La dernière communication de notre CEO Adecco, Denis Machuel, mérite à l’évidence d’être lue, relue et analysée le plus finement possible. Ceci dit, son texte soumis à l’un des trois ou quatre détecteurs d’IA avec lesquels nous travaillons habituellement nous apprend que près
de la moitié du message en question provient d’algorithmes (cf. illustration). Question pour une éventuelle dissertation en école de commerce : quel avenir peut-on prédire à une entreprise dont le CEO ne communique même plus à ses équipes avec son cortex, son cœur et ses tripes, préférant confier sa prose à des robots ? A chacun sa réponse.
Le texte en question commence par un satisfecit sur nos parts de marché (monde), notre positionnement de leader et la nécessité que nous aurions de prospérer à l’ère de l’intelligence artificielle. Soit, ça ne mange pas de pain, comme disaient les anciens.
Les choses se précisent dès le paragraphe suivant et Denis Machuel (ou un algorithme, allez savoir) évoque enfin clairement l’orientation impulsée au groupe : “Nous utiliserons davantage les données et les analyses pour créer de la valeur au sein d’une main-d’œuvre hybride composée de personnes, d’agents d’IA et de robots humanoïdes. Notre rôle sera d’accompagner nos clients dans la gestion de leurs effectifs, la refonte et la réorganisation de leurs structures, le développement et la reconversion des compétences de leurs collaborateurs, ainsi que le développement des meilleures technologies au service de leurs projets de R&D.“
Vous avez bien lu : “les effectifs devraient prochainement être composés de personnes (merci Monsieur. NDLR), d’agents IA et de robots humanoïdes (en forme d’humain. NDLR)”. Exagérions-nous depuis des mois et même années lorsque nous annoncions ce grand tournant en cours ? La deuxième partie de la phrase citée dépasse notre pauvre entendement lorsque notre CEO annonce froidement un rôle de pilote de Adecco pour ses clients. Nous irions, affirme-t-il, jusqu’à les aider dans leurs réorganisations et structures, accompagner la reconversion des compétences de leurs collaborateurs, contribuer à leur développement technologique et à leurs recherches et développements. Alors là les amis, c’est le pastis ou l’IA, nous ne voyons rien d’autre !
S’ensuit un descriptif de plus d’une page sur les réorganisations et regroupements à venir et notamment le détail de la composition de trois lignes d’activité sous des appellations “plus claires et plus explicites”. C’est vous qui voyez : Worksforce Solutions, Talent Transformation Solutions et Technology Solutions… Yeeeaaaah ! Nous reviendrons bien entendu très prochainement sur cette réorganisation. Là, nous ne sommes plus dans une chorégraphie de type tango suisse mais carrément sur un épisode de danse de Saint-Guy !
Nous noterons aussi, dans les toutes dernières lignes, ce client d’œil appuyé aux recruteurs, dont Denis Machuel connait évidemment l’inquiétude, lorsqu’il écrit : “Une attention particulière sera portée à l’accompagnement de nos recruteurs afin qu’ils comprennent les changements éventuels, bénéficient du soutien nécessaire et puissent poursuivre leur mission essentielle auprès de nos candidats et de nos clients.” Cela suffira-t-il à les rassurer ?


