Ne dites-pas « rien ne va plus » mais plutôt « tout va bien »
Ceux qui suivent l’actualité du groupe auront forcément été intrigués par les dizaines d’articles de presse annonçant cette semaine l’effondrement des résultats nets du groupe Adecco en 2015 passant de 638 M€ à… 8 M€ en 2015. 
La mise en perspective de ces deux montants aurait de quoi inquiéter le plus placide d’entre tous les salariés mais cette quasi-disparition du résultat net ne semble pourtant pas inquiéter le moins du monde la presse économique et ne constitue que l’une des données de l’analyse financière d’une situation qui, malgré ce désastre apparent demeure plus qu’enviable.
En effet, si le résultat net chute, ce n’est que la conséquence d’une dépréciation
exceptionnelle de 740 million d’euros liée à des changements législatifs en
Allemagne rendant nécessaire la dépréciation de la survaleur payée lors
d’acquisitions antérieures.Il ne s’agit donc que d’un énième tripatouillage financiaro-financier et l’effondrement du résultat n’a par conséquent rien à voir avec une santé brusquement défaillante du groupe. On ne peut d’ailleurs s’empêcher de penser que le nouveau président de Adecco, soucieux des affichages à venir, ne profite de sa prise de fonction pour toiletter au mieux les comptes afin d’afficher à court-moyen terme des progressions de résultats enviables. Classique mais ça plait toujours.

Le résultat du dernier trimestre 2015 se montre à la hauteur de 2014, avec 184 M€ tandis que le chiffre d’affaires croissait de 5% (4% sur l’ensemble de l’année). Le dividende proposé aux actionnaires progresse de 14% pour passer à  2,40 CH, taux supérieur aux attentes des analystes financiers et qui laisse rêveur si l’on pense aux interminables années de blocage salarial chez Adecco et au taux de rémunération du Livret A…
Le chiffre d’affaires quant à lui, s’envole de +10% (22 milliards €), ce qui par les temps qui courent ne doit pas être si fréquent. Sur le plan opérationnel, le résultat EBITA s’établit à plus de 1 milliard d’euros, pour une marge relevée à 5,2%. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes et, cette fois encore, les sanglots ne seront pas de mise.
Pour 2016, la nouvelle direction, annonce qu’elle se concentrera sur les nouveaux objectifs stratégiques dévoilés en janvier et l’année démarre effectivement fort avec une la croissance organique de
déjà près de 4%. Gageons que 2016 devrait être un grand cru, tout au moins pour ce qui concerne la finance.
Donc comme nous l’annonçons cycliquement, à chaque publication des résultats du groupe, tout va très bien, si bien d’ailleurs que Adecco vient d’annoncer la reprise du groupe britannique Penna Consulting pour le bagatelle de 136 millions CH.

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