La digitalisation systématisée des activités tertiaires et même de la quasi-totalité des tâches professionnelles est-elle responsable de la multiplication des situations de burn-out, c’est-à-dire en bon français, d’épuisement professionnel ?

On peut se le demander si l’on considère la rapide expansion des systèmes d’information et de communication qui crée un lien permanent et indissoluble entre le salariés et son travail. Les rapports entre individus en sont profondément bouleversés, aussi bien dans l’entreprise qu’avec les contacts qui lui sont extérieurs. Ajoutons à cela une crise sanitaire qui aura accéléré de façon inimaginable la digitalisation des tâches, des process et des relations, qu’il s’agisse de face-à-face, de réunions ou de formations.

Cette hyper-connexion est-elle, au moins partiellement, à l’origine de l’épuisement professionnel que l’on observe un peu partout et dans tous les domaines d’activité ? Sans doute, lorsque l’on observe cette dépendance aux outils numériques qui abolit rapidement les frontières entre vie personnelle et vie professionnelles et multiplie en permanence les stimuli. Quel cadre ne consulte pas sa messagerie le soir en dehors des heures de travail et le week-end, sans parler des réseaux sociaux à orientation professionnelle.Combien sont aujourd’hui encore capables de déconnecter leur messagerie et leur téléphone professionnels le temps du week-end et pendant les jours de congés ?

Aucune justification professionnelle, hormis les rares cas d’astreinte, ne peut expliquer cette servitude volontaire et il s’agit-là d’une dégradation en profondeur des conditions de travail, avec un nombre croissant de salariés connectés douze mois sur douze, sept jours par semaine et, pour certains, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Pour qui ? Pour quoi ? Qui leur demande ? Il serait intéressant de répondre individuellement à ces trois questions.

On ne peut malheureusement méconnaitre la part de responsabilité que porte chacun d’entre nous lorsque nous négligeons de nous déconnecter, souvent par curiosité mais aussi, pour certains, par une sorte de dépendance aux stimuli, un besoin d’animer un peu sa vie par des « bip », des vibrations ou des sonneries en permanence, de images, des smileys, des informations…

Bien sûr, il y a les problèmes d’organisation et de sous-effectif sur lesquels nous reviendrons mais la lutte contre le burn-out ne commencerait-elle pas par une rigoureuse cure de détoxification numérique ?

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