C’est maintenant devenu un rituel, comme pour les Oscars, chaque année à la même période le groupe Adecco lance une opération du type « vis ma vie » proposant à un étudiant dûment sélectionné de vivre un parcours de PDG Adecco durant un mois. L’opération OuaneJobToubosse, c’est son nom, essentiellement action de communication laissant entendre qu’un jeune étudiant secondera pendant un mois le PDG, en l’accompagnant quotidiennement dans ses moindres déplacements et obligations.
Dans ses deux premières éditions, l’affaire avait fait jaser puisqu’il était affiché un enviable salaire mensuel de 7 000 euros pour ce prestigieux CDD, sans doute un peu cher payé en regard des rémunérations du réseau… Ceci dit, lorsque l’on connait les rémunérationS hors normes des dirigeants dans le travail temporaire, on peu considérer que ces pauvres 7 000 euros ne représentent qu’un pourboire comparés à la rémunération de notre véritable  PDG. Tout au plus une journée de salaire et encore, sans les stocks-options et autres jetons de présence.
Mais que cette somme puisse choquer le salarié permanent qui trime depuis un certain nombre d’années pour un salaire inférieur à 1 500 € reste bien compréhensible… Cette année, beaucoup plus pudiquement et, disons-le, adroitement, la direction propose une enveloppe de 7 000 euros destinés à financer une partie de l’année d’étude à venir, ce qui n’a évidemment pas la même résonnace. J’avoue avoir hésité en 2014 à postuler, comme je le narrais avec un brin d’humour sur ce blogue : « Théoriquement, chacun peut postuler sur le poste et je vous avoue que
j’ai longuement hésité à le faire. J’aurais pu informer, sur ce blog, au
jour le jour, l’ensemble des salariés de mon expérience de
Président-adjoint et je pense que ce n’aurait pas été triste. On en
pleurerait (de rire) dans les chaumières. Encore aurait-il fallu être
sélectionné, ce qui n’est pas gagné… D’autant que j’ai pris
connaissance de la clause limitant l’accès aux moins de vingt-six ans,
sans doute afin de bénéficier de je ne sais quel dispositif « jeunes » et
de je ne sais quelle exonération. Pour le seniors, il s’ouvrira
peut-être un petit job de laveur de carreaux ou de cireur de pompes de
président. L’actualité récente nous a prouvé que ce dernier boulot a
encore des débouchés dans le monde politique. Je reste à l’affût ».
Il n’empêche pas moins que le succès de l’opération ne se dément pas et on se souvient qu’en 2015, c’était, officiellement plus de 1 500 dossiers de candidature qu’avait collecté le site. Cette année encore,  les nombreux candidats, présélectionnés sur CV et lettre de motivation (80 environ), devront répondre à un questionnaire en ligne d’anglais, de logique et de personnalité, afin de vérifier l’adéquation entre leur profil et leur état d’esprit avec l’entreprise. Ce seront 21 finalistes qui, à la suite de ce tamis, participeront à une journée de mise en situation. Notons avec regret que jamais n’ont été présentées les instances représentatives du personnel à ces jeunes PDG en herbe. Dommage, car le dialogue social, nous ne cessons de le chanter sur tous les tons, fait partie intégrante de la vie d’une entreprise.
Un grand oral devant un jury désignera le vainqueur le 9 juin 2016. Pour
les recalés, rien n’est perdu, car en plus d’un solide retour sur leur
candidature, une dizaine d’entre eux se verront proposer des stages, plus ou moins longs, auprès des dirigeants des filiales du groupe. Pour les autres, il devrait être prévu autocollants, jetons de caddy et porte-clefs.

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