Sea, cash and sun…
L’affaire dite des « Panama Papers », ce qui signifie littéralement les « documents panaméens » en français, concerne la révélation publique de plus de onze millions de documents confidentiels relatifs aux montages financiers et fiscaux de plus de 200 000 sociétés offshore mais aussi et surtout à l’identité des heureux actionnaires de ces entreprises de papier. Sont ainsi épinglés des milliers de célébrités, hommes politiques, sportifs, chefs d’État dont notamment ceux de six pays : l’Arabie saoudite, l’Argentine, les Émirats arabes unis, l’Islande, le Royaume-Uni et l’Ukraine. On y trouve aussi des proches de chefs d’État et des membres de gouvernement d’une quarantaine de nations dont, bien entendu, la France, fourvoyée sur ce tableau de déshonneur, au même titre que la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, la Malaisie, le Pakistan, etc.

Quelques obstinés chercheurs se sont amusés à rapprocher les listes de ces investisseurs à la fibre exotique avec celle des 500 plus grandes fortunes françaises et, parmi quelques noms prestigieux tel Hennessy, nous retrouvons en bonne place un certain Philippe Foriel-Destezet, fondateur du groupe Ecco en 1964 et toujours détenteur à ce jour de 5,5% du capital du groupe Adecco. 
Selon les révélations des fameux « Panama Papers », Foriel-Destezet, visiblement amoureux des charmes d’une nature inviolée et des archipels ensoleillés – ce qui, reconnaissons-le change du fog londonien -, aurait investi depuis 1994 dans diverses entreprises domiciliées aux Iles Vierges et au Panama – manque plus que les îles Caïman -, ceci en son nom propre ou via Akila. Les noms évoqués fleurent à plein naseau la finance anglo-saxonne. Jugez plutôt :  Conservation Tourism Ltd, Rain Forest Tram Ltd, Elite Shore Excursions,
Peninsula Investments Group Inc et American Wildlife Adventures
. Toutes
ces sociétés renvoient à des activités réelles en Amérique centrale :
des activités dans la forêt au Costa Rica, au Panama ou encore à Sainte-Lucie, sous le nom commercial Rain forest adventures, ou encore la construction d’un parc d’attraction aux îles Vierges britanniques.
Si la misère s’avère moins pénible au soleil, comme le chantait Aznavour, il semble que la grande fortune n’y soit pas mal lotie non plus… 
Bien éloignés de ces boursicotages sans aucun doute fructueux, nous avons, beaucoup plus prosaïquement, à affronter au quotidien à la fois baisse et surtout précarisation des effectifs, régression des salaires et dégradation des conditions de travail (cf. le non renouvellement des CDD, pour prendre ce seul exemple). Rappelons une fois de plus que nous sommes probablement la SEULE entreprise du territoire national à n’avoir procédé à AUCUNE augmentation générale des fixes depuis une dizaine d’année. 
C’est tout à la fois rarissime, inimaginable, indigne et inacceptable. Mais quand on considère qu’environ un salarié permanent sur quatre vote aux élections professionnelles, on en vient parfois, les jours de bourdon, à se demander quelle bonne(s) raison(s) nos dirigeants pourraient bien avoir de casser leur tirelire. Franchement ?

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