L’éternelle loi du toujours moins, toujours plus

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On nous demande parfois de révéler enfin notre secret, celui qui nous fait souvent anticiper les évolutions et décisions que prendra l’entreprise dans le cadre des réorganisations à répétition que nous subissons. Ce blog regorge de prévisions dont presque toutes ont abouti avec plus ou moins de bonheur. Possédons-nous donc un pouvoir magique, un don de divination ? La CFE-CGC Adecco regroupe-t’elle voyants extra-lucides et médiums ? Au risque de piétiner le mythe, nous sommes bien obligés de répondre par la négative à cette question et d’avouer qu’elle n’est constituée que d’élus et de militants dévoués à un engagement collectif au service de leurs collègues.

Alors comment se fait-il que nos anticipations s’avèrent aussi souvent prémonitoires ? C’est finalement très simple et cette capacité à anticiper repose sur une règle immuable : la règle du toujours moins, toujours plus qui avait fait, en novembre 2011, l’objet d’un tract au titre évocateur « La finance expliquée aux Nuls », clin d’oeil et allusion à la célèbre collection des éditions First.

Pour résumer, une entreprise, surtout si elle est cotée en bourse, se doit de dégager toujours plus de résultats, quelle que soit la conjoncture, l’état du marché, les effectifs ou la qualité de ses produits ou services. Pour faire simple, il faut chaque année trouver de plus en plus de fric ! Les années prospères, pas de problème. Mais les choses se corsent lorsque la conjoncture fléchit ou que la concurrence grignote la part de marché que l’on pensait acquise. A ce moment-là, une seule règle prévaut : le toujours moins, toujours plus.

Dans le tract évoqué, nous résumions : toujours moins de coûts, de salaires, de primes, de taux d’intéressement, de participation, de frais, de salariés permanents en CDI, d’agences, de CR, de locaux en général, de zones, de régions, de directions opérationnelles, etc..

Ceci afin d’obtenir toujours plus de résultats, Ebita, dividendes, de salariés en CDD, de stagiaires, d’apprentis, de précarité, d’implants, d’externalisations, d’acquisitions internationales ou non.

Voilà. La règle peut apparaitre évidente, basique et même simpliste, mais elle permet de comprendre toutes les réorganisations des années passées et d’anticiper celles des années à venir (disparition des agences, Family, réduction d’effectifs, digitalisation accélérée, etc.). Cette règle nous avait permis, simple exemple au passage, d’affirmer, en dépit des affirmations de la direction et, hélas, seuls contre tous, que les « One Roof » (appellation d’origine) aboutiraient inéluctablement à l’évincement plus ou moins rapide des DA « excédentaires ». Un exemple parmi tant d’autres. Elle permet aussi d’expliquer les NAO à zéro, le rapprochement avec les filiales France et cet esprit « Family » de plus en plus envahissant mais aussi l’ensemble des mutualisations, le nouveau système de rémunération, les aménagements de la politique auto, la baisse des prestation de mutuelle santé et de prévoyance, etc…

A chacun de confronter cette règle avec les changements permanents de l’entreprise. Essayez, ça marche à chaque fois.

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