Le titre vous semble un rien excessif voire provocateur ? Eh bien peut-être pas tant que ça à bien y regarder et nous allons tenter de le démontrer. La répétition des mêmes erreurs, la négligence d’alertes toujours sensiblement identiques et le maintien obstiné d’une situation génératrice des même effets négatifs devrait en effet interpeller.

A Middle Office, les droits d’alerte se suivent et se ressemblent étrangement sans que jamais ne soient mises en œuvre des solutions connues, souvent simples et maintes fois préconisées. La direction sait tout sur les causes et les conséquences en termes de troubles psychosociaux de ses organisations successives. Errare humanum est, perseverare diabolicum affirme une citation latine pétrie de bon sens. A la CFE-CGC, nous ne comptons plus les alertes simples et droits d’alerte officiels concernant différents sites Middle Office et nous ne pouvons qu’être surpris par la répétition de même situations de souffrance au travail provoquées par de même causes sans que jamais le mal ne soit traité à la racine. Nous avons ressorti un rapport du cabinet Technologia mandaté dans le cadre d’un droit d’alerte pour risques psychosociaux, concernant le site de Villeneuve d’Ascq. Le rapport daté de… janvier 2014, il y a plus de huit ans, s’avère d’une étrange actualité.

Dans ce document de 71 pages, nous avons relevé, notamment, la synthèse suivante (page 61) : « Les conditions de travail actuelles, avec sa lourde charge de travail, sa pression temporelle, ses contraintes liées au métier et le manque de clarté dans les périmètres d’activité exposent les salariés du middle office à des risques psychosociaux nombreux et, pour certains, forts. Le projet de réorganisation du middle office, en déstabilisant les organisations et les repères, en modifiant les contenus des postes et le lieu de travail pour certains, l’environnement des bureaux, les habitudes et les collectifs de travail, risque d’aggraver cette situation. Par ailleurs, la situation des salariés des sites satellites et des assistants d’agence est particulièrement préoccupante eu égard aux perspectives de leur emploi. »

Troublant d’actualité, non ? Mais ce n’est pas tout

Il y a plus de huit ans, les experts mandatés par vos élus écrivaient : « Une forte pression temporelle et un travail dans l’urgence les semaines de paie. De nouveaux logiciels nécessitant de l’apprentissage et de l’adaptation. Une montée en compétences prévue des assistants de gestion des UTA. Le travail envahit souvent l’espace privé, particulièrement en période de paie. Les contraintes du poste pèsent sur la prise des congés d’été et lors des petites vacances scolaires. Le risque est lié à une surcharge de travail et à la pression temporelle ainsi qu’à son impact négatif sur la vie de famille. Le passage des UTA en CDS est de nature à l’accentuer« .

Même si certains passages peuvent sembler datés en raison des réorganisations successives, le fond du problème a-t-il vraiment changé ? Continuons.

« Manque de reconnaissance de la Direction par rapport aux contraintes du travail, au niveau d’engagement et au traitement des heures supplémentaires »… « L’inquiétude est forte pour les salariés des sites satellites et les assistants d’agence »… « Certains salariés des UTA craignent de ne pas être à la hauteur des évolutions prévues de leur poste. Inquiétude de ne pouvoir soutenir l’effort supplémentaire requis »… « S’ajoutent un coût et un risque routier augmentés. La vision de l’avenir apparaît pessimiste et anxiogène pour les salariés des sites satellites et les assistants d’agence ainsi que pour certains salariés des UTA… »

Ce ne sont bien sûr que de courts extraits de ce copieux rapport de soixante-et-onze pages mais ce voyage dans le passé nous semble étrangement actuel…

Il est aussi évoqué les nuisances sonores inhérentes aux espaces de travail ouverts et ce sentiment pénible de « travail empêché », « particulièrement en période de paie lorsque l’urgence empêche les gestionnaires de procéder aux contrôles qu’ils estiment nécessaires et à se montrer aussi réactifs qu’ils le souhaiteraient aux demandes des agences« . Ça vous parle, chers collègues du MO ?

Nous ne multiplierons pas les citations à l’infini afin de ne pas trop charger l’article mais, en synthèse, réorganisations, Middle Up amélioré ou non, les mêmes causes engendrent les mêmes effets et notamment une souffrance tantôt diffuse, tantôt aiguë et ceci pour les mêmes raisons : effectifs insuffisants, turn-over, difficultés de recrutement pour de postes à la fois trop exigeants et sous-rémunérés, formation au poste sans doute un peu trop hâtive, problèmes d’organisation, etc… Viendra-t-il un jour à l’esprit de nos dirigeants que le métier en tension de technicien paie explique en grande partie le turn-over des gestionnaires de comptes ? La tentation est grande pour eux de traverser la rue ou s’en aller chez l’un des clients du groupe pour gagner dès le mois suivant quelques centaines d’euros supplémentaires avec, sans doute, moins de stress et davantage de visibilité. Comment est-il possible de ne pas percevoir cette évidence ?

Et puis, si toutes ces causes évoqués plus quelques autres sont connues depuis la création de Middle Office, que n’y remédie-t-on pas ? Retour à notre titre : que mijote la direction ? Pourquoi laisser perdurer une situation difficile qu’il ne serait pas très difficile d’améliorer ? Quelle nouvelle organisation ou externalisation envisage-t-elle ? Quels prochains gains de productivité escompte-t-elle et comment envisage-t-elle de les réaliser sur une structure déjà « à l’os » ? Qui pourrait assurer le même service exigeant pour moins cher encore ? Nous vous invitons à partager vos difficultés, vos interrogations, vos craintes mais aussi vos satisfactions avec les élus de la CFE-CGC. En ces temps troublés, ne restez pas isolé(e)s.

La suite demain…

6 Commentaires

  1. La situation devient grotesque tout le monde en souffre y compris les agences ! Et la satisfaction TT et client ..on en parle ??
    Les salariés des MO souffrent quelque soit leur niveau dans la hiérarchie ! Sauf au plus haut évidemment…

  2. Il est temps de se mobiliser c’est de pire en pire et il n’y pas que le CS de Lille qui est en souffrance. Le problème c’est que tout le monde se tait fait des heures de malades pour prendre son petit salaire

  3. C’est un véritable massacre
    Il faut se rendre à l’évidence
    Les paies de Juin vont être un premier révélateur de l’incapacité d’anticipation
    des DZ et DO…. Ce n’est que le début
    du Titanic que je vous annonçais 🎳

    L’été sera chaud l’été sera chaud dans les DZ dans les DO 🎼🎼🎼

    J’ai hâte de voir le plan d’action 🥊🌪⛑👀🤣💣

  4. C’est honteux de laisser les salariés dans cette souffrance
    N’oubliez pas que c’est grâce a nous « les petits » que vous payez vos salaires la haut
    Ça sent l’externalisation

  5. Salaires au rabais
    Pression constante
    Turn over
    Manque d’effectifs
    Réorganisation de réorganisation de réorganisation
    Cdd mal payés
    Primes inexistantes
    Ça donne envie Adecco
    #nogreatplacetowork

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