On ne peut pas dire que la CFE CGC Adecco soit coutumière des signatures d’accords et ce n’est pas tous les jours que son représentant appose son paraphe à l’issue de négociations souvent décevantes. Notre dernière signature remonte à près de quatre ans, c’est vous dire si l’encre a le temps de sécher dans le stylo entre-temps. On peut affirmer sans crainte de se tromper que la graphomania animant certains élus n’est pas vraiment notre truc.

Nous avons cependant fait une exception à cette attitude, qui n’est évidemment pas de principe, pour l' »Accord en faveur de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes » que nous avons signé le 12 décembre dernier tant il nous semble important d’avancer sur le sujet. Hormis d’irréductibles machos, qui pourrait en effet s’opposer à une stricte égalité de traitement et de rémunération entre les hommes et les femmes effectuant les mêmes tâches et la même mission ? Il semble évident que la qualité de travail, l’assiduité et le sérieux de ces dernières valent largement ceux des messieurs.
Il est quand même à noter que trois des quatre organisations syndicales potentiellement signataires ont signé cet accord, ce qui s’avère rarissime. La CFE CGC Adecco, Force Ouvrière et la CFDT ont en effet jugé opportun de cautionner cet accord, ce qui ne nous dispensera pas de demeurer vigilant sur son application rigoureuse. Rappelons à ce sujet que chaque salarié a le pouvoir de nous alerter sur des situations qui lui sembleraient inacceptables ou en décalage avec les différentes clauses de l’accord. Au final, c’est toujours le salarié qui peut ou non faire avancer les choses en s’appuyant sur ses représentants.
Nous reviendrons plus en détail sur cet accord pour l’égalité professionnelle hommes-femmes afin de préciser un certain nombre de points nous paraissant essentiels dont les quatre axes prioritaires sont : la rémunération, l’articulation entre l’activité professionnelle et l’exercice de la responsabilité familiale, les conditions de travail et la formation. Comme les deux autres syndicats signataires, nous avons mis l’accent sur la promotion professionnelle qui nous semble trop souvent privilégier les hommes dans une entreprise dont le salariat s’avère féminin à 82%.
Même si cet accord reste essentiel à nos yeux, force est de reconnaître que, si l’on considère le critère rémunération, une lecture attentive du RSC 2012 (rapport de situation comparée) ne relève aucun écart significatif entre les hommes et les femmes. Adecco n’est à l’évidence pas le cancre de la classe sur le sujet. Pour rappel, la direction Adecco doit soumettre au comité d’entreprise, ou à défaut aux délégués du
personnel, un rapport écrit sur la situation comparée des conditions
générales d’emploi et de formation des femmes et des hommes dans
l’entreprise (Code du travail, article R. 2323-12). L’objectif est de permettre d’apprécier, pour chacune des
catégories professionnelles de l’entreprise, la situation respective des
femmes et des hommes en matière d’embauche, de formation, de promotion
professionnelle, de qualification, de classification, de conditions de
travail, de rémunération effective et d’articulation entre l’activité
professionnelle et l’exercice de la responsabilité familiale. C’est ni plus ni moins qu’une obligation légale.
L’aspect rémunération est essentiel mais il n’en reste pas moins qu’il subsiste d’importantes marges de progrès sur les autres points couverts par cet accord et nous reviendrons sur le sujet dès la semaine prochaine.

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