Le 25 avril dernier nous abordions déjà le sujet de la discrimination syndicale en rappelant les grands principes sur lesquels celle-ci s’établit et peut se constater. Il ne suffit pas de dénoncer de telles pratiques mais d’en apporter les preuves vérifiables. Chez Adecco, chaque délégué syndical collecte en principe un certain nombre d’éléments factuels de nature à prouver, le cas échéant, qu’il n’a pas fait l’objet d’un traitement équitable comparativement à des collègues non mandatés par une organisation syndicale. Nous allons voir comment cela se caractérise de façon très concrète.
La discrimination syndicale consiste donc en un traitement défavorable au délégué syndical perçu comme gêneur et empêcheur de tourner en rond. C’est le porteur des réclamations, interrogations, revendications du personnel et à ce titre, si il remplit pleinement sa fonction, ce qui n’est pas toujours le cas, il dérange. Disons même que plus il travaille et remplit avec intégrité sa mission, plus il gêne et fera l’objet d’ostracisme, de mesures de rétorsion et d’isolement. La discrimination syndicale se situe souvent à la hauteur de l’investissement du délégué. Le délégué-carpette n’aura, en principe, pas trop à se plaindre de discrimination.
Exemples concrets. Après sept années sans visite médicale il m’a fallu en appeler au DRH groupe pour obtenir un rendez-vous. Depuis – c’était il y a quatre ans -, je n’ai bien entendu plus de VM. Il faudra sans doute en appeler à l’administration, au président de la république ou au pape pour la prochaine visite. Dieu merci, la santé est bonne. Quant à la formation, vous oubliez tout de suite. Heureusement, la plupart des fédérations et confédérations syndicales proposent des formations diverses de très bon niveau grâce auxquelles un délégué syndical motivé peut maintenir et développer son employabilité.
Le délégué syndical n’est plus invité aux réunions de lancement, de rentrée ou autres tout simplement car il ne figure plus dans les groupes d’envoi. Pas de kick off non plus, même s’il est fan de Mickaël Jackson. Pas de « Way to work« , ni de « Win for youth« , ni autre américanolâtrie… 
Plus sérieusement, savez-vous qu’une bonne partie des délégués syndicaux ont toujours des contrats sur des fonctions qui n’existent plus dans l’entreprise ? Cela permet leur exclusion des groupes d’envoi et par conséquent de ne plus les inviter nulle part, ni leur faire suivre le moindre courriel. Prenons le cas d’un délégué syndical RGO. A quelle réunion voulez-vous l’inviter ? à quel collectif de travail puisque la fonction n’existe plus depuis le PDV ? Les locaux des délégués syndicaux sont souvent isolés et en tout cas éloignés de tout salarié Adecco de peur qu’ils n’en contaminent quelques-uns.
Et pourtant, malgré tous ces comportements délictueux, tangibles et traçables, on ne peut que s’étonner du peu de procédures lancées au titre de la discrimination syndicale. C’est tout simplement que la mission est passionnante, très prenante et que nombre de délégués syndicaux s’y retrouvent dans leur quotidien. Autonomes, confrontés à toutes sortes de problématiques, en formation permanente sur les aspects juridiques, conditions de travail, négociation, etc., ils se réalisent pleinement dans leur mission d’entraide, de soutien, tout en étant force de proposition et de revendication. Ceci dit, on ne peut qu’espérer une amélioration de la situation et que soit mis fin à la colossale hypocrisie entourant le prétendu dialogue social, expression  relevant de l’euphémisme beaucoup plus que de la réalité.

2 Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici