Article relevé sur « L’Usine digitale » :


Selon le président d’Adecco France, « le digital est un levier pour créer toujours plus de valeur pour le client final »
Adecco annonce la création d’Adecco Analytics, une sorte de start-up interne, comme l’explique Christophe Catoir le président de la filiale française dans l’interview qu’il nous a accordé. L’occasion de faire avec lui le point sur la transformation digitale de son entreprise et de décrypter l’apport du digital au métier de l’appariement entre une offre et une demande. Avec cette nouvelle offre, le groupe veut proposer plus de services à ses clients. 
Vous annoncez aujourd’hui le lancement d’Adecco Analytics. Où en êtes-vous de votre stratégie numérique ?
 
Christophe Catoir : La question de la transformation numérique
est une priorité stratégique depuis un an pour notre groupe. La France
est le pays où nous lançons  Adecco Analytics qui sera ensuite déployé
au niveau international. Pour nous, la transformation digitale a pour
objectif de créer de la valeur pour nos clients en ayant en tête que la
valeur à créer n’est pas la même selon les secteurs, les tailles
d’entreprises ou la localisation. C’est pour cela que nous avons recruté
un directeur marketing et digital, plutôt qu’un CDO. Le signal est fort
: le numérique a pour objectif de mieux satisfaire nos clients. Pour
cela, il y a deux voies : la création de services innovants dans notre
métier d’intermédiation et la création de nouvelles expériences de
recrutement.

Quelle est la spécificité d’Adecco Analytics dans ce dispositif d’ensemble ?

 
C’est une structure qui compte 6 personnes en France, avec à leur tête
Martin Vitkine. C’est un peu notre start-up interne qui va être active
dans la création des nouveaux services que je viens d’évoquer. Un
exemple pour vous expliquer ce que nous allons faire : nos entreprises
clientes élaborent un cahier des charges pas toujours très réaliste au
regard de la réalité de certains bassins d’emploi (niveau d’expérience,
de rémunération…). Les données rationnelles d’Adecco Analytics
permettent de bien repositionner ce cahier des charges dans le contexte
local et d’en assurer une forte probabilité de réalisation.
« Nous utilisons de plus en plus le programmatique pour trouver les bons
profils, plutôt que d’acheter des mots clés sur les moteurs de
recherche. »
Christophe Catoir : Laissez-moi vous donner un autre exemple : certaines entreprises,
notamment des grands groupes, voudraient avoir des recrutements plus
dynamiques. Un constructeur automobile qui a besoin aujourd’hui de
techniciens de maintenance sur ses lignes de production nous dit qu’il
aimerait que, dans deux à trois ans, ils puissent aller vers des postes
de pilotes de machine à commandes numériques. Ce que nous devons trouver
pour ce client, ce ne sont pas seulement des compétences immédiates,
mais des gens ayant des qualités d’adaptation. Le digital nous aide à y
réussir, comme nous pouvons identifier ceux qui ont des personnalités
compatibles avec la culture de l’entreprise, en étudiant les profils de
ceux qui ont réussi.
Le numérique est un moyen d’aller plus vite, d’être plus réactif. Par
exemple, nous utilisons de plus en plus le programmatique pour trouver
les bons profils, plutôt que d’acheter des mots clés sur les moteurs de
recherche.

C’est l’arrivée du big data dans votre métier, non ?

 
Christophe Catoir : Oui. Nous avons commencé à le faire dans notre filiale Altedia qui
s’occupe de reconversion professionnelle, où ces outils nous aident à
trouver la meilleure reconversion possible en fonction de la profession,
des évolutions souhaitées. On peut même trouver la meilleure formation
disponible possible pour réussir la reconversion.
Peu à peu, nous avons adossé d’autres datas, nos données propres (1,3
million de candidats viennent sur notre site chaque mois) mais aussi des
données publiques comme celles de Pôle Emploi, de l’Insee ou de la
Dares, ainsi que celles de partenaires tels que Textkernel. Nous avons
160 millions de data qui seront mises à jour tous les mois.
Cela nous rendra plus efficace. Nous pouvons aussi faire de nouveaux
services pour des parties prenantes avec lesquelles nous avons
travaillé, qu’il s’agisse des conseils régionnaux, des branches
professionnelles ou encore des OPCA. Nous sommes en mesure de leur
donner des informations précises sur leur bassin d’emploi par exemple.

