Il y une chose que l’on n’aime vraiment pas dans nombre de grandes entreprises, mais alors pas du tout, c’est de faire simple. Pourquoi, en effet, faire simple quand on peut faire compliqué ? Bonne et délicate question. Tenez, par exemple, prenez le cas de la carte Total. Son utilisation est facile, ultra-simple même. Aucune complication, aucune gestion pour le salarié et guère plus pour l’entreprise : aucun débours, aucune avance de trésorerie, aucune gestion administrative… Scandale ! Ça ne peut plus durer, cela marche beaucoup trop bien. Il faut changer et vite.
Il faut donc remplacer ce  mode opératoire un peu trop succinct par une formule, si possible, plus compliquée, plus lourde administrativement parlant et, si possible encore, le nec plus ultra, source de davantage d’erreurs. La « carte affaires », par exemple. D’un simple passage de carte Total dans un lecteur, à la station service, vous passez à un système informatisé dans Self RH, ce qui suppose bien entendu de prendre sur le temps de travail au bureau et, bien sûr, que le serveur ne soit pas en rade à ce moment-là. Puis vous saisissez les informations sur le nombre de litres de carburant, le parcours accompli et le nombre de kilomètres professionnels. Les questions sur la météo, le sens du vent et l’âge du capitaine nous sont, pour l’instant, épargnées. Le flicage kilométrique n’est pas loin et l’on devine déjà l’ombre de Big Brother se profilant discrètement à l’horizon. 
Au final, davantage de temps improductif, davantage de sources d’erreurs et davantage d’insatisfaction, sans parler du salarié qui se voit contraint de mélanger sur son compte bancaire dépenses personnelle et dépenses professionnelles. De plus, le débit différé pénalisera tous les salariés qui, pour une raison ou une autre, rempliront en retard leur note de frais ou pour lesquels la direction tardera à effectuer le remboursement. Ils découvriront alors les inconvénients et risques du métier de banquier : ils avanceront alors l’argent sur leurs propres deniers. Les Shadoks avaient raison et il est temps que Maître Yakafokon revienne sur ce blogue nous expliquer les choses.
Demain sur ce blogue :
« Middle office », où en est-on ?
Lundi :
Défendre nos salaires, c’est maintenant

Attention : signer son avenant c’est accepter, sans contestation possible, les nouvelles règles de calcul de part variable.

Zéro signature !

3 Commentaires

  1. "Défendre nos salaires, c'est maintenant" : vous auriez du choisir une autre formule, car ça rappel étrangement le slogan de père Dodu avec son "le changement, c'est maintenant" et vu le résultat…Bref …

  2. Quelques désagréments vécus avec la carte affaire :

    -Faire la photocopie de vos tickets d'essence car mon courrier "s'est égaré" 2 fois et là, je vous dis pas le souk
    -prévoir les absences (quand c'est possible) du valideur de votre NdF, car plusieurs fois mon DS (puis DZ) n'était pas là avant la deadline et je me suis retrouvé décalé d'un mois malgré moi !

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