Nous le savons, la première des discriminations dans le monde du travail et notamment à l’embauche, concerne l’âge des salariés. Les discours lénifiants se suivent et se ressemblent mais la réalité, comme le démontre clairement cette enquête, semble s’en jouer et superbement ignorer les paramètres d’un vieillissement démographique incontestable, d’une part, et d’un inéluctable recul de l’âge de la retraite, avec un objectif européen discret, à terme, évalué à 70 ans. Un sacré challenge pour les représentants du personnel ! (NDLR)
« Plus d’un recruteur sur deux (54 %) considère que les salariés de 45 ans et plus représentent davantage de contraintes que d’opportunités pour une entreprise », selon l’étude réalisée par Indeed avec OpinionWay en février dernier.
« Un décalage entre discours et pratiques »
« Alors que l’allongement de la vie professionnelle s’impose comme un enjeu structurel, l’étude met en lumière un décalage entre discours et pratiques : 87 % des entreprises déclarent être prêtes à faire davantage de place aux salariés de 45 ans et plus, mais 54 % des recruteurs estiment pourtant qu’ils représentent aujourd’hui davantage de contraintes que d’opportunités », selon Indeed.
Dans le détail :
- « 78 % des entreprises considèrent que ces profils sont parfois perçus comme “trop chers” ;
- 77 % expriment au moins une crainte à l’idée de recruter ou de maintenir en emploi des salariés expérimentés ;
- 38 % redoutent une hausse des coûts ;
- 32 % évoquent des difficultés à les faire évoluer ou repositionner ;
- 25 % pointent un manque de flexibilité face aux évolutions rapides des métiers ;
- 21 % craignent des tensions internes. »
Méthode :
L’enquête OpinionWay pour Indeed a été réalisée en ligne du 22/01 au 03/02/2026 auprès de :
• 552 recruteurs (issus d’un échantillon représentatif de 1 276 salariés participant aux processus de recrutement dans des entreprises privées de 20 salariés et plus) ;
• 500 salariés du secteur privé, représentatifs des entreprises privées de 20 salariés et plus.
La marge d’incertitude est de 1,9 à 4,4 points pour un échantillon de 500 répondants.
Un « capital expérience » reconnu
Les recruteurs plébiscitent la valeur ajoutée des profils expérimentés :
- « 95 % estiment que leur expérience constitue un atout direct pour la performance de l’entreprise ;
- 93 % reconnaissent leur rôle dans la transmission des compétences ;
- 92 % jugent qu’ils apportent une valeur ajoutée indispensable à l’organisation. »
« Ce décalage révèle moins un problème de légitimité des seniors qu’un enjeu d’adaptation des organisations », déclare Eric Gras, spécialiste du marché de l’emploi chez Indeed.
« L’âge devient un facteur déterminant à partir de 45 ans »
« 20 % des salariés du privé déclarent ne pas rencontrer de difficultés particulières dans leur parcours professionnel. La rémunération apparaît comme le premier frein cité (39 %), notamment chez les moins de 35 ans (48 %, contre 36 % chez les 45 ans et plus) », selon l’étude réalisée par Indeed.
L’âge devient un facteur déterminant à partir de 45 ans :
- « 33 % des salariés estiment que l’âge constitue un blocage (24 % en raison de l’âge lui-même, 15 % en raison des stéréotypes associés) ;
- 47 % des 45 ans et plus citent une raison liée à l’âge, contre 23 % des moins de 45 ans ;
- Pour les 45 ans et plus, l’âge est le premier obstacle identifié (40 %), devant la rémunération (36 %). »
« Des leviers efficaces pour favoriser l’emploi des seniors »
Entreprises et salariés identifient des solutions concrètes, d’après l’étude.
96 % des recruteurs évoquent au moins un levier efficace pour favoriser l’emploi des seniors :
- « Aides financières ciblées (42 %) ;
- Aménagements des conditions de travail en fin de carrière (33 %) ;
- Outils de recrutement adaptés aux profils seniors (29 %) ;
- Ressources ou campagnes de lutte contre les stéréotypes (25 %) ».
84 % des salariés identifient au moins un dispositif utile pour sécuriser leur trajectoire :
- « Passerelles internes facilitées (37 %) ;
- Programmes de formation spécifiques (34 %) ;
- Parcours de formation avec immersion en entreprise (30 %) ;
- Aménagement du temps et du rythme de travail (30 %) ;
- Accompagnement renforcé vers de nouveaux métiers (28 %) ».
Source : CSE Matin


