue, la situation est totalement inédite. AUCUNE entreprise, dans AUCUN secteur d’activité, du domaine public comme du domaine privé, n’a jamais osé, ni même imaginé ne faire bénéficier ses salariés d’AUCUNE augmentation de salaire pendant plus de dix ans. Cela n’existe pas.

D’ailleurs, nous lançons ici un défi en forme de pari : parmi les centaines de lecteurs qui, chaque jour, nous accordent leur confiance en lisant notre blogue, s’en trouverait-il un seul capable de nous rapporter un exemple d’entreprise n’ayant attribué aucun centime supplémentaire sur les fixes pendant plus de 10 ans ? Nous sommes, sans trop y croire, preneurs d’un tel hypothétique témoignage. Bien sûr, si l’un d’entre vous découvre pareille pépite, discrétion et anonymat seront de rigueur, comme d’habitude.
Nous rappelons que l’augmentation générale, comme elle se pratique (modestement) chez nos principaux concurrents, demeure la seule mesure visible et traçable de hausse des salaires. Les augmentations individuelles ont ceci d’opaque que personne ne sait combien en bénéficient, à quelle hauteur, ni d’ailleurs pour quelles raisons. Le pire ce serait l’éléboration d’une énième usine à gaz avec de pseudo-rattrapages individuels, des variables illisibles calculés de façon alambiquée en fonction du sens du vent et de l’âge du capitaine. L’expérience rend prudent… Rappelons que pour le salarié qui souhaite se situer et évaluer ses évolutions (ou régressions) salariales, le seul indicateur vraiment fiable demeure le cumul de rémunération tel qu’il apparait sur la fiche de paie, le reste relevant, au choix, d’une discussion type café du commerce ou du salon littéraire. D’une année l’autre, il est à la hausse ou à la baisse, c’est binaire.

Seule une forte implication à nos côtés sera susceptible d’infléchir cette politique d’austérité salariale. Cadres, rejoignez la CFE-CGC, le syndicat dédié aux cadres et à l’encadrement.

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