S’il est vrai que les salariés français ont de moins en moins confiance en leur avenir et sont de plus en plus angoissés, qu’en est-il du risque de Grande Démission. Selon une récente étude Alan / Harris Interactive, ce phénomène a été largement sur-interprété.

Le sujet du bien-être mental en entreprise : un incontournable

L’entreprise Alan vient de présenter les résultats de son second baromètre bi-annuel dédié au bien-être mental en entreprise réalisé en partenariat avec Harris Interactive. Et, s’il est certain que les événements extérieurs touchent particulièrement les salariés, la Grande Démission annoncée n’est pas encore en route.

Quelques chiffres qu’il est important, cependant, de prendre en compte pour mieux gérer le mal-être des collaborateurs :

  • 1 Français sur 2 n’a pas confiance en l’avenir (notamment du fait du covid, de la guerre en Ukraine, du dérèglement climatique…).
  • Par rapport à la première édition du baromètre en  février, les salariés sont plus nombreux à éprouver du stress (59%, +4 pts), de l’inquiétude (52%, +3 pts), des angoisses (47%, +6 pt); une tristesse inhabituelle ou prolongée, un état dépressif (40%, +3 pts)

Une quête de sens toujours aussi importante

L’entreprise a toute son importance dans la notion de bien-être professionnel puisque 87% des salariés estiment que les entreprises doivent les aider dans leur quête de sens. Et les entreprises semblent avoir bien compris cet enjeu car 52% des salariés constatent que leur employeur met, en effet, en place des solutions concrètes pour améliorer leur bien-être mental (+9 points par rapport à février).

Les salariés ont donc de plus en plus d’attentes vis-à-vis de leur entreprise et la quête de sens n’est toujours pas un vain mot : pour près de 9 salariés sur 10, le sens au travail engendre davantage de motivation, de flexibilité et de productivité. Il se traduit aussi par un sentiment d’appartenance accru et une plus grande loyauté.

2 salariés sur 3 sont d’ailleurs prêts à gagner un peu moins d’argent s’ils peuvent exercer un travail qui a plus de sens. Si 81% des salariés du privé estiment qu’exercer une activité professionnelle donne du sens à la vie, ils ne veulent plus accomplir un travail qui n’a pas de sens à leurs yeux.

Du côté des mauvaises nouvelles de l’étude, 47% des salariés font actuellement état d’une perte de sens dans leur travail, 49% des salariés estiment ne bénéficier d’aucune reconnaissance pour leur travail. Et, comme une conséquence directe, 44% des salariés envisagent, actuellement, de démissionner et 18% pensent le concrétiser dans les prochains mois. Un phénomène qui traverse l’ensemble des catégories socioprofessionnelles : 69% des cadres et professions libérales, 65% des employés et 60% des ouvriers et un questionnement encore plus marqué chez les moins de 35 ans (71%).

La Grande Discussion plutôt que la Grande Démission ?

Cette étude révèle une surinterprétation des phénomènes de grande démission et de quête de sens dans le contexte économique actuel, mais invite à repenser le rôle des managers en profondeur et notamment à modifier le modèle managérial français actuel.

Six salariés sur 10 éprouvent le besoin d’échanger avec leur manager sur leur avenir professionnel et / ou l’organisation du travail dans leur entreprise. Des managers qui semblent encore être peu à l’écoute de leurs équipes. En effet, si 62% des salariés éprouvent le besoin d’échanger avec leur manager, seuls 33% oseront le faire dans les prochains mois. Par ailleurs, 6 salariés sur 10 jugent encore difficile d’évoquer leur état psychologique avec leur encadrant.

Le grand enjeu managérial et RH de la fin 2002 semble donc être ici : ouvrir le dialogue sur le bien-être mental en entreprise et écouter les salariés qui souhaitent toujours plus d’équilibre entre leur vie pro et leur vie perso.

Source : Culture RH

1 COMMENTAIRE

  1. La banalisation devient le mal des combats légitimes
    La direction surfe sur celle-ci avec une grande virtuosité…. Des beaux mots (plutôt maux) du soupoudrage de la masse salariale non cadre
    de la culpabilisation à outrance et le cercle
    infernal de l’obligation de travailler pour survivre

    Voilà où nous en sommes, les finances ont de beaux jours si chacun prône pour sa chapelle

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