Le titre Adecco accuse un repli de plus de 30% depuis le début de l’année en bourse de Zurich, ce qui n’est évidemment pas rien et justifie sans doute en grande partie l’emprunt souscrit par le groupe (voir notre article du 12 septembre dernier « Adecco emprunte encore 100 millions de francs suisses« ). Ceci explique aussi l’affolement de la direction nationale et mondiale du groupe. A en entendre certains, on pourrait s’imaginer une situation de déroute, un effondrement de notre activité ces derniers mois, une sorte de Bérézina dans le monde de l’intérim. 
Rien n’est plus faux et l’activité continuait jusqu’à il y peu à se développer. La croissance passait de 4% à 2% sur le mois d’août, ce qui demeure plus qu’enviable dans un marché hyper mature et après les progressions de ces dernières années. Nous sommes donc dans une entreprise qui progressait encore il y a moins d’un mois, ce qui relativise les discours alarmistes entendus ici et là. Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, dit-on, et le système démentiel qui imposerait une croissance à deux chiffres à perpète n’est évidemment pas raisonnable, ni durable. Ni même souhaitable, d’ailleurs.
La réponse du groupe au marché consiste à mettre en avant la digitalisation menée au pas de charge, prometteuse d’une réduction accélérée des coûts et, à ce titre, véritable Graal des milieux financiers. Il s’agit d’une folle course de vitesse entre la digitalisation, destructrice d’emplois et par conséquent de coûts, et le tassement des marges dû à une concurrence non moins insensée.

Pour relativiser tout cela, notons que les analystes et milieux financiers, ceux qui envoient régulièrement l’économie dans le mur, ne semblent pas inquiets outre mesure de la situation du groupe Adecco. En témoigne cette analyse relevée sur le site Agefi.com : « Même si à court terme un petit ralentissement est à noter, nous
conservons le titre sur notre liste de recommandations d’achat. A 9.5
fois les bénéfices 2019, Adecco est très raisonnablement évaluée, son
dividende de 4.9% constitue un support au cours du titre et les
initiatives entreprises par la société pour améliorer ses marges et
dynamiser sa croissance nous convainquent pleinement. »
Dans la série « Fais-moi peur », nous affirmons donc que les acteurs surjouent pour justifier une pression insensée sur les hommes et les structures, aux fins de sauvegarder avant toute chose les précieux dividendes. Plus que jamais, devant cette logique purement boursière ne restez pas isolés et rejoignez la CFE-CGC, syndicat naturel des cadres, le seul syndicat catégoriel dédié aux cadres et à l’encadrement.

11 Commentaires

  1. Certes nous devons prendre du recul face à cette pression du budget, mais le budget qui nous a été imposé est inatteignable pour beaucoup et va permettre de ne pas verser de pv = résultats pour l'entreprise. C'est quand même malsain, avec de départs de collègues, des burn out et beaucoup de mal-être dans les agences. Donc une question pour la direction, qu'est ce qui va être fait pour rémunérer les collabs qui n'auront pas de pv à cause d'une direction qui s'est plantée (volontairement?) sur le budget??

  2. Tous les ans c'est la même chose.
    Comment une organisation peut vivre au dessus de ses moyens quand elle se met de jours en jours en difficulté de conquête.
    Ces collaborateurs qui sont partis… et ceux qui sont restés et qui pour la plupart sont là pour entretenir notre manque de réactivité.
    Il est où le leader des ressources humaines?

  3. C'est de la grosse arnaque leur budget !! je n'aurai jamais du signer !!!!!
    de plus, grosse baisse de motivation dans les agences avec cette rémunération lissée, les équipes veulent du cach tout de suite ! de toute façon en tre 1300 et 1500 € on peut plus rien faire, c'est une honte de payer des collaborateurs à ce prix quand on voit "Plus belle la vie" dans les directions et sièges !!!

    vous savez d'où vient la baisse de planning et bien c'est simple les équipes en ont marre de gagner des clopinettes !! et quittent l'entreprise les uns après les autres et c'est pas fini surtout à l'ouest #jemanageleséquipesavecfindecdd

  4. lamentable : baisse de rémunération avec ce passage au budget et en plus je paye des impôts en 2019 avec une hausse de ma rem en 2017 en sachant que je perds aujourd’hui 200 € / mois

  5. Christophe va parler la semaine prochaine.
    Le roi parle, le peuple écoute et obéit.
    Au fait quelqu'un peut me donner la signification du mot grève ?

    Ps: pas un mot sur l'article d'un autre syndicat et la récupération par les CE de plus de 6M€ pour les salariés ?

  6. Une information presse qui dénonce le résultat artificiel qu'est la ct et le budget qui a été imposé et sert de base pour pv va etre lancée.

  7. Et que pensez des intimidations des managers sur les équipes et IRP. Ils n'ont plus peur de rien. Débarrassez vous des accords non rentables mais faites votre chiffre d'affaires…

  8. oui le Roi en qui tout le monde avait confiance car il venait du terrain beuuuu nada , comme d hab, les contrat d alternance stop, les cdd stop mais ou va t on franchement ?? au mur oui !! ah oui le siege est beau magnifique , tous trouve le temps de prendre l air alors qu en agence on n en peut plus, on ne vit plus surcharge de travail avec des delais delais toujours courts , mais pr sortir il faut du temps et le temps on n en a juste pr une bouffee d air, qui aide a vivre!

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