La frange la plus activiste du MEDEF n’en finit plus d’enchainer les provocations et les petites phrases bravaches. On sait que nombre d’entre eux chargent le droit du travail et le contrat à durée indéterminé de tous les maux de la terre. Sans ces contraintes pesantes, les entreprises embaucheraient à tour de bras, promis juré.
La dernière lubie en date, la fixette du moment de notre inénarrable Pierre Gattaz, comique à ses heures, c’est le « contrat sécurisé ». On se calme. Je vous vois venir. Vous imaginez sans doute davantage de sécurité et par conséquent sérénité dans l’emploi pour les salariés, bande de Bisounours que vous êtes ! Non, pour M’sieur Gattaz et son entourage, il urge de sécuriser le contrat pour l’entreprise en empêchant les salariés d’ester en justice et plus particulièrement aux prud’hommes. Il s’agit clairement, dans l’esprit des concepteurs du machin, de prévenir le recours des salariés aux Prud’hommes en cas de licenciement. Tout cela, au nom de la libération de l’emploi et de la confiance qu’il convient d’accorder sans sourciller aux entreprises. De manière générale, se méfier des expressions dont l’un des termes rassure en exprimant le strict contraire du concept ainsi camouflé.
Pour faire simple, il s’agirait de prévoir à l’avance, de manière contractuelle, les causes réelles et sérieuses pouvant justifier un licenciement et d’anticiper par conséquent l’ensemble des conditions de rupture afin d’entraver toute velléité du salarié de faire valoir ses droits devant la justice. On connait par ailleurs les éléments de la réforme des prud’hommes contenus dans la loi Macron et destinés à amoindrir leur pouvoir. Il s’agit donc bien d’un contrat sécurisé pour l’entreprise au détriment du salarié.
Aujourd’hui, l’entreprise tient à sa disposition une palette impressionnante de contrats de nature à répondre à l’ensemble des besoins de l’entreprise : CDI, CDD, Travail temporaire, CDD à objet défini, CDD à objet mission, portage salarial, sans parler des contrats aidés, stagiaires, alternants et j’en passe. L’acharnement anti-CDI procède plutôt d’une posture idéologique bien ancrée chez certains et la modernisation semble avoir le dos large, véritable alibi pour tous les démontages et détricotages passés, présents et à venir. Une étude comparative au plan européen démontre par ailleurs clairement que, contrairement à la vulgate soigneusement entretenue dans les milieux libéraux, le France n’est pas le pays dont la législation du travail est la plus protectrice. Elle se situe, bien entendu dans la fourchette haute mais sans plus.
Concernant ce contrat prétendument sécurisé, la position de la CFE CGC, par la voix de sa présidente est nette et sans ambiguïté lorsqu’elle déclare : 
« Aujourd’hui clairement, la CFE-CGC ne peut accepter la proposition du
MEDEF sur le CDI sécurisé dont la dénomination peut être séduisante,
mais dont le contenu est sidérant de mauvaise foi !

Sécurisé pour qui ? Uniquement pour l’entreprise, là nous disons : hors de question ! »
Chez nous, pas de réformisme sirupeux, ni de consensus compromettant mais la posture d’une franche négociation au grand jour et dans l’intérêt réel des salariés.

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