Le moins qu’on puisse dire c’est que l’élaboration de concours, challenges et autres « incentives » réellement motivants ne relève pas d’un savoir-faire universellement partagé. Nous supplions depuis des années la direction de concevoir de véritables « challenges », simples, clairs et réellement motivants en lieu et place de véritables usines à gaz dont aucune n’a semble-t-il généré le moindre commencement de réelle motivation tant elles sont complexes, illisibles, truffées de critères limitatifs et financièrement peu motivantes. Nous pensions avoir touché le fond mais voici que la direction nous offre un festival, une pépite, un joyau même, peut-être le pire concours commercial jamais subi dans l’entreprise. Le Guinness nous attend !

Dès le début de présentation dudit concours, dénommé AIP, sans doute pour ajouter à la clarté, l’annonce d’une démarche « internationale » et même « mondiale » donnait le ton… En effet, comment motiver des équipes aux quatre coins de la planète avec les même critères et les mêmes règles lorsque l’on imagine la diversité des marchés, cultures et comportements répandus aux quatre coins du monde. Voilà qui s’annonçait de mauvais augure mais nous n’étions pas au bout de nos surprises.

Passons sur l’objectif affiché de surpasser nos principaux concurrents au niveau mondial. Tellement vague et général que ça ne mange pas de pain, comme on dit. Faire se décarcasser des équipes au nom de cette noble cause relève cependant d’une gageure et l’on imagine le rédacteur du règlement n’ayant jamais peut-être jamais vu une agence, un client et un intérimaire autrement qu’à la télévision, sur Netflix ou au cinéma. Mais il y a pire.

Le challenge qui nous a été présenté ce mardi 13 septembre couvre le troisième et quatrième trimestre, soit le second semestre. Il démarrait en fait le 1er juillet, il y a deux mois et demi et nous l’apprenons une fois le troisième trimestre pratiquement achevé. Et encore, le réseau n’en est-il pas encore informé : le sera-t-il avant la fin de l’année ? Est-ce un tout nouveau concept qui est expérimenté : le challenge commercial inconnu car dissimulé. Il court, prétend vous motiver, joue sur votre rémunération mais… vous n’en savez rien !

Quant aux critères, ils sont à pleurer et témoignent tout à la fois d’une méconnaissance parfaite de notre métier, des fonctions dans l’entreprise et du reste d’ailleurs.

La présentation nous révèle qu' »Une performance exemplaire sur Q3 et Q4 2022 est essentielle« . Comme on dit, nous avons bien fait de venir pour ne pas louper ça. Plus loin, il nous est précisé que « Le Comité Exécutif Groupe a réfléchit à la manière de maintenir nos collaborateurs concentrés sur la croissance« . D’abord on se pince pour ne pas pouffer puis on se dit qu’en s’efforçant un peu nous pourrions arriver à pondre pareil poncif et la question qui se pose à cet instant c’est comment fait-on pour entrer au Comité Exécutif Groupe ? Je refais mon CV au cas où…

Nos puissants cerveaux poursuivent « Il est important sur Q3 et Q4 2022 de nous assurer que nos collaborateurs clés générant du chiffre d’affaires fassent de leur mieux pour créer un impact business qui dépasse l’attendu et ayant un impact immédiat et positif sur nos résultats financiers 2022« . En français cela doit signifier qu’il est attendu des équipes qu’elles pulvérisent des budgets pourtant reconnus hors-sol par la direction elle-même puisque rectifiés à la baisse en juillet, une première dans l’entreprise.

Jusqu’ici, nous en sommes aux amuse-bouche, passons donc au plat de consistance. Qui est concerné par ce concours commercial ? En fait, le rédacteur du règlement ne semble pas très au clair sur le sujet puisqu’il se contente d’écrire : « Toutes les fonctions Commerce et les postes en front office (dont Career Center), autrement dit tous les postes générateurs de chiffre d’affaires« . En français cela doit pouvoir signifier que toutes les fonctions agence seraient concernées mais apparemment l’auteur du règlement ne semble pas bien au clair sur le sujet.

Passons au dessert. Si vous vous inquiétiez sur les objectifs à atteindre pour percevoir les primes annoncées, vous risquez de rester sur votre faim. En effet, le règlement se contente de fixer l’objectif du concours en ces termes : « Surpasser les leaders du marché sur la croissance relative, mesurée sur l’ensemble de la GBU Adecco sans éroder l’EBITA (de la BU)« . C’est tout, pas un mot de plus. Si, juste un tableau abscons où il est question de Market Leader, de points de base, de croissance au-dessus de la moyenne du taux de nos deux principaux concurrents. De combien, selon quelles sources ? Quand ? Comment ?… nous n’en saurons rien.

Cette fois, nous pensons avoir vraiment touché le fond et les plus optimistes nous rétorqueront qu’il n’y a donc plus qu’à remonter. Le ciel les entende !

7 Commentaires

  1. comme d’habitude ils sont à coté de la plaque
    moi je veux bien postuler au MARKETING, je pourrai vous faire des challenges sympas, smart et motivant, j’ai plein d’idée !!! pas besoin de faire des écoles de commerce s’ils ne sont pas foutus de coller au terrain !!! merde quoi 🙂

  2. en 10 ans j’en ai connu des challenges tout pourris…
    Ou on ne gagne rien
    Et parfois on gagne qqch sans le vouloir….
    Enfin, faut pas s’attendre à une grosse prime hein

    Si le gros lot pouvait être de travailler dans un environnement sain, bienveillant et respectueux de la santé mentale des salariés

  3. Ça fait bien longtemps qu’on s’en fout complet de leur challenge mdr
    On y comprend rien et rien à gagner qui fait rêver
    La preuve personne ne les anime……
    C’est faire pour faire mais à l’économie comme toujours
    Des rats qu’on vous dit des rats

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