Parmi les nombreuses explications sur les causes de la dégradation, ces dernières années, de nos parts de marché, doit forcément figurer la perte d’innombrables clients glanés par nos anciens collègues ayant rejoint la concurrence. On sait que certains de nos confrères donnent priorité dans leurs embauches aux candidats issus des majors du travail temporaire et tout particulièrement d’Adecco. Une enseigne au moins s’est spécialisée dans la captation de salariés Adecco et cela semble ne pas trop mal lui réussir. C’est bien compréhensible puisqu’il s’agit de recrutements « clefs en main » de futurs collaborateurs expérimentés et formés mais surtout détenteurs d’un portefeuille clients dont ils n’auront pas grand mal à convaincre une partie d’entre eux de les suivre sous l’enseigne nouvellement adoptée.
A chaque fois, ce sont des clients, souvent anciens, qui basculent à la concurrence au détriment de l’agence Adecco et des équipes qui les composent et ce sont par conséquent des parts de marché qui s’envolent au profit d’acteurs petits et moyens de la profession. La méthode de ces enseignes peut évidemment être jugée discutable et très moyennement éthique mais, au final, à qui incombe la responsabilité première de cette fuite des talents et clients ? Les vraies questions à se poser ne sont-elles pas « pourquoi un salarié expérimenté et souvent performant en vient-il à quitter le leader de la profession pour rejoindre un concurrent de dimension nettement plus modeste, voire une PME ? »; « pourquoi l’entreprise s’est-elle délesté ces dernières années, à l’occasion de plans sociaux ou en dehors d’eux, de collaborateurs performants et impliqués dont il était évident qu’ils allaient, pour une bonne partie d’entre eux, exercer leur savoir-faire à la concurrence et par conséquent contre Adecco ? ». Chacun d’entre nous connaît au moins le cas d’un collègue devenu farouche concurrent à la suite d’erreurs managériales gravissimes ou par simple manque d’anticipation et de gestion des situations. Par manque de moyens aussi, bien souvent, par mesquinerie parfois. Comment expliquer aussi qu’en quittant le leader de la profession on puisse, dans une fonction similaire et sur une même zone géographique, augmenter ses revenus de 20, 30, 50%  ou davantage encore en rejoignant une entreprise de dimension infiniment plus modeste ?
On peut aussi s’interroger sur la pertinence, du point de vue de l’entreprise, d’une très fréquente levée de la clause de non-concurrence par souci d’économies à court terme, cette radinerie se payant ensuite et très rapidement au prix fort. N’est-il pas normal qu’un salarié expérimenté quittant son emploi, quelle que soit la raison de son départ, recherche à poursuivre sa carrière dans l’activité qu’il connait la mieux et dans laquelle il a joui de quelque succès ? On pourrait ici citer des cas qui furent et continuent d’être, depuis leur nouvel employeur, de véritables calamités pour Adecco, les ex-collègues en question ayant souvent des comptes à régler avec Adecco, leur ex-employeur dont ils font le concurrent à abattre en priorité. Peut-on leur jeter la pierre lorsque l’on prend en compte la façon dont ils ont bien souvent été traités ? D’ailleurs, la pérennité d’une entreprise ne peut être sans lien avec la part relative d’individus qu’elle a fâchés, qu’il s’agisse de clients, de permanents ou d’intérimaires. Mais pour les salariés restés chez Adecco, c’est un peu la double peine : témoins d’erreurs managériales et d’organisations dont ils ont eux-même à souffrir, ils se font en prime tailler des croupières par des collègues dont ils ont souvent été proches et même complices.
Bien que le sujet soit sensible et un peu amer pour l’entreprise, il y aurait une véritable réflexion à mener d’urgence, avec humilité et sans préjugés, sur l’intérêt bien compris d’une fidélisation des salariés. Il s’agit de toute évidence de l’une des nombreuses et très concrètes explications sur l’état de nos parts de marché mais pas seulement.

7 Commentaires

  1. Il y aurait tellement à dire…
    Après que Onsite m'ait piqué le gros client qui couvrait mes frais d'agence, que PME m'ait piqué mes petits clients qui me permettait de vivre et bien… je me suis cassé.
    J'ai donc repris une partie de ces anciens clients (et je continue) avec des prix réels, un vrai service et une joie de vivre sans commune mesure avec la vie d'avant.
    Mon nouveau patron a interdit les note de service dans son entreprise, il n'y a pas d'objectifs, pas d'entretien d'évaluation et il m'a repris à mon ancien salaire (d'avant la gande escroquerie).
    Dans la boite, on est quand même un bon paquet d'ex-Adecco et on travaille tous un peu pareil ça assure une sécurité juridique et financière à l'entreprise pour une formation nulle.
    Mais surtout, j'ai la haine qui fait que je veux détruire cette boîte qui m'a méprisé et forcé à partir pour gagner ma vie décemment.
    Et à tout ceux qui se plaignent dans les pages de ce blog, je dis : "seuls les poissons morts suivent le courant" !

  2. Ouaip, pareil pour moi !

    Mais attention pour les candidats au départ ; car ça demande quand même un bon niveau d'autonomie.
    En effet, dans les PME il faut savoir tout faire et il n'y a pas de "siège" et/ou "d'experts" à qui se référer en cas de besoins.
    A côté de ça, quel bonheur de ne pas avoir de casses-berles qui vous harcèle sans cesse afin de justifier leurs malheureuses existences d'inutiles sangsues.
    Et puis attaquer Adecco c'est quand même facile : les prix minis font que l'on connaît les coefs pratiqués, les augmentations automatiques c'est du régal pour ramasser les clients, les fermetures au public pour attirer les intérimaires et puis la lourdeur du paquebot démotive tellement les permanents, qu'ils ne se battent même plus pour garder leur clients.
    Je ne parle même pas du BTP ! Sur ma ville la "segmentation" a quasiment annihilée la présence d'Adecco sur ce secteur ; je me régale.
    Alors un grand merci et une longue carrière à nos bienfaiteurs.

  3. Ouais n'empêche que les méthodes d'Adecco (envers ses permanents) sont limites quand même !
    Tu préfères ?
    Encore un esclave heureux, je présume…

    Personne n'a dit que la vie ailleurs était idyllique ; mais moi, après 31 années passées dans la boutique, je peux te dire que j'en ai vu des combines inavouables.
    Alors Adecco n'a de leçons de moralité à donner à personne ; et ce n'est pas en paradant devant les médias sur des actions de pseudo implication sociétale avec sa fondation en bandoulière qui va changer le fait q'elle est dirigée par des des gens qui te méprisent et ne pensent qu'à s'en mettre plein les fouilles.
    Mais si ça te plait, t'es libre d'aimer la sodomie au fond…

  4. Je trouve les commentaires précédents terribles. Avoir une image négative d'adecco soit mais marcher sur la tête de ses anciens collègues de la sorte, les traiter avec le vocabulaire ci-dessus me choque profondément. Je suis un ancien d'Adecco, parti en aout 2013 et ma plus grande tristesse a été de laisser mes collègues et presque amis à leur sort. Je ne suis actuellement pas à la concurrence mais si un jour j'y vais, je saurais toujours parler avec respect des salariés du groupe, mes anciens collègues encore plus. Alors svp, modérer vos propos, un peu de politesse ne nous ferait pas de mal. Et par pitié, arrêtez avec cette sainte idée de tirer une gloire à être parti d'Adecco et de dire que ceux qui y sont encore sont "des esclaves heureux" et autres gentillesses. C'est présomptueux et hautains. Nos anciens collègues ont plus besoin de notre soutien que l'inverse. En vous comportant de la sorte, vous faîtes le jeu de la direction qui est de diviser pour mieux régner.

  5. Un autre (ex)esclave, mais malheureux, celui-ci…hein ?

    Je pense que les commentaires (un peu "musclés" il est vrai)ne s'adressent qu'aux éternels larmoyants que l'on peut lire à longueur de commentaires sur ce blog.
    Et puis on ne parle avec respect que de ceux qui le sont (respectables); s'il en reste quelques uns assurément ; permet-moi de te dire que beaucoup de ceux qui m'entourent méritent quand même amplement la mouise dans laquelle ils se trouvent.

    Pourquoi j'y reste ? Dans 8 mois la retraite mon gars !!!

  6. Tout à fait exact !
    Les pires hontes de ma vie ont quand même été les fameux "Kick Of" et je me souviendrai toujours de tous ces ânes applaudissant débilement leurs exploiteurs en entonnant à tue-tête les débilités qu'on leur avait concoctées.
    Quand tu as vécu ça, tu comprends beaucoup de choses sur les excès qui ont jalonné l'histoire de l'humanité.
    Alors "les pauvres collègues qui souffrent"… il y en a sûrement et j'en connait ; mais pour beaucoup, c'est quand même qu'ils le méritent.

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