Question plan de carrière à l’envers, on a connu les directeurs d’agences « au pluriel » à qui l’on enlevait systématiquement, une par une, les agences qu’on leur avait confié en reconnaissance de leurs performances, leurs résultats et leur aptitude à manager plusieurs centres de profit. Ainsi celui qui encadrait trois ou quatre agences se retrouvait assez rapidement directeur de sa seule agence d’origine. Adieu veau, vache, cochon, couvée… La prétendue garantie de salaire sur une année permettait de lui faire avaler cette amère potion. Puis le temps passé et la frustration rentrée, la vie continuait.
Aujourd’hui, une autre version du parcours à rebours semble de mise avec la proposition faite à un certain nombre de directeurs d’agence de devenir Attachés commerciaux suite à la fermeture – souvent pour raison de fusion – de leur agence. La baisse de rémunération est, quoiqu’il soit annoncé aux malheureux, inévitable et, cerise sur le gâteau, le salarié cadre de niveau 5 devient assimilé-cadre de niveau 4.
Bien sûr, on explique au Directeur d’agence déchu que c’est une opportunité, que se concentrer sur la vente constitue un véritable challenge, qu’il ne faut pas rester sur une vision figée du parcours professionnel et tralala-tsoin-tsoin. On se dit que le salarié aura juste un peu de mal à s’asseoir pendant quelques temps puis que les choses ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir.
La suite, tout le monde la connaît ou tout au moins la devine. Le salarié, pris au dépourvu, accepte car il faut faire face et continuer à assumer les échéances de la vie, puis se met rapidement en recherche d’emploi et quitte dans les mois qui suivent l’entreprise. C’est, de mois en mois, des compétences, du savoir, de l’expérience qui s’en vont.
Nous le répéterons encore et toujours : ces pratiques ne sont possibles que dans les entreprises à faible taux de syndicalisation et de vote aux élections professionnelles mais seraient impensables dans celles dont un tiers, par exemple, des salariés seraient adhérents à l’un ou l’autre des syndicats. Pour reprendre notre formule-fétiche : si vous ne vous préoccupez pas de votre carrière, d’autres s’en occuperont. Agir ou subir.

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