Chaque salarié permanent a récemment reçu un courrier signé de notre Président et contresigné par notre Directeur général Adecco France, expliquant sobrement les raisons de l’attribution d’une prime de 200 € pour chaque salarié permanent. Il s’agit de célébrer un « bon cru 2015 », fruit du retour à la croissance du marché et du maintien d’une « politique tarifaire vertueuse ».

La prime tient donc lieu de remerciement sonnant et trébuchant  et il s’agit, comme cela a été dit et répété, d’un remerciement collectif pour l’engagement et les efforts de tous. Nous prenons acte du geste avec d’autant plus de bonheur que nous sommes, avec d’autres élus de certains des syndicats présents dans l’entreprise, à l’origine de sollicitations réitérées en ce sens. Nous ne pouvons que nous réjouir d’un geste que nous sollicitions depuis des nombreuses années et tout particulièrement ces derniers mois.
Que vous ayez 5, 10, 15, 20 ans d’ancienneté ou davantage, avez-vous déjà bénéficié d’une prime imprévue, non contractuelle, versée uniquement à titre de remerciement ? Non, bien entendu, et cette prime constitue à la fois une excellente nouvelle et une première prometteuse dans l’entreprise. Ne faites-vous aucun rapprochement avec le versement en mai dernier d’un rattrapage de participation ? Croyez-vous vraiment que ces deux bonnes nouvelles n’ont rien à voir entre elles ou pensez vous plus raisonnablement que les cadeaux ne tombent pas du ciel, ni de la hotte du Père Noël mais plutôt que chaque avancée salariale résulte d’un engagement, d’une sollicitation répétée et de l‘action constante de quelques élus au rang desquels nous prétendons figurer en bonne place ?
Nous en revenons au titre de cet article et à l’étrange oubli du courrier de la direction. Pourquoi n’avoir pas même mentionné que cette prime vient couronner des mois de négociation et qu’elle répond à une de nos revendications majeures défendues bien en deçà et au delà des négociations salariales ? Pourquoi avoir « oublié » d’évoquer nos suggestions et nos relances assidues en faveur d’une prime exceptionnelle dont vous trouverez d’ailleurs de multiples mentions sur ce blogue ? La plus récente datant du lundi 25 janvier, dans notre article « NAO Adecco : peut mieux faire« , dans lequel nous écrivions notamment « Bref,
pas de quoi s’étouffer et l’entreprise poursuit sa politique
d’austérité salariale alors que  vient d’être finalisé le rachat de 3,9
millions d’actions pour un montant global de 250 M€, deux-cent-cinquante
millions d’euros, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs. Pensez un peu,
qu’une prime exceptionnelle de 1 000 euros, par exemple, versée à chacun
des 3 500 permanents ne représenterait jamais que 3,5 M€ et là, l’on
vous parle de 250 M€ qui eux-mêmes ne représentent jamais qu’environ 2%
du capital de l’entreprise. Inutile d’épiloguer, n’est-ce-pas ? »

Pour mémoire, la prime exceptionnelle fut annoncée le 28 janvier, soit trois jours après la publication de cet article.

L’étrange oubli du courrier de la direction c’est donc l’absence de toute mention du dialogue social dont les (trop) timides avancées bénéficient à tous les salariés, adhérents ou non d’une organisation syndicale. La prime exceptionnelle de 200 €, geste inédit dans l’entreprise, résulte précisément et à l’évidence de notre action constante et il eut été honnête et courtois de le rappeler, ce qui n’enlevait, ni ne diminuait en rien le mérite de la direction dans cette affaire. Adecco doit continuer à progresser dans la reconnaissance du dialogue social, seul véritable moteur des avancées en matière de conditions de travail et de rémunération.

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