Du 8 au 26 août, rediffusion du meilleur de l’année. Publié le 8 avril 2016
 
L’entreprise
n’est pas est ne peut être une succursale du royaume des Bisounours.
Elle a vocation à gagner de l’argent en vendant au mieux un produit, une
prestation ou un conseil, pour faire simple. Ceci dans le respect d’un
certain nombre d’obligations sociales, juridiques, fiscales et autres.




Relatons,
avec toutes les précautions d’usage, l’appel que nous avons récemment
reçu d’un Directeur d’agence qui, après 17 années de bons et loyaux
services, décide de s’en aller exercer ailleurs ses talents. Ayant
annoncé, ce qui n’est pas forcément souhaitable, à son supérieur
hiérarchique sa promesse d’embauche dans une entreprise de la région, il
en vient à lui demander le bénéfice d’une rupture conventionnelle aux
fins d’obtenir un petit pécule. Rappelons que pour la conclusion d’une
rupture conventionnelle, il faut être deux… et qu’en l’occurrence le
hiérarchique en question ne voyait aucunement l’intérêt de verser le
moindre fifrelin à un collaborateur annonçant son départ et la signature
d’un bon CDI dans une entreprise…. Cela s’apparenterait à un cadeau
mais au non de quoi ?




Offusqué,
notre Directeur d’agence rappela avec émoi son engagement sans faille
au service d’Adecco, ses résultats enviables et durables obtenus tout au
long de son parcours dans l’entreprise et l’excellent état d’esprit
dont il avait, affirma-t-il, toujours su faire montre. Sans parler
d’innombrables autres vertus personnelles qu’il avait su prodiguer sans
compter à l’entreprise. En bref, le message sous-jacent semblait limpide
: « avec tout ce que j’ai fait pour vous, vous allez bien me faire un
petit chèque ? S’il vous plait… » Sourire attendri et bienveillant du
hiérarchique devant tant de candeur mais qui n’en maintint pas moins
fermement sa position, celle de l’entreprise, une position regrettable mais somme
toute parfaitement logique. A quoi bon faire un chèque-cadeau à un
salarié désireux de quitter l’entreprise ? Il a travaillé ? Fort bien,
mais a perçu pour cela une rémunération vous rétorquera la direction.
Une entreprise ne paie que lorsqu’elle escompte un quelconque intérêt
ou à l’issue d’une procédure prudhommale défavorable pour elle. Elle
sait parfois se montrer généreuse pour des salariés représentant une
menace, réelle ou supposée, un pouvoir de nuisance ou porteurs
d’informations sensibles qu’il serait fâcheux de divulguer. Le prix du
silence. Un responsable financier, par exemple, mais pas seulement. Mais sinon, pourquoi payer ? En général, lorsque l’on paie, c’est bien pour acheter quelque chose, non ?



De
telles situations nous laissent toujours un peu perplexes. Dans notre
situation de représentants de personnel, que faire et dire face à tant
de naïveté sans risquer de blesser des salariés intègres et de bonne
foi, souvent professionnellement efficaces mais peu au fait des réalités
de l’entreprise (et parfois de la vie…) ? Écoute, conseil et un petit
cours accéléré de démystification suffisent en général à solutionner
ces petites incompréhensions. Nous sommes aussi là pour cela.

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