D’autres entreprises du secteur ont noué des partenariats avec des start-up. Pas vous ?

 
Christophe Catoir : Pour arriver là, nous avons fait un start-up tour. Nous avons rencontré
180 start-up dans 12 villes. Nous avons noué une douzaine de
partenariats commerciaux. Avec Talentoday qui nous aide à trouver les
« bons » profils en se basant sur les savoir-être plutôt que les
compétences, ou avec Goldenbeessur la programmatique. Ces jeunes
entreprises possèdent des compétences que nous n’avons pas. Start-up au
sein du groupe, Adecco Analytics apportera des éléments de valeur
complémentaires. Ses équipes travailleront directement avec des
entreprises pour leur proposer des services, mais produiront aussi des
données pour aider notre réseau d’agences, pour mieux leur faire
connaître leur bassin d’emploi. Nous avons ainsi créé un explorateur des
potentiels qui produit une cartographie du bassin d’emploi des agences.
 
Certaines start-up promettent une baisse draconienne des coûts
avec leurs outils de big data. Ils peuvent vous faire une concurrence
dure car ils n’ont pas de réseau d’agences. Craignez vous cette nouvelle
concurrence ?

 
Christophe Catoir : Le digital permet de créer de la valeur pour nos clients, d’offrir des
services plus importants, en automatisant éventuellement des fonctions
plus simples. Je tiens aussi à rappeler que tous nos clients n’ont pas
la même maturité. Notre objectif est d’être au plus proche d’eux. Par
exemple, vous serez peut être étonné d’apprendre que l’industrie
automobile est très demandeuse, parce que dans son business model, le
numérique gagne du terrain. Quand toute la journée, vous parlez de
voitures sans conducteur ou de pneu connecté, vous voulez que vos
relations avec votre fournisseur de solutions en ressources humaines
soit numériques aussi. Dans d’autres secteurs, on en est très loin.
« Aujourd’hui, nous ne sommes plus uniquement sur de l’intermédiation
classique mais nous accompagnons les entreprises dans la transformation
des compétences. »
L’avenir de la concurrence dans votre métier dépendra donc du
volume de données. Plus une entreprise aura de données, plus elle pourra
faire les meilleures apparaiements grâce au big data. L’avenir ne va
donc pas être très drôle, non ?
Christophe Catoir : La maîtrise des données et donc du contexte de recrutement est un atout
essentiel. Mais au-delà, dans le cadre d’une intermédiation et d’un
processus de recrutement, ces données n’ont de valeur que si elles sont
accompagnées de méthodes de sourcing et d’évaluation innovantes et
performantes. Là aussi, le digital peut jouer un rôle.
Enfin, la capacité à avoir une vision dynamique de l’évolution des
emplois dans les entreprises est également essentielle. Notre métier,
ainsi que celui de nos clients, est en train de changer. Aujourd’hui,
nous ne sommes plus uniquement sur de l’intermédiation classique mais
nous accompagnons les entreprises dans la transformation des
compétences.
 
Christophe Bys
 

17 Commentaires

  1. C'est une utopie cet article!

    Monsieur CATOIR, arrêtez! Par pitié pour vos Collaborateurs… ARRETEZ!
    Depuis combien de temps n'êtes-vous pas venu dans une agence Monsieur CATOIR? Vous vendez à l'Usine digitale un article qui est à moins de 10% d'une réalité que vous appliquez en interne.
    Comment pouvez-vous vous regarder dans la glace le matin?
    Vous présentez Adecco France comme les Cadors de l'évolution Digitale.
    Quel crédibilité donnez-vous de votre entreprise aux lecteurs qui travaillent peut-être avec beaucoup de vos agences et qui le savent bien mieux que vous, les difficultés que vos Collaborateurs rencontrent.

    Je travaille avec une poignée "restante" de vos Collaborateurs d'une de vos agences Bretonnes. Tous les jours, ces mêmes Collaborateurs se mettent en 4 pour trouver le profil dont j'ai besoin.
    Au travers d'outils bien plus simples et peut-être plus dans la tendance digitale, ils arrivent à me faire des miracles.

    Si je suis encore client, c'est bien pour eux, le jour où ils partent, je m'en vais également!

    A bon entendeur!

