La productivité, pour faire simple, c’est le rapport existant entre la production et l’ensemble des moyens mis en œuvre pour y parvenir. On peut aussi extrapoler en considérant que c’est aussi le résultat net en regard des moyens déployés pour l’obtenir. Si l’on accepte ce principe simple, on peut se dire qu’Adecco va de mieux en mieux et que sa productivité s’améliore de façon exponentielle quoiqu’il nous soit régulièrement affirmé. Ici et là, nous entendons dire qu’il nous faut encore et toujours améliorer la productivité  mais une telle démarche peut-elle se conduire à l’infini ?
Dans une activité de main-d’oeuvre telle que la notre et si l’on s’en tient au moyen essentiel que constitue le personnel, en prenant donc le rapport entre la valeur ajoutée et les effectifs permanents, nous assistons à une très forte progression de la productivité, notamment depuis 2011.
Pensez un peu, chaque permanent en CDI permettait, en 2011, de dégager 45 306 euros de valeur ajoutée et si ce chiffre régressait à hauteur de 38 969 euros en 2012, c’était pour s’envoler à 51 159 euros en 2013. Qui dit mieux ? Connaissez-vous beaucoup d’activités dont la productivité ait connu des accélérations aussi foudroyantes ?
Le prix à payer de cette embellie, nous le connaissons tous, malheureusement, et nous savons pertinemment que la diminution des moyens humains mis en œuvre pour obtenir les résultats que nous connaissons explique une si enviable productivité dans un contexte pourtant morose. PSE et PDV ont, à ce titre servi de formidable turbo à la productivité.
Est-ce à dire que l’entreprise s’en tiendra là, rassasiée par cette enviable progression ? Nos fidèles lecteurs, sympathisants et adhérents connaissent évidemment la réponse, dictée par l’implacable règle du « toujours plus, toujours moins ». Déjà, d’autres tempêtes se profilent à l’horizon et nous aurons bientôt l’occasion d’y revenir. Malgré et surtout à cause de l’agitation fébrile et la restructurite aigüe et chronique dont sont atteints nos dirigeants, les parts de marché demeurent en berne. L’hémorragie de talents qui aujourd’hui ferraillent contre nous depuis la concurrence, quelques aberrations managériales et l’instabilité démentielle des organisations et systèmes de rémunération, sans parler de probables erreurs stratégiques de fond, ont lourdement plombé l’entreprise, la menant au bord du précipice. Ce constat lucide que nous posons depuis des années se trouve partagé par un nombre de plus en plus élevé de cadres de tous niveaux comme de non-cadres et, au-delà des crispations et légitimes colères, nous assistons aujourd’hui à la montée d’une inquiétude grandissante qu’aucun aménagement hâtif et partiel ne semble devoir apaiser. Nos points de vue et analyses, longtemps ignorées, voire méprisées semblent avoir cheminé en profondeur pour être reprises aujourd’hui par nombre de salariés, hier incrédules.
Les grands changements à venir n’auront évidemment qu’un faible portée positive tant que ne sera pas posée clairement et courageusement, sans tabou aucun, l’origine des causes profondes de la situation actuelle. La direction aura-t-elle ce courage salutaire ?

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