Nous vous annoncions avant-hier cette nouvelle pour le moins surprenante : le groupe Adecco va emprunter sur le marché obligataire 480 millions de francs suisses (CHF) (près d’un demi-milliard d’euros) afin de racheter une partie de ses propres actions qu’elle détruira, réduisant ainsi son capital-actions. La première analyse qui nous vient à l’esprit, c’est qu’il s’agirait d’une mesure de prudence visant à diminuer l’exposition du groupe au risque d’une éventuelle OPA. Dans ce cas, ce serait une mesure de sauvegarde tout à fait louable. Mais ce n’est malheureusement pas la seule, ni bonne explication.
La fameuse officine de notation Moody’s, dès l’information connue, a en effet immédiatement abaissé sa cotation de « positive » à « stable » pour ce qui concerne la note de crédit à long terme « Baa3 » (notation la plus basse dans la catégorie investissement) d’Adecco. Il s’agit donc d’une sévère baisse de cotation et par conséquent d’un signal défavorable envoyé aux milieux financiers. Les analystes de Moody’s s’étonnent de cette décision du groupe Adecco de lancer un endettement supplémentaire alors que le groupe se débat dans un environnement concurrentiel difficile et une dégradation constante des marges de la profession, notamment en France.
Il est par conséquent périlleux d’augmenter les dettes du groupe alors que les perspectives de remboursement s’avèrent de plus en plus ardues. Non seulement cette décision a immédiatement abouti à un décote du groupe par les milieux financiers mais, de plus, l’augmentation de sa dette lui interdira d’atteindre à court terme les ratios nécessaires à un relèvement de cette cotation.
Un expert  d’un cabinet spécialisé dans les transactions financières et boursières, joint hier, va beaucoup plus loin et pose un diagnostic extrêmement inquiétant : « C’est uniquement le désir de satisfaire les actionnaires qui guide cette action via le redressement du cours. Que cela suffise ou non à faire remonter le cours, c’est tout de même un cadeau fait aux actionnaires car les dividendes seront partagés par beaucoup moins d’actionnaires. Ce n’est pas un hasard si cette opération se fait au moment où le cours est au plus bas, ce qui permet de racheter le plus d’actions possibles et d’impacter ainsi fortement les dividendes. Il ne faut pas oublier que les dirigeants du groupe sont également d’importants actionnaires. Cette stratégie est donc purement patrimoniale et n’apporte aucune contribution au développement économique du groupe.« 

Cette décision, apparemment indépendante des intérêts du groupe, peut donc légitimement inquiéter les salariés et soyez assurés que vos élus CFE CGC prendront leurs responsabilités en demandant, dans un premier temps, un complément d’information avant d’agir si nécessaire. La suite sur ce blogue, bien entendu.

3 Commentaires

  1. C'est logique ! Les dividendes à se partager seront moins élevés alors il faut limiter le nombre d'actionnaires et se régaler du gâteau en petit comité.

    Mais ça me fait aussi penser à la fable de La Fontaine, vous savez ? celle ou le gros niais tue sa poule aux oeufs d'or pour voir si elle possédait un trésor à l'intérieur

  2. Non, je ne reconnais vraiment plus l'entreprise dans laquelle je travaille depuis maintenant 12 ans, quel dommage parce que dans le même temps j'ai de moins en moins envie de continuer a y travailler… Et malheureusement j'ai la forte impression que nous sommes de plus en plus nombreux à ressentir la même chose.

  3. et oui le commentaire précédent est juste alors ne plus se faire de souci car ce sont les actionnaires qu'ils faudraient voir un jour ou l'autre devant nous, demandons aux syndicats de se rendre à zurich et surtout de parler aux médias ,,,, c'est pour quand? TRISTE ADECCO

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