Comment gagner plus d’argent dans un marché stagnant, voire récessif, à la rentabilité en baisse ? Nos lecteurs habituels connaissent évidemment la réponse à cette colle et nous ne leur ferons pas l’injure de rappeler la règle du « toujours plus, toujours moins ».
Notre sémillant PDG monde, PDM, vient d’affirmer haut et fort qu’Adecco atteindra son objectif de marge en 2015  et ceci en dépit de la croissance atone de la zone euro. Pour le dire simplement, quelle que soit la conjoncture, la concurrence, la pression sur les tarifs et les difficultés de l’économie européenne et mondiale, Adecco continuera à augmenter ses bénéfices en 2015.
Ainsi donc, PDM a-t-il déclaré à la presse helvète « Je reste persuadé que nous atteindrons
cette année une marge de 5,5% sur le résultat avant intérêts, impôt et
amortissements (Ebita)
« . Rappelons qu’il s’agit d’un objectif groupe et que la France caracole déjà nettement au-delà de cet objectif avec un Ebita à 5,9%. Mais notre PDG ne se contente pas d’être ambitieux et se pose aussi volontiers en visionnaire lorsqu’il prédit une augmentation du chômage que ne manquera pas, selon lui, de provoquer un franc suisse fort.
Quant à ses conseils sur la flexibilité de l’emploi, rien de bien original puisque c’est la reprise mot pour mot du credo ultra-libéral. Selon lui, la flexibilité, c’est « avoir un emploi à temps partiel plutôt qu’à plein-temps, acquérir de
nouvelles compétences, voire faire des concessions au niveau du
salaire
« . En gros, ce sont des petits boulots, du temps partiel et des salaires à la ramasse, l’acquisition de nouvelles compétences en prime.
J’ai toujours été un peu (beaucoup) agacé par ces chantres de la flexibilité, eux-même en CDI depuis 10, 20, 30 ans ou plus et grassement rémunérés, venant nous vanter les vertus de la souplesse dans les contrats, du temps partiel et du CDD, engoncés dans leur moelleux fauteuil en cuir. Que le salarié précaire ne puisse bâtir aucun projet, celui de fonder un foyer par exemple, pas même envisager l’achat d’un modeste véhicule et, évidemment, encore moins celui d’un logement, ne semble guère perturber le moins du monde leur conscience assoupie.

Bref, en 2015, nous risquons fort de demeurer « leader par les coûts », expression pudique pour rappeler que le résultat qui ne se fera pas par la croissance du niveau d’affaires se fera sur la structure.

En 2015, sortez couverts : adhérez à la CFE-CGC

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