En ce qui concerne la participation aux bénéfices chez Adecco, le slogan pourrait être : les mauvaises années tu ne touches rien, les bonnes tu vas te brosser. C’est en tout cas ce que nous vivons concrètement depuis trop longtemps. Pensons aux années-record d’avant cette curieuse épidémie et notamment 2018 et 2019 : nous avions atteint des sommets, aussi bien en chiffre d’affaires qu’en résultats, sans pour autant percevoir le moindre centime de participation. A chaque fois nous était brandie comme un paratonnerre la fameuse formule légale de calcul de la réserve de participation : RSP = 1 / 2 (B − 5 C / 100) × S / VA, considérant que B symbolise le bénéfice fiscal net de l’exercice, déduction faite de l’impôt, C les capitaux propres de l’entreprise, S les salaires de l’entreprise et VA la valeur ajoutée de l’entreprise. Une belle formule, sans doute, mais qui ne sert chaque année qu’à justifier une absence de participation aux bénéfices alors que les actionnaires, eux, bénéficient d’un rendement fixe de leurs dividendes quelle que soient les résultats et la conjoncture.

Mais tout d’abord, il ne s’agit que de la formule légale et par conséquent d’un minimum légal à appliquer, ce qui signifie que l’entreprise pourrait être mieux-disante et adopter une formule plus favorable aux salariés. Ensuite, chacun sait qu’un entreprise peut agir aisément sur différents curseurs et notamment sur le niveau des capitaux propres, jusqu’à échapper à l’obligation légale de verser une participation aux résultats. Nous nous souvenons de ce DRH qui nous avait confié que l’entreprise ne verserait plus jamais de participation parce que toujours elle s’organiserait pour qu’il en soit ainsi. Enfin, rappelons que depuis de nombreuses années, la direction oppose une fin de non-recevoir à nos demandes d’accord d’intéressement. Pourtant, l’accord d’intéressement représente l’alternative idéale à une carence de participation, avec sans doute une certaine motivation en plus puisqu’il s’agit toujours d’inciter à l’atteinte d’objectifs clairs et plutôt simples. Ce sera donc ni participation, ni intéressement, comme d’habitude.

Au titre de l’exercice 2020, les résultats opérationnels n’ayant pas été suffisants pour générer un bénéfice fiscal net de l’exercice supérieur à 5% des capitaux propres de l’entreprise, nous affirme la direction, il ne saurait y avoir le moindre versement de participations en 2021.

Donc, une année de plus, malgré les efforts fournis par les équipes en 2020 dans un contexte follement anxiogène, malgré un gel inimaginable des salaires depuis plus d’une décennie et une rémunération notoirement en décalage par rapport au marché et en dépit d’une rentabilité qui connait une hausse accélérée ces derniers mois, les équipes sont retournées en agence une main devant une main derrière…

3 Commentaires

  1. Au moins le groupe Adecco garde t’il une certaine cohérence : celle de haïr toute idée d’un geste qui pourrait s’appliquer de façon générale à l’ensemble des salariés, car il estime que seul une fraction d’entre eux sont « méritants » (en tout cas pour les augmentations).
    Malheureusement, l’absence de toute réaction collective d’ampleur lui démontre chaque jour qu’il peut continuer à pousser le bouchon un peu plus loin…

  2. La participation ne devrait plus tarder (la non fiscalité du CICE avait fait très mal justement à ce calcul avec report de charge pendant des années), au titre de 2021 ou au pire 2022 … par contre il ne faut pas s’attendre à toucher un gros montant

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