Ça finit par abîmer…
La restructurite est une pathologie chronique récidivante dont on ne se débarrasse pas comme ça. Chaque restructuration ou réorganisation se trouve potentiellement porteuse de dysfonctionnements nécessitant des actions correctives qui elles-mêmes génèrent de nouveaux problèmes et ainsi de suite, à l’infini, jusqu’à l’absurde. Cela doit faire à peu près dix-huit ans, depuis l’absorption d’Adia, que l’entreprise modifie sans discontinuer ses structures. On fait, on défait, on refait, on scinde, fusionne, rapproche, regroupe, éclate, recalcule, réforme, révise et bouleverse sans cesse les organisations au détriment, faut-il le préciser, des hommes et des femmes relégués au second plan dans l’esprit de nos chers agités de la technostructure.
Autre aspect du problème : l’employabilité d’un Directeur général. Cette fonction se recrute à prix d’or car les conseils d’administration, perpétuellement en quête de la perle rare qui saura au mieux faire fructifier leurs précieux intérêts, rêvent toujours à l’homme providentiel, certes coûteux mais apte à mettre en œuvre l’organisation infaillible qui permettra de damer le pion à la concurrence et rafler un maximum de parts de marché. L’heureux élu ne peut donc prétendre assurer une gestion en bon père de famille et en charentaises et se voit, au contraire, dans l’obligation de « vendre » un projet, une idée qui lui permettra de rassurer, sinon de faire rêver, son propre patron et le conseil d’administration. Las, les formules magiques n’existent guère et, assez rapidement, les généreux sponsors se trouvent bien obligés de convenir que le mouton à cinq pattes n’en possède finalement que quatre et que l’heureux élu ne fait finalement pas mieux que son prédécesseur.
Ce raisonnement explique la durée de vie limitée des directeurs généraux. Selon notre statistique personnelle, entre deux et quatre années, parfois cinq, selon les entreprises et la conjoncture. C’est alors que claquent au vent les parachutes dorés, les exfiltrations convenues et les nouveaux challenges qu’il convient d’aller relever d’urgence… ailleurs. Quelques exceptions viennent bien entendu confirmer cette règle impitoyable.
Revenons concrètement à Adecco. Aujourd’hui, un ensemble d’indices convergents laissent présager d’importants changements dans les mois qui viennent. Il n’est pas impossible que certaines têtes tombent et qu’une énième réorganisation voie prochainement le jour. Retenez bien ceci car nous avons le courage d’annoncer et d’écrire les choses, au risque de nous tromper, mais il faut bien reconnaître que depuis près de sept ans, notre boule de cristal n’a que bien rarement failli à sa mission prédictive.
Ces réorganisations sont malheureusement toujours régressives, en conformité avec notre loi du « toujours plus, toujours moins » que nos lecteurs connaissent par cœur. Les autres pourront toujours s’en remettre au moteur de recherche de ce blogue. Nous nous interrogeons, par exemple et pour être plus précis, sur la survivance à moyen terme de trois directions opérationnelles. A réduire leur nombre à la plus simple expression, il y aurait encore des emplois de cadres, des locaux, des mètres carrés à gratter et des bénéfices à améliorer. Ce peut être une piste…
Les derniers paragraphes de cet article livrent donc un certain nombre de clefs à qui voudra bien lire ce qui est écrit mais aussi ce qui se trouve entre les lignes… Ce sont, pour nous, d’importants changements qui se préparent pour lesquels l’on prétextera une baisse de rentabilité d’agences siphonnées par un mode de calcul extrêmement néfaste pour les salariés. L’autre prétexte imparable, ce seront les parts de marché que l’on a plus ou moins sciemment perdues lorsque la mode penchait du côté de la rentabilité. Sans parler de GPTW. Selon nous, les bouleversements que nous laissons deviner s’échelonneront entre fin d’année et l’été prochain.

7 Commentaires

  1. Nous sommes déjà à poil… plus de salaire variable,des EDG incompréhensibles et complètement opaques, la guerre entre les réseaux ML et small, des TT qui ne savent plus qui les gèrent et des clients qui finalement sont bien mieux servis par nos concurrents à bien moins chers et bien plus facilement!!!!! quel gaspillage….

  2. Mois qui les ai tous connu (depuis Ph Beauviala), je dois bien avouer que l'actuel est bien le pire de tous !
    FD à côté c'était un aimable plaisantin…

  3. et l'oppacité des middle office ? pôles de gestion, centre de service, assistant de gestion, gestionnaire de compte … un grand bordel !!! quelles sont les fermetures à venir ???

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