Une carotte doit être motivante, pas dissuasive…

Du 8 au 26 août, rediffusion du meilleur de l’année. Publié le 24 novembre 2015


Directeurs d’Unité opérationnelle et Directeurs multi-sites vont-ils
être les dindons de la farce « CT budgétée ». C’est la question qu’un
certain nombre d’entre eux commence à se poser sérieusement.

Rappelons pour mémoire que le montant-cible de la rémunération variable
pour un Directeur d’agence s’élève à 25% du montant annuel de sa
rémunération fixe. Ce montant-cible correspond à l’atteinte du budget,
c’est-à-dire à 100% d’atteinte. Jusque-là, tout va bien, pourrait-on
dire.

Qu’en est-il maintenant des cadres responsables de plusieurs centres de
profit, c’est-à-dire les DUO et DMS ? Eh bien, malheureusement, c’est
exactement le même taux qui leur est appliqué : 25 % de leur
rémunération fixe annuelle. Et, entre parenthèses, c’est là où l’on
commence à mesurer l’un des aspects délétères du gel prolongé – durant
huit années – des rémunérations fixes. C’est la démonstration limpide
d’une double peine en termes de rémunération : celle des salaires figés
huit années durant à laquelle s’ajoute le manque à gagner d’un taux
d’intéressement qui leur est indexé.

Certains commencent à trouver la potion amère et se demandent où se
situe l’intérêt de manager, gérer et développer un deuxième, troisième,
quatrième… centre de profits. Beaucoup plus de contraintes, de soucis,
de déplacement, de management, d’action commerciale, de problèmes
divers et variés pour une même enveloppe de part variable. Quel intérêt,
hormis une hypothétique satisfaction dans l’affichage de la fonction ?
Mais le titre ne nourrit pas son homme. Pourquoi se décarcasser beaucoup
plus pour gagner la même chose avec, en plus un risque accru de ne pas
atteindre ses objectifs ? En effet, il est encore plus difficile
d’atteindre deux, trois ou quatre budgets qu’un seul.

La direction s’est-elle posé ces questions avant l’établissement des
règles de la Contribution totale au budget et, dans l’affirmative,
s’agit-il d’une manière délibérée de dissuader les DMS et DUO puisque
l’on sait que la tendance au démontage de ces structures flotte dans
l’air du temps. A moins qu’il ne s’agisse d’une négligence et elle
serait alors de taille… Chacun répondra à cette double interrogation
comme il l’entend.

En tout cas, plusieurs cadres concernés  nous ont fait part de leur
volonté d’être rapidement délesté d’agences pour lesquelles ils ne
toucheront pas le fruit de leur investissement personnel. Si l’on
voulait les démotiver on ne s’y serait sûrement pas pris autrement.
Pendant ce temps-là, les parts de marché continuent à décliner,
irrémédiablement semble-t-il.

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