Une énième revalorisation des prix a bien failli imposer aux équipes commerciales et notamment aux Directeurs d’agence, de revaloriser – entendre augmenter – les prix, à compter du 1er mars. Le projet est pour le moment suspendu, mais pour combien de temps ?. Officiellement, cette augmentation tarifaire serait justifiée par la pénurie de salariés intérimaires qualifiés qu’il conviendrait donc de facturer plus cher d’au moins de 5 points de base sur le coefficient de délégation, sans oublier un coup de pouce sur celui de gestion. Ceci, surtout, au nom d’une croissance sans doute bien plus rentable que durable…

Près de 700 agences étaient concernées par cet impératif et il devait être demandé aux Directeurs d’agence de multiplier les appels téléphoniques « pédagogiques » auprès des clients « sensibles » – on se demande d’ailleurs bien pourquoi ils sont devenus « sensibles » – ou qui auraient un peu de mal à comprendre ces hausses ou tentatives de hausses incessantes. L’appel téléphonique pédagogique est un grand classique managérial. On vous retire une agence, votre part variable s’effondre, l’augmentation de votre budget vous parait démentielle ? Et hop ! un appel téléphonique pédagogique et tout rentre dans l’ordre. C’est juste que vous ne compreniez pas.
Passons sur les détails de la mise en œuvre et du pilotage de cette campagne d’augmentation tarifaire qui, n’en doutons pas, devrait très vite redevenir d’actualité. Retenons simplement que les équipes agences, déjà submergées de travail, reportings incessants, contraintes administratives et informatiques diverses et variées, devront assumer la mise en œuvre, la logistique, les négociations et les remontées de l’opération. Clients « priorité A », « priorité B », distinction entre ceux au taux de marge brute inférieur ou supérieur à 20%, modifications tarifaires dans Déclic, Goéland, suivi des litiges et de la perte de clients qui pourraient estimer que trop c’est trop… Jusqu’à quand les équipes tiendront-elles ?
L’entreprise mettra-t-elle autant d’énergie pour s’assurer de l’augmentation salariale d’une autre catégorie de qualifiés trop souvent négligée : les permanents ? A quand une véritable revalorisation des taux salariaux pour les salariés permanents sans lesquels rien ne serait possible ? Bichonner les actionnaires, les clients et les intérimaires ne suffit pas. Il est grand temps de revoir la politique salariale, une politique aujourd’hui résolument destructrice de savoir-faire et de valeur si l’on considère la fuite des compétences, souvent à la concurrence, et la démotivation qui en résultent.

Demain sur ce blogue : 
Quel niveau de confidentialité pour l’enquête GPTW ?

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