Tireur d’élite en poste pendant le Forum
L’agenda des milliardaires semble finalement à peu près aussi banal et aussi répétitif que celui du commun des mortels si l’on s’en tient à la récurrence des obligations à remplir cycliquement. Chaque année, en janvier, ils se donnent rendez-vous pour le grand raout du Forum économique de Davos, pittoresque et très huppée station de sports d’hiver des Grisons, en Suisse. Cette année, il s’est tenu du 21 au 24 janvier.
Pour cette cinquantième édition dudit forum, ce sont près de 3 000 dirigeants de multinationales, banquiers, 53 chefs d’État et ministres, dont Bruno Le Maire notre ministre de l’Économie, personnalités diverses et journalistes qui se sont retrouvés sous très haute protection militaire et policière – soit un budget sécurité d’environ 9 millions d’euros -, ce qui témoigne à minima d’un manque de sérénité. Si nous évoquons chaque année le sujet sur ce blog syndical, c’est que les dirigeants du groupe Adecco y sont à chaque fois plus ou moins invités et qu’il s’agit par conséquent d’une orientation assumée. Surtout si l’on sait que le moindre ticket d’entrée, hors adhésion et soutien quelconque, se monnaye quand même 15 000 euros.
Cette année, la cause environnementale dominait en arrière-plan de l’ensemble des interventions et débats, au point que l’adolescente Greta Thunberg avait une fois de plus séché l’école pour venir en Suisse asséner ses incantations vertes aux plus gros pollueurs de la planète, débarqués dans une sarabande de jets privés, de plus en plus massifs chaque année, d’hélicoptères et de puissantes limousines. Son invitation à Davos et la surmédiatisation à laquelle elle eut droit en dit d’ailleurs long sur les commanditaires de sa fulgurante renommée planétaire. Ceci dit, on peut légitimement se montrer des plus réservés sur l’exploitation et l’instrumentalisation médiatique d’une gamine handicapée mentale à laquelle est confié le soin de dénoncer l’urgence écologique, bien réelle, mais surtout sans jamais en dénoncer clairement la moindre de ses véritables causes.

Ce genre de forum représente le lieu idéal pour se lancer dans une surenchère d’annonces à destination de la presse mais sitôt lancées, sitôt oubliées. C’est le jeu. Ainsi, notre CEO a-t-il déclamé « As world leaders gather between Versailles and Davos, I’m proud to announce our commitment to upskill and reskill 5 Million people by 2030« , que l’on peut traduire par « Alors que les leaders mondiaux se rassemblent entre Versailles et Davos, je suis fier d’annoncer notre engagement à former et à recycler 5 millions de personnes d’ici 2030 ». C’est vrai que ça en jette mais l’on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée émue pour ces centaines de nos collègues permanents qui n’ont pas reçu la moindre bribe de formation depuis des années et des années.

Déjà publié sur le sujet :


L’oligarchie tient salon à Davos

World Economic Forum de Davos 2017 : c’est reparti

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