    Un Client EXASPERE

  2. Bonjour, j'invite notre PDG à essayer déjà notre nouveau site internet et s'inscrire comme candidat.
    On parle dans l'interim de non discrimination, mais là pour le coup, si la personne derrière l'écran n'est pas geek, avec le nombre de blocages, les pops up mal placés… Au secours!

    Personnellement, je suis candidat, je veux m'inscrire, je pense Adecco, je passe vite à Manpo et les autres locaux.

    L'horreur, un site lent, comme le réseau en agence, un site qui nous colle finalement vraiment à la peau.

  3. Christophe, à votre dernière CALL Tous connectés, vous abordiez les difficultés informatiques que les agences rencontraient, le 25/10, Philippe MARTINEZ faisait le même constat en précisant que malgré les évolutions informatiques en cours, ça vient, mais la révolution ne sera pas pour demain.

    Savez-vous qu'au niveau opérationnel agence à ce jour, et j'en oublie peut-être, il y a au moins 5 applications lourdes à gérer en interne, au niveau managérial: 2 de plus minimum! et je ne parle pas des outils RH, informatiques…

    Il y a également les applications passerelles qui régissent avec nos grands comptes la plupart du temps, la relation qui devrait même être commerciale, par l'expression d'un besoin sur une plate-forme alors que finalement nos clients appellent toujours les agences!
    Sachez qu'ils en reviennent aussi.

    Philippe MARTINEZ précisait que le management (Equipes Zones) devait être plus exemplaire sur la proximité équipe, peut-être que eux pourraient se rendre compte des aberrations.
    En même temps, peuvent-ils se permettent de faire remonter gratuitement un réel constat, de réelles difficultés informatiques sans risquer de se faire remercier ou subir quelques remarques leur rappelant qu'ils doivent savoir se tenir et dire AMEN si ils souhaitent rester à leur poste!

    Sommes-nous tous prêt pour la grande transition?
    Vous peut-être, vos équipes, j'en doute!

  4. C'est bien tout ça mais qu'est-il prévu pour les outils dont nos clients ont réellement besoin ??
    Je parle des outils de gestion de la prestation intérimaire (commandes, contrats, préfac, facture, stats, …)
    Nos concurrents disposent d'outils propriétaires bien plus évolués que les nôtres.
    Et certains concurrents proposent des outils multi-fournisseurs très performants.
    Il serait temps de réinvestir dans ce domaine afin d'éviter les outils des concurrents qui impactent fortement nos agences avec une surcharge administrative …

  5. Les paroles sont belles mais on se pose encore la question des actes? Quand vont-ils enfin arriver?
    Avec tout le côté mystique que nous connaissons aujourd'hui au sein de l'entreprise, organisation, désorganisation… Au 01/01/2017, peut-être un nouvel Adecco avec plein de gens qui devront se mettre au pas et sans accompagnement comme d'habitude, histoire qu'ils trébuchent!

  6. Tout le monde a vraiment le même problème en fait. Et personne ne fait rien. Et ça dure et ça dure à quand la fin?
    Serait-on en train de nous préparer une révolution pour 2017?
    Reponse…

  7. Merci au client de la " Bretagne" il a raison, pour la plupart des agences aujourd’hui, ce qui fait le succès des agences ce n'est pas la marque, mais les équipes en agence ! Mais que fait la direction, c'est quand même extraordinaire d'avoir aussi peu de réactions ! je rève d'une chose c'est que la finance se fasse siffler au kick off de Lille, et encore je trouve déplacer de maintenir cet événement avec un M CATOIR qui va arriver avec le sourire, et les gars de la finance qui vont se taper sur l'épaule pour se féliciter, c'est simplement honteux: une recette: faudrait juste qui passe notre wac à 8% et les agences passeront en positif, du cice en agence et hop, ils retrouveraient du positif dans la plupart des agences, mais ça faut pas rêver, ils réfléchissent à des modèles autres de "distribution" mais quand je vous dis que le client veut de la proximité, je crois qu'ils n'ont pas tout compris là haut, ah oui c'est vrai ils sont rentrés dans le digital, heu monsieur: le sos informatique est saturé, ils n'en peuvent plus, mais ça aussi c'est leur problème…bon je retourne voir mes clients puisque mon col ne fonctionne pas aujourd’hui et nous avons des coupures de téléphone,

  8. Des news concernant le ce ?
    Des news concernant la nao ?
    Des news concernant l'écoute de notre direction, de nos rh sur la situation en agence ?
    Des news sur le mal être des collaborateurs ?
    bref ça commence à faire beaucoup, le problème est que nous sommes tous des bisnounours et que nous disons amen à tout ! compliqué en effet de dire je me casse quand on a une femme, des enfants, et un crédit ! cela devient plus que du mal être aujourd’hui…

  9. Anonyme du 27 de 13h20, voilà le vrai bon sens.
    Un budget sifflet pour le kick off plutôt qu'un gadget inutile comme l'année dernière.
    Au moins on aura de quoi souffler…

  10. oui le kick off doit etre annulé , tous nous devons faire des économies , reduire les effectifs par obligation et voir en janvier mon argent partir en fumée je ne pourrai pas.

  11. Le probleme semble insoluble. Nos organisations syndicales semblent être en brainstorming depuis des années afin de décider ou pas de mener des actions. On prend les paris que rien ne bougera pendant encore longtemps ?
    Elles attendaient la première réunion NAO pour voir ? Eh oh ? Il y a du monde dans le bateau ?
    Le réseau est en souffrance permanente, le terrain n'a jamais été aussi fertile pour agir mais non RIEN.
    Un permanent désabusé qui a pourtant voté aux dernières élections professionnelles.

  12. On ne parle plus des permanents,ni des intérimaires,ni des clients.Il n'y a plus que la finance,les actionnaires et l'organisation.
    Vous aviez un jour employé l'expression d'autiste et c'est tout à fait ça.Ils sont tout simplement autistes.

  13. Aujourd'hui, une réelle action toutes organisations syndicales confondues serait la meilleure solution.
    Un peu de presse, les France 3 et PQR locales et go!
    Ensemble, sur le terrain, devant les DO et autres bureaux à droite et à gauche qui ne servent à rien et qui coûte sur les comptes des agences!

  14. Préparons un cadeau de Noël pour notre Direction!
    Mais pas une demie-journée, regardez quand citrix est bloqué une demie-journée, le travail est quand-même fait.

  15. Une société a 2 vitesses! Une, toute belle, bien organisée, leader dans son métier, innovante, sociétale, du CDI TT prévu, de l'Alternance…
    L'autre, toute morose, complètement désorganisée ou trop structurée , trop de structure qui tue les organisations.
    Finalement plus si leader que ça avec Randstad qui se place depuis plusieurs mois maintenant, toujours avec ses casseroles informatiques interne, ses reportings qui montrent tout sauf l'essentiel et des CDI TT qui commencent à inquiéter…
    Eh oui! Une société à 2 vitesses sur le sujet.
    Le saviez-vous? Certaines personnes bien placées chez Adecco, dans des services dédiés à la gestion, se posent des questions?
    Que devrons-nous faire de ces salariés qui au bout d'un certain temps ne pourront plus être renouvelés?
    Que devrons-nous faire de ces salariés pour lesquels Adecco, comme les autres ETT, n'ont pas de pouvoir sur la sécurisation de la lettre de Mission dans le temps!
    Dans ce bel engagement sociétal, est-ce normal en période budgétaire, d'entendre une hiérarchie suggérer l'éventuelle séparation de ces contrats!
    Ces contrats ont-ils toujours été bien "vendus" aux intérimaires qui les ont signés?
    Sans vouloir jeter un pavé dans la marre: Comment la direction imagine t-elle l'évolution des carrières de ces collaborateurs?
    Comment compte t-elle accompagner économiquement les agences? Phase 1: des agences dédiées, Phase 2: les agences du réseau et leurs centres de services supportent maintenant les contrats. Phase 3: ???
    A bon entendeur!

  16. Attendons-nous maintenant à une révolution de nos métiers respectifs!
    Trop de DA, trop de fonctions Transverses, plus ça partira mieux ça sera!
    Pression te voilà!
    Après les chaises musicales, les sièges éjectables!
    Pour les Collaborateurs employés, vos métiers vont évoluer mais certainement devenir moins intéressants.
    Une petite armée de robots sur des plates-formes nous allons devenir!
    Y sommes-nous tous préparés?
    La société l'est-elle vraiment?
    Accrochons-nous ça va valser!

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