Les
salariés français passent plus d’une heure par jour sur internet à des
fins personnelles, ce qui représente un mois par an, selon une étude
publiée jeudi par l’éditeur de logiciels de filtrage du net Olfeo. Et
vous, cela vous arrive souvent de surfer perso ?

 

En
analysant les connexions internet d’entreprises, l’éditeur a repéré que
les salariés ont consacré en 2015 2 heures 10 de leur temps chaque jour à
naviguer sur internet, dont 1 heure 15 minutes (58%) à des fins
personnelles. Soit l’équivalent d’un mois par an. Des chiffres impressionnants !

L’éditeur
de logiciels de filtrage estime la baisse de productivité induite par le
surf privé à 17,6%, a constaté une progression l’an dernier de la
consultation des sites d’actualité (de 7%), tandis que les réseaux
sociaux ont été en baisse (de 3%), sans doute parce que les employés
sont de plus en plus équipés de smartphones.

Hors
moteurs de recherche type Google, les catégories les plus visitées au
bureau quel que soit le pays sont les sites d’actualités et médias, les
blogs, les forums, les wikis et plateformes vidéo/radio. Sans surprise,
les sites les plus visités au bureau sont ceux de Youtube, Facebook,
Wikipédia et Yahoo actualités, suivis de Comment ça marche, Le bon coin,
LinkedIn et Amazon.

Les sites d’actualité en forte progression

Face à une
actualité importante (notamment les attentats), les salariés ont été
plus nombreux (+7%) à consulter les sites d’actualités. Les pages du
journal Le Figaro et du Monde sont respectivement 12e et 14e, celui de France TV est 15e et L’Equipe 17e.

Un quart
des sites du top 20 sont désormais des sites d’actualité, ou agrégeant
du contenu d’actualité des sites d’information. C’est deux fois plus que
dans le précédent classement. 

L’étude a
été menée en 2015 auprès de plus de 100 entreprises représentant plus de
150.000 salariés et se fonde sur l’analyse des journaux de connexion à
internet fournis par les serveurs proxy.

Si la
plupart des employeurs tolèrent l’utilisation raisonnable d’internet à
titre personnel, l’emploi abusif de la connexion internet à des fins
personnelles peut justifier une sanction disciplinaire allant jusqu’au
licenciement.

Surfer sur internet au bureau, quels risques ? Faisons le point sur la jurisprudence.
 

« Peut-on me virer parce que je surfe trop au bureau ? »

Les
licenciements 
fondés sur un usage abusif des nouvelles technologies
(messagerie électronique et Internet) sont de plus en plus fréquents.
Cependant, la seule utilisation déraisonnable à des fins personnelles,
en dehors de toute concurrence déloyale ou de comportement inapproprié
envers d’autres salariés ou des tiers, justifie-t-elle un licenciement
pour faute grave, privant le salarié du préavis et de l’indemnité de
licenciement ?

La Cour de
cassation s’est récemment penchée sur le cas d’une salariée engagée en
qualité de responsable juridique opérationnelle et licenciée pour faute
grave. Son employeur lui reprochait de s’être connectée pendant son
temps de travail et de façon excessive à de nombreux sites
extraprofessionnels : agences de voyages, comparateurs de prix, marques
de prêt-à-porter, guides de sorties, presse régionale, réseaux sociaux
et magazines féminins. En moins de trois semaines, plus de 10.000
connexions avaient été recensées. Pour sa défense, la salariée soutenait
qu’elle n’avait jamais obtenu de description de son poste ni de
consignes claires de l’employeur sur les tâches lui incombant. Cet
argument n’a pas convaincu la Cour, qui a décidé qu’une telle
utilisation d’Internet pendant le temps de travail pouvait présenter un
caractère particulièrement abusif et constitutif d’une faute grave
(Cass. soc., 26/2/2013).

Le manque
de précision de l’employeur sur les missions du salarié n’est donc pas
retenu comme une cause exonératoire. A l’avenir, il pourrait en être de
même du manque de travail. On déconseillera donc à un salarié, même
désœuvré, de passer trop de temps sur Internet. De plus, les
juridictions semblent peu sensibles à la période retenue pour examiner
les connexions du salarié. Dans le cas présent, celles-ci étaient en
effet largement intervenues au cours des deux semaines des fêtes de fin
d’année, période d’activité moins marquée dans nombre d’entreprises.

Bien que
la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil)
recommande aux entreprises de laisser les salariés user des outils
informatiques pour leurs besoins personnels tant que cette utilisation
reste raisonnable, le message de la Cour est clair : n’abusez pas
d’Internet au bureau  !
Source : CFE-CGC Pimkie